Sur cette page
- Sommaire
- À propos de la tournée d’un océan à l’autre
- Principales constatations de la Tournée d’écoute et d’apprentissage sur la santé mentale
- Paragraphe de clôture
Sommaire
Le présent rapport fait état des propos recueillis par Son Excellence la très honorable Mary Simon lors de sa Tournée d’écoute et d’apprentissage sur la santé mentale et lors du Symposium sur la santé mentale qui a suivi. La Tournée n’aurait pas été possible sans le soutien de la Fondation Rideau Hall.
Ce rapport a pour but de refléter les opinions, les expériences et les idées exprimées par des dirigeants communautaires, des praticiens, des personnes qui ont fait face à des problèmes de santé mentale et des partenaires de partout au Canada. Le rapport structure ces résultats autour de quatre thèmes clés dégagés au cours de la Tournée et du Symposium : renforcer les services de soutien par les pairs, promouvoir un changement systémique, réduire la stigmatisation liée à la santé mentale et renforcer la résilience. Les discussions ont également fait ressortir le défi permanent que représente l’insuffisance des ressources et du financement, ce qui limite souvent la capacité à mettre pleinement en œuvre et à pérenniser les initiatives liées à ces thèmes.
Les observations dont ce rapport fait état reflètent la teneur des discussions qui ont eu lieu et visent à stimuler le dialogue, à favoriser la collaboration et à mettre en valeur les voix des personnes qui contribuent à créer un système de services de santé mentale plus inclusif et mieux adapté au Canada.
À propos de la tournée d’un océan à l’autre
En juillet 2024, la gouverneure générale a lancé la Tournée d’écoute et d’apprentissage sur la santé mentale afin d’aider à mieux faire connaître les besoins en matière de santé mentale et de bien-être dans diverses communautés, notamment dans les communautés éloignées, rurales et nordiques. En mettant en relation des Canadiennes et Canadiens, des praticiens et des personnes ayant vécu des problèmes de santé mentale, la Tournée visait à favoriser la création de réseaux de soutien et la diffusion de pratiques exemplaires.
La Tournée a fait quatre arrêts, soit à Terre-Neuve-et-Labrador, au Manitoba, en Colombie-Britannique et au Nunavut. Chaque étape comprenait une visite d’apprentissage permettant de mettre en valeur une pratique ou un programme phare en matière de santé mentale, ainsi qu’une séance de discussion sous forme de table ronde animée réunissant des prestataires de services et des personnes ayant vécu des expériences liées aux problèmes de santé mentale.
La Tournée d’écoute et d’apprentissage sur la santé mentale s’est conclue par un symposium tenu le 8 octobre 2025 à la Citadelle de Québec. Le Symposium a réuni des intervenants de chaque étape de la Tournée ainsi que des invités de partout au Canada – philanthropes, fonctionnaires, artisans du changement et représentants d’organisations –, constituant ainsi un réseau national d’experts multidisciplinaires animés par la volonté de faire progresser la cause de la santé mentale.
Les discussions ont porté sur les quatre thèmes clés mis en évidence au cours de la Tournée : soutien par les pairs, promotion du changement, renforcement de la résilience et réduction de la stigmatisation.
Principales constatations de la Tournée d’écoute et d’apprentissage sur la santé mentale
Renforcer les services de soutien par les pairs
Faits saillants de la discussion
- Le soutien se fonde sur l’empathie, la confiance, l’authenticité et des liens humains durables; le soutien valorise les personnes à travers des expériences communes plutôt que par des mesures superficielles.
- Le soutien par les pairs nécessite une formation adéquate, une rémunération juste et une reconnaissance appropriée. Il doit être adapté à différents contextes (lieux de travail, communautés autochtones, centres de rétablissement), car il n’existe pas d’approche qui convienne à toutes les situations. Bien que le soutien par les pairs relève souvent d’un engagement bénévole et soit profondément ancré dans les rôles communautaires, il serait important de faire évoluer le rôle de pair aidant pour en faire une véritable carrière qui valorise l’expérience et procure une rémunération juste. Il a donc été suggéré que le terme « soutien par les pairs » lui-même soit réévalué.
- Les programmes doivent tenir compte des traumatismes, être culturellement adaptés, répondre aux besoins locaux et prévoir notamment un accès rapide à des espaces sécurisés ainsi qu’à des services itinérants de soutien en santé mentale, en particulier dans les régions nordiques et mal desservies. Pour cela, il faut entre autres veiller à ce que les services soient fournis, dans la mesure du possible, dans les langues autochtones, car la langue est profondément liée à l’identité, à la culture et à la guérison.
- Le soutien par les pairs est source d’espoir, d’apaisement, d’affirmation et de validation; il permet d’instaurer rapidement la confiance, favorise l’épanouissement personnel et professionnel continu, tout en générant des retombées sociales mesurables qui renforcent l’engagement et le soutien de la communauté.
- Ces efforts reconnaissent que la santé mentale et la santé physique sont étroitement liées – l’une ne va pas sans l’autre –, et donc la nécessité d’adopter une approche holistique du bien-être.
Comme l’a dit un participant : « Le soutien par les pairs n’est pas un simple pansement. C’est une feuille de route. »
Le soutien par les pairs a régulièrement été décrit comme un modèle pour un système plus accessible et plus humain, fondé sur l’empathie, la reconnaissance mutuelle et la crédibilité donnée aux expériences vécues. Lorsqu’une personne peut parler à un pair qui comprend son parcours, un lien de confiance se crée rapidement et l’on ouvre la voie à des démarches qui, autrement, pourraient rester hors de portée. Cette confiance est particulièrement importante dans les communautés où les services sont rares ou inadaptés sur le plan culturel; les pairs peuvent surmonter les obstacles liés à la distance, à la langue et à l’identité en allant à la rencontre des gens dans des lieux où ces derniers se sentent en sécurité (centres communautaires, environnements naturels ou organisations locales), plutôt que de leur imposer de se rendre dans des établissements cliniques qui leur sont inconnus. La consolidation du rôle de pair aidant passe par la professionnalisation, accompagnée d’une rémunération juste, d’une supervision et d’une microformation reconnue qui soit à la fois rigoureuse et adaptable aux réalités locales.
L’adoption de méthodes universelles est à proscrire : la force du soutien par les pairs réside dans sa spécificité culturelle et son élaboration concertée avec la communauté. Afin de garantir un accès fiable aux services qu’ils offrent, il convient de reconnaître les pairs aidants comme des experts en la matière et de veiller à leur bien-être en leur procurant mentorat et détente.
Dans de nombreuses communautés rurales, isolées et nordiques, la présence du soutien par les pairs est inégale, et les lacunes en matière d’infrastructures (équipes d’intervention d’urgence limitées, moyens de transport rares, connectivité peu fiable) empêchent l’acheminement de l’aide en temps voulu. Il faut constituer des équipes mobiles d’intervention d’urgence, mettre en place un système de rotation du personnel et concevoir des services communautaires qui « rencontrent les gens là où ils se trouvent ».
La distinction entre l’expertise attestée et l’expertise acquise par l’expérience est importante : les systèmes formels devraient reconnaître les pairs aidants comme des experts dans leur domaine, et une structure offrant supervision, mentorat et suivi devrait être fournie aux pairs aidants afin de prévenir l’épuisement professionnel. Les organisations ont également un rôle à jouer à cet égard, notamment en appuyant publiquement le soutien par les pairs, au moyen de réformes des politiques et du financement, pour valoriser la confiance, le sentiment d’appartenance et l’engagement.
|
EN VEDETTE : Services de soutien par les pairs Lifewise (Terre-Neuve) Lifewise est un organisme spécialisé dans la santé mentale et la toxicomanie situé à Terre-Neuve-et-Labrador. Cet organisme dirigé par des pairs œuvre depuis plus de 30 ans auprès des enfants, des jeunes, des adultes, des familles et des premiers intervenants dans toute la province. Il offre divers programmes, notamment des lignes de réconfort, des groupes de soutien par les pairs, du soutien individuel par les pairs et du soutien aux familles, ainsi que des activités de rapprochement communautaire et de sensibilisation du public. Seul organisme provincial fondé et géré par des personnes ayant vécu des expériences semblables à celles des bénéficiaires, Lifewise emploie plus de 100 personnes et assure chaque année des dizaines de milliers d’interactions entre pairs, notamment dans le cadre de programmes spécialisés comme le soutien des premiers répondants et le soutien périnatal. Partenaire clé dans le renforcement des services de soutien par les pairs, Lifewise illustre de quelle façon les approches menées par les pairs instaurent la confiance, améliorent l’accès aux soins – en particulier dans les zones rurales et isolées – et complémentent les systèmes de soins officiels. En misant sur une formation harmonisée, sur la justice salariale et sur des approches adaptées aux cultures, Lifewise reflète les priorités nationales visant à assurer un soutien efficace par les pairs, tout en contribuant de manière notable au continuum des soins en santé mentale. |
Réduire la stigmatisation liée à la santé mentale
Faits saillants de la discussion
- La réduction de la stigmatisation passe par des services adaptés à la culture, un discours respectueux et des espaces sûrs où les gens peuvent raconter leurs expériences.
- La communication narrative et le soutien par les pairs sont des outils efficaces pour déconstruire les stéréotypes et démystifier les questions de santé mentale.
- Les médias, la sensibilisation et l’engagement communautaire jouent un rôle clé pour favoriser la compréhension.
- À terme, les systèmes et les communautés doivent soutenir les individus, en remplaçant la culpabilisation par la création d’environnements inclusifs et bienveillants pour tous.
Comme l’a dit un participant : « L’histoire la plus importante est celle que nous nous racontons à nous-mêmes. »
La stigmatisation a été décrite comme un phénomène systémique, social et intériorisé qui est souvent pire que la maladie elle-même et qui persiste dans des espaces censés être sûrs, notamment les établissements de santé, les lieux de travail et les centres de services communautaires. L’on a fait ressortir que l’accès aux services et la stigmatisation sont profondément liés : dans les petites collectivités ou les collectivités éloignées, la crainte du jugement et le souci de la vie privée empêchent les gens de demander de l’aide, tandis que dans les collectivités autochtones, la stigmatisation aggrave les préjudices coloniaux et l’inadéquation culturelle des services, ce qui souligne la nécessité d’espaces sûrs adaptés à la culture.
Les campagnes de sensibilisation classiques ont été jugées nécessaires, mais insuffisantes. Ce qui permet de faire évoluer les mentalités et les comportements, c’est une sensibilisation fondée sur les interactions, combinée à des témoignages de personnes qui ont vécu des expériences similaires, le tout véhiculé dans un langage qui valorise la personne et respecte sa dignité.
Les jeunes sont considérés comme de puissants catalyseurs dans l’évolution des mentalités, mais ils ont besoin de plateformes sécurisées et structurées pour parler de leurs expériences « à partir d’une cicatrice, et non d’une plaie ouverte ». La question de la stigmatisation liée aux dépendances a également été soulignée – qu’il s’agisse de substances, de jeu, de technologie ou de sexe. Combinée à des attitudes moralisatrices et à des lacunes dans les services, cette stigmatisation limite davantage l’accès aux soins et isole les jeunes.
Les employeurs ont besoin d’aide pour créer des lieux de travail psychologiquement sûrs, en particulier dans les secteurs où les professionnels de la santé mentale sont eux-mêmes confrontés à des difficultés. Réduire la stigmatisation revient à modifier les systèmes afin que les espaces sûrs soient façonnés par les personnes qui les utilisent et que les travailleurs puissent obtenir de l’aide sans avoir à prouver qu’ils sont « suffisamment malades pour y avoir droit ».
|
EN VEDETTE : DUDES Club (Colombie-Britannique) Le DUDES Club a été fondé en 2010 dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver et compte aujourd’hui plus de 35 clubs actifs en Colombie-Britannique ainsi que plusieurs groupes partenaires dans d’autres provinces. On y offre principalement un soutien aux hommes autochtones et de genre divers, généralement des jeunes, des adultes, des familles et des premiers intervenants qui font face à la marginalisation sociale. Selon une évaluation récente, les clubs accueillent 50 à 60 hommes lors de réunions bihebdomadaires dans les centres urbains et soutiennent 23 communautés regroupant 139 participants. En proposant des espaces sûrs animés par les participants et ancrés dans les visions du monde autochtones, le DUDES Club démystifie les conversations sur la santé mentale et les dépendances, réduisant ainsi concrètement la stigmatisation, la honte et l’isolement. Son modèle s’aligne sur les stratégies de réduction de la stigmatisation qui ont fait l’objet de discussions lors du Symposium – interaction de proximité, communication narrative et environnement sûr adapté à la culture locale –, toutes des stratégies qui remettent en cause les attentes traditionnelles en matière de résilience masculine et qui encouragent la vulnérabilité. |
Promouvoir le changement dans le domaine de la santé mentale
Faits saillants de la discussion
- Une mobilisation efficace donne la parole aux personnes qui ont été ou sont actuellement aux prises avec un problème de santé mentale, leur permet d’agir, de prendre des décisions et de recevoir un soutien pour raconter leur histoire en toute sécurité.
- Les organisations doivent intentionnellement mobiliser et rémunérer les personnes ayant vécu une expérience similaire en matière de santé mentale, reconnaître l’influence personnelle de leur action et proposer un accompagnement et un soutien par des pairs ou des aînés.
- La collecte d’informations sur la santé mentale auprès des communautés est essentielle pour orienter l’élaboration des politiques, mais cette démarche doit tenir compte de la question de la propriété des données et éviter de surcharger les personnes en leur demandant de raconter de manière répétée leurs expériences.
- La création de services complets, adaptés aux traumatismes et ancrés dans la culture, ainsi que l’investissement dans le soutien par les pairs – comprenant une éventuelle certification nationale –, peut combler le fossé entre le vécu et le changement systémique, tout en améliorant l’accès aux soins et leur qualité.
- Les services doivent être offerts dans des espaces culturellement sûrs et dans la langue première des personnes qui demandent de l’aide. Dans les communautés autochtones, le soutien en matière de santé mentale devrait, dans la mesure du possible, être dispensé en langue autochtone, car la langue est intrinsèquement liée à l’identité, à la culture et à la guérison; sans cela, la confiance et la compréhension en pâtissent, et l’efficacité des soins s’en trouve diminuée. Parallèlement, nous devons rester attentifs aux personnes et aux communautés qui ont perdu ou sont en train de perdre leurs langues autochtones, et veiller à ce que le soutien qui leur est apporté respecte leur identité culturelle et favorise autant que possible le renouement avec leurs racines.
Comme l’a dit un participant : « On ne peut pas compter sur les personnes qui travaillent dans l’ombre pour changer un système – il faut trouver des moyens de les reconnaître à leur juste valeur. »
La promotion du changement a été présentée comme un mouvement qui transforme les expériences de vie en force d’influence sur les décisions, ce qui permet de rétablir l’équilibre du financement, de redéfinir les processus de travail et d’intégrer la dimension de la santé mentale dans des secteurs comme le logement, l’éducation, l’emploi et la justice.
Ce processus doit être intentionnel et accompagné de mesures compensatoires. Il convient également de faire appel à des voix diverses pour concevoir conjointement des programmes qui reflètent les identités et les réalités locales, plutôt que d’imposer des modèles centralisés. Cette orientation améliore directement l’accès : lorsque les gens participent à la conception des processus, ces derniers sont plus faciles à suivre, mieux adaptés aux normes culturelles et présentés sous la forme de modèles « sans mauvais choix » auxquels on peut accéder dans les écoles, les lieux de travail, les centres communautaires ou les initiatives menées par des pairs, et non seulement dans des cliniques spécialisées. L’efficacité de la sensibilisation repose également sur des données issues de la communauté et sur la maîtrise locale des données, car cela permet de prendre des décisions fondées sur des éléments probants détaillés et locaux, en évitant aux personnes concernées de revivre leur traumatisme à chaque demande de financement.
Le potentiel des outils numériques a été reconnu, mais les limites pratiques de la connectivité dans les régions nordiques et éloignées ont également été soulignées; les campagnes de sensibilisation doivent insister sur la mise en place d’infrastructures qui permettent les services de santé mentale à distance lorsque possible, ainsi que sur la nécessité d’investir dans des services sur le terrain auxquels les gens peuvent avoir accès au quotidien.
En somme, la promotion du changement est efficace lorsque les budgets et les politiques financent les structures que les gens utilisent réellement, lorsque l’on mesure le succès en termes de rapidité d’intervention et de bien-être culturel, et lorsque la santé mentale est considérée comme un élément normal de la vie quotidienne, et non comme un domaine à part.
|
EN VEDETTE : Centre de recherche en santé Qaujigiartiit (Nunavut) Le Centre de recherche en santé Qaujigiartiit a été fondé en 2006 par des Nunavutois dans le but de servir les communautés du Nunavut. Comptant un effectif central de 7 personnes à temps plein et de 10 à 15 personnes à temps partiel, le Centre a mis plus de 1 000 résidents à contribution dans le cadre d’ateliers de formation, de projets de recherche pilotes et d’initiatives étudiantes, et a attiré plus de 20 millions de dollars en financement dans le territoire. La clientèle du Centre, composée d’enfants, de jeunes, de parents, d’aînés et de travailleurs de première ligne, reflète toute la diversité des communautés du Nunavut. En intégrant les systèmes de connaissances autochtones (Inuit Qaujimajatuqangit) à la science occidentale, Qaujigiartiit veille à ce que la recherche soit conçue en collaboration avec les communautés autour de questions telles que le bien-être des jeunes, la santé mentale, la santé sexuelle, la sécurité alimentaire, le logement et les maladies chroniques, ceci afin que le processus de recherche soit respectueux, sûr et ancré dans la culture. Ces projets menés par la communauté comprennent des activités de sensibilisation en personne et des séances locales de témoignages, qui contribuent à réduire la stigmatisation et sont de puissants moyens de défense des droits, notamment pour influencer les politiques et les décisions en matière de santé mentale. Grâce à ses recherches axées sur l’action et à son travail de sensibilisation communautaire, Qaujigiartiit fait non seulement progresser les solutions de soins de santé adaptées à la culture, mais encourage aussi un changement systémique dans le domaine de la santé mentale au Nunavut. |
Renforcer la résilience
- Notre résilience est façonnée non seulement par nos traits de caractère, mais aussi par notre parcours et nos rencontres. Des relations solides avec la famille, les amis et la communauté aident les gens à surmonter les difficultés. Pour de nombreuses communautés autochtones et marginalisées, la résilience est également liée à la culture, à la langue et à l’histoire commune.
- Si la résilience peut se développer à travers les épreuves, il ne devrait pas incomber uniquement aux personnes de trouver des solutions. Faire face aux défis causés par des systèmes inadaptés peut entraîner du stress et de l’épuisement. Les systèmes eux-mêmes doivent être plus résilients et plus accueillants.
- La résilience peut être cultivée intentionnellement à travers la culture, la communauté et l’espoir. Des espaces sûrs propices aux conversations, aux récits et au partage d’expériences aident les gens à renforcer naturellement leur résilience. Grâce au soutien, la résilience devient une source d’espoir, de courage et de force collective.
Comme l’a dit un participant : « En misant sur les relations, la culture et la communauté, nous pouvons aider les personnes et les communautés à devenir plus fortes et plus optimistes à propos de l’avenir. »
Alors que la résilience s’acquiert souvent à travers les épreuves, ce n’est pas aux seules personnes concernées qu’il devrait incomber de surmonter les obstacles systémiques. Faire face aux défis causés par des services fragmentés ou inaccessibles peut entraîner du stress et de l’épuisement. Les systèmes eux-mêmes doivent être résilients, flexibles, bienveillants et conçus pour réduire le fardeau des personnes auxquelles ils s’adressent. Cela implique de créer des réseaux facilement accessibles, que ce soit par le biais d’équipes mobiles et tournantes dans les régions éloignées, de services sans rendez-vous dans les centres communautaires ou de services de télésanté mentale lorsque la connectivité le permet. Cela implique également de veiller à ce que des membres qualifiés de la communauté soient disponibles pour fournir un soutien fiable et adapté à la culture.
Lorsque les services sont adaptés et ancrés dans la culture, la résilience devient une responsabilité collective plutôt qu’une condition de survie.
La résilience peut aussi être cultivée intentionnellement à travers la culture, la communauté et l’espoir. Les espaces sûrs propices au dialogue, au récit et au partage d’expériences permettent aux personnes de surmonter les épreuves et de renforcer leur résilience collectivement. Ces espaces, qu’il s’agisse de programmes sur le terrain, de cercles de mentorat ou d’initiatives menées par des pairs, aident à transformer la résilience : d’abord un mécanisme d’adaptation, elle devient une source de courage et d’optimisme. Soutenue par des systèmes accessibles, la résilience devient plus qu’une capacité d’endurance, elle devient un vecteur d’épanouissement.
|
EN VEDETTE : Graffiti Art Programming Inc. (Manitoba) Créé en 1998 et enregistré officiellement comme organisme de bienfaisance en 2002, Graffiti Art Programming Inc. (GAP) est un organisme sans but lucratif basé à Winnipeg qui vient en aide aux enfants, aux adolescents et aux jeunes adultes — y compris les membres des Premières Nations, les Inuits, les Métis, les nouveaux arrivants et les personnes à faible revenu — par le biais de programmes communautaires gratuits axés sur l’art urbain et la culture hip-hop. Avec ses 13 studios d’art communautaires, GAP propose environ 33 ateliers hebdomadaires dans les domaines des arts visuels, de la danse, de la création parlée, du mixage et remixage sonore, et bien d’autres encore. L’organisation accueille plus de 12 000 visiteurs dans ses studios chaque année. À cela s’ajoutent 6 à 8 expositions dans des galeries qui attirent environ 3000 visiteurs par an. En combinant formation créative, mentorat et perspectives d’emploi dans le cadre d’initiatives telles que st.ART Project, Urban Canvas et les st.ART kits, GAP renforce la résilience des jeunes en favorisant leur confiance, leur identité, leur intelligence émotionnelle et leur sentiment d’appartenance. Son modèle crée des espaces sûrs et adaptés à la culture qui permettent aux jeunes de relever des défis à travers l’expression de soi et les relations sociales. |
Paragraphe de clôture
La Tournée d’écoute et d’apprentissage sur la santé mentale a été une expérience enrichissante et révélatrice qui a permis de mettre en lumière la diversité des services offerts au Canada, mais aussi certaines lacunes et les défis uniques auxquels les communautés font face dans différentes régions. La gouverneure générale espère que ce rapport et les réflexions issues des conversations contribueront de manière utile au débat national actuel sur la santé mentale et inciteront les praticiens ainsi que les personnes ayant vécu des expériences liées aux problèmes de santé mentale à continuer de raconter leurs histoires et à proposer des solutions qui favorisent la compréhension, la résilience et le changement. Quand on prend soin de notre santé mentale et physique de manière globale, notre chemin de guérison devient plus facile et cela nous rappelle que la santé est un équilibre.
La carte ci-dessous présente le réseau d’organisations avec lesquelles la gouverneure générale a été en contact dans le cadre de la Tournée d’écoute et d’apprentissage sur la santé mentale et reflète la diversité des liens tissés pour faire progresser la santé mentale dans l’ensemble du Canada.
L'Ouest du Canada
Alberta
Calgary Counselling Centre Calgary (disponible en anglais uniquement)
The Alex Community Health Centre Calgary (disponible en anglais uniquement)
CASA Mental Health Edmonton (disponible en anglais uniquement)
Parents Empowering Parents Society Sherwood Park (disponible en anglais uniquement)
Colombie-Britannique
Douglas College New Westminster (disponible en anglais uniquement)
North Shore Peer Support Program Vancouver Coastal Health North Vancouver (disponible en anglais uniquement)
The Kaleidoscope Mental Health Support Society North Vancouver (disponible en anglais uniquement)
DUDES Club Vancouver (disponible en anglais uniquement)
Open Door Group Vancouver (disponible en anglais uniquement)
The 625 Powell Street Foundation Vancouver (disponible en anglais uniquement)
First Nations Health Authority West Vancouver (disponible en anglais uniquement)
Manitoba
Société de schizophrénie du Canada Steinbach (disponible en anglais uniquement)
Bruce Oake Centre Winnipeg (disponible en anglais uniquement)
Graffiti Art Programming Inc Winnipeg (disponible en anglais uniquement)
Peer Connections Winnipeg (disponible en anglais uniquement)
Resource Assistance for Youth Winnipeg (disponible en anglais uniquement)
Southern Chiefs' Organization Winnipeg (disponible en anglais uniquement)
Tunngasugit Inc. Winnipeg (disponible en anglais uniquement)
Saskatchewan
OUTSaskatoon Saskatoon (disponible en anglais uniquement)
SaskAgMatters Saskatoon (disponible en anglais uniquement)
Saskatchewan Health Authority Saskatoon (disponible en anglais uniquement)
Le Nord du Canada
Nunavut
Nunavut Tunngavik Incorporated Iqaluit (disponible en anglais uniquement)
Pirurvik Centre Iqaluit (disponible en anglais uniquement)
Qaujigiartiit Iqaluit (disponible en anglais uniquement)
Tukisigiarvik Wellness Centre Iqaluit (disponible en anglais uniquement)
Uquutaq Iqaluit (disponible en anglais uniquement)
Yukon
Boreal Logic Whitehorse (disponible en anglais uniquement)
Mieux-être mental et services relative à l’usage de substances Whitehorse
Le centre du Canada
Ontario
La Société pour les troubles de l’humeur du Canada Belleville
Akausivik Inuit Family Health Ottawa (disponible en anglais uniquement)
Institut Atlas pour les vétérans et les familles Ottawa
Alliance canadienne sur la maladie mentale et la santé mentale Ottawa
Services de bien-être et moral des Forces canadiennes (SBMFC) Ottawa
Génome Canada Ottawa
Mamisarvik Healing Centre Ottawa (disponible en anglais uniquement)
Commission de la santé mentale du Canada Ottawa
National Inuit Youth Council Ottawa (disponible en anglais uniquement)
Fondation Rideau Hall Ottawa
The Men's Project Ottawa (disponible en anglais uniquement)
Services aux familles d'Algoma Sault Ste. Marie
Giyak Moseng - The Right Path Counselling and Prevention Services Nippising First Nation Sturgeon Falls (disponible en anglais uniquement)
Arctic Youth Network Toronto (disponible en anglais uniquement)
Association canadienne pour la santé mentale Toronto
Fondation canadienne des femmes Toronto
Jeunesse, J’écoute Toronto
Peer Support Canada Toronto (disponible en anglais uniquement)
Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) Toronto
Unsinkable Toronto
YWCA Toronto
Québec
Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) Kuujjuaq
Bell Cause pour la cause Montréal
Le Mûrier Montréal
Réseau Alternatif et Communautaire des ORganismes (RACOR) en santé mentale Montréal
Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) Nunavik
Association québécoise pour la réadaptation psychosociale-AQRP Québec
La Boussole Québec
Le Pignon Bleu Québec
Maison l’Éclaircie Québec
Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador Wendake
L'Est du Canada
Nouveau Brunswick
Mieux-être atlantique Moncton (disponible en anglais uniquement)
Nouvelle Écosse
Laing House Halifax (disponible en anglais uniquement)
S.O.A.R. Kentville (disponible en anglais uniquement)
Île-du-Prince-Édouard
Santé mentale et toxicomanie Charlottetown
PEERS Alliance Charlottetown (disponible en anglais uniquement)
PEI Alliance for Mental Well-Being Charlottetown (disponible en anglais uniquement)
Serene View Ranch Stratford (disponible en anglais uniquement)
Terre-Neuve-et-Labrador
Lifewise Mental Health Peer Services Happy Valley-Goose Bay (disponible en anglais uniquement)
Mental Health and Addictions Services - Labrador-Grenfell Zone Happy Valley-Goose Bay (disponible en anglais uniquement)
Opioid Dependency Treatment Hub Happy Valley-Goose Bay (disponible en anglais uniquement)
Stepped Care Solutions Mount Pearl (disponible en anglais uniquement)
CMHA Newfoundland Labrador St. John’s (disponible en anglais uniquement)
Mental Health Foundation St. John's (disponible en anglais uniquement)
No de cat : SO2-24/2026F-PDF
ISBN 978-0-660-97934-2
© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par le Bureau du secrétaire du gouverneur général (2026).
