le 27 février 2026
Sous réserve de modifications
En nous réunissant sur le territoire non cédé de la Nation algonquine anishinaabeg, nous rendons hommage aux milliers d’Autochtones qui ont défendu notre vaste pays de multiples façons.
Les connaissances autochtones jouent un rôle fondamental dans le renforcement de la sécurité et de la résilience des communautés, partout dans le monde.
Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de ces connaissances pour bien comprendre et protéger l’Arctique.
Je me suis récemment rendue au Groenland pour assister à l’inauguration du nouveau consulat du Canada à Nuuk.
À cette occasion, nous avons réaffirmé l’engagement du Canada en faveur de la coopération, de la paix et de la sécurité. Nous avons réaffirmé notre respect envers le peuple du Groenland et son droit de déterminer son propre avenir.
À Nuuk, j’ai pu percevoir la grande fierté des peuples autochtones du Groenland, une fierté qui trouve ses racines dans leur connaissance approfondie de leur territoire et de leurs cours d’eau.
Ayant moi-même grandi dans l’Arctique, je comprends cette fierté. Je la porte également en moi.
Dans la région circumpolaire, les communautés autochtones connaissent le territoire et les cours d’eau comme peu d’autres.
Elles détectent les fluctuations météorologiques avant même qu’elles ne se manifestent. Elles interprètent la glace de mer à partir d’indices subtils imperceptibles à la plupart des gens.
Leurs techniques de survie sont le fruit d’un savoir ancestral transmis au fil des millénaires.
Les langues autochtones renferment également plusieurs niveaux de connaissances.
Un simple nom de lieu peut révéler l’usage d’une rivière par les gens de la région ou encore fournir des renseignements sur les changements saisonniers ou la migration des animaux.
Les connaissances autochtones sont à la fois anciennes et modernes. Elles nous donnent les moyens de dégager des tendances à long terme que les données à court terme ne permettent pas de saisir.
Et contrairement à des perspectives du passé qui les prenaient souvent pour des mythes ou des légendes, ces connaissances sont pratiques. Sophistiquées. Et irremplaçables.
C’est ce qui rend l’intégration de l’expertise autochtone dans les opérations de défense aussi importante.
Elle nous aide à mieux comprendre le terrain, les conditions locales et l’environnement. Elle permet une intervention plus rapide dans les régions éloignées.
Elle permet également de mieux comprendre les cultures et la dynamique sociale des communautés qui accueillent les déploiements. Cela est essentiel pour établir des liens de confiance et de solidarité avec les Forces armées canadiennes.
Depuis des décennies, les Inuits qui servent dans les Rangers canadiens mettent à contribution leurs connaissances précieuses lors d’exercices militaires, de patrouilles de surveillance ou de missions de recherche et sauvetage périlleuses. Ils offrent aussi une expertise et des conseils sur la survie dans un environnement très froid, qui subit maintenant les effets des changements climatiques.
À maintes reprises, lorsque des communautés ont été frappées par des catastrophes, leur expertise s’est avérée vitale.
Nous en avons récemment eu un exemple dans la communauté inuite isolée de Puvirnituq, au Québec.
Le printemps dernier, lorsqu’une canalisation endommagée a privé la population d’eau potable, les communautés autochtones ont mis à profit leurs connaissances pour coordonner les mesures d’intervention. Elles ont ainsi permis que l’approvisionnement en eau soit rapidement assuré et que des centres de services communautaires soient ouverts sans délai.
Ce partenariat a été déterminant.
Nous avons démontré le potentiel de la coopération et de la réconciliation dans l’Arctique.
Il est encourageant de voir que les connaissances autochtones sont de plus en plus reconnues comme un atout pour la défense, un atout essentiel à la sécurité de l’Arctique.
Il reste toutefois beaucoup à faire pour mieux les intégrer à nos systèmes de défense.
Comme tout changement systémique, ce n’est pas facile. Mais en ce moment, nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer les avantages stratégiques que ces connaissances nous offrent à tous.
Les voix et le leadership autochtones doivent rester au cœur de toutes les discussions sur la sécurité.
Aujourd’hui, dans un contexte de tensions croissantes, la vigueur et la stabilité de l’Arctique dépendent des partenariats que nous établissons : des partenariats authentiques entre les peuples autochtones et non autochtones.
Dans un Arctique fort, les choix s’inspirent des connaissances et du leadership autochtones. Un Arctique fort crée également des emplois intéressants et des possibilités économiques pour les peuples autochtones.
Telle est l’essence même de la réconciliation. Et à mesure que les Forces armées canadiennes renforceront leur présence dans la région, la contribution des Autochtones constituera l’un de nos plus grands atouts stratégiques.
La sécurité et l’unité nationales passent par la confiance.
La confiance entre les cultures. La confiance entre les partenaires.
Je tiens à remercier OneHoop, les leaders autochtones, le ministère de la Défense nationale et toutes les personnes ici présentes pour leurs efforts soutenus visant à instaurer cette confiance, ainsi que pour leur participation à cet événement.
C’est dans des conversations comme celle-ci que des partenariats fructueux se créent et continuent de prendre de l’ampleur.
Merci. Thank you. Nakurmiik.
