Ce contenu est archivé.
Rideau Hall, le jeudi 17 mars 2016
C’est un honneur et un immense plaisir de vous recevoir à Rideau Hall pour la remise de la Médaille Pearson pour la paix.
Il y a des années, lorsque j’étais un jeune doyen de la faculté de droit et que je rencontrais les nouveaux étudiants, je leur posais la question suivante :
« La loi est-elle juste »?
Je posais cette question, car pour y répondre, il faut deux choses : connaître la loi et avoir le sens de la justice.
En d’autres mots, il faut être à la fois intelligent et bienveillant. Vous conviendrez avec moi que Louise Arbour est l’incarnation même du Canadien intelligent et bienveillant.
Elle mérite pleinement la Médaille Pearson pour la paix.
Aujourd’hui, nous reconnaissons une vie et une carrière consacrées à la pratique du droit et la poursuite de la justice, au Canada et dans le monde entier.
Nous avons choisi la journée idéale pour nous réunir : le 70e anniversaire de l’Association canadienne pour les Nations Unies.
Cette organisation et cette médaille représentent des causes auxquelles Lester B. Pearson était attaché, comme l’aide aux réfugiés et aux personnes dans le besoin, l’égalité des droits et la justice pour tous, ainsi que l’apport de changements pacifiques par l’entremise du droit et d’organismes internationaux.
Louise Arbour s’est consacrée à chacune de ces causes et, à l’instar de Lester Pearson, elle s’est avérée très efficace.
Comme le disait un parrain de sa candidature :
« Pour Mme Arbour, la diplomatie est l’art de faire le pont entre ce qui “est éminemment désirable et ce qui est faisable”. Mme Arbour a plus d’une fois atteint ce but. »
Voilà qui est très bien dit.
Louise Arbour bâtit des ponts. C’est probablement pourquoi en plus d’être Compagnon de l’Ordre du Canada et Grand Officier de l’Ordre national du Québec, elle a servi aux échelons internationaux les plus élevés et été décorée par des nations comme la France, l’Espagne, la Colombie et la Belgique.
Tant qu’à y être, je devrais mentionner le plus grand honneur qui lui a possiblement été conféré, c’est-à-dire une étoile sur l’Allée des célébrités canadiennes à Toronto!
Si je ne m’abuse, Louise, votre étoile brille sur la rue King Ouest, entre celles de Jeff Healey et de Ryan Reynolds?
Peu d’avocats peuvent en dire autant!
Louise suscite une immense fierté au Canada, mais elle fait également partie de ces grands Canadiens qui ont conquis le monde.
Cela me rappelle un extrait écrit par le poète canadien et l’avocat F.R. Scott :
« Le monde est mon pays. La race humaine est ma race. »
Il m’arrive d’adapter cet aphorisme ultime de Frank Scott. Je suis un citoyen du Canada, mais mon pays est celui de la pensée.
Je ne passerai pas toutes les réalisations de Louise en revue aujourd’hui, car nous serions ici très longtemps, mais je terminerai en vous posant une autre question, que je posais aussi à mes nouveaux étudiants en droit.
Après leur avoir demandé si la loi était juste, je leur demandais ceci : « Si elle ne l’est pas, que ferez-vous? » Je leur rappelais ensuite qu’en tant qu’avocats, ils allaient prêter le serment « d’améliorer l’administration de la justice. »
Louise Arbour saisit parfaitement la distinction entre la loi et la justice. Elle sait que seule la recherche constante et inlassable de la justice peut servir la primauté de droit.
C’est pourquoi je suis ravi de lui remettre la Médaille Pearson pour la paix 2016, en reconnaissance de ses efforts constants, inlassables et mondiaux.
Au nom de tous les Canadiens, je vous félicite, Louise, et je vous remercie.
