Ce contenu est archivé.
Ville de Québec (Québec), le jeudi 14 février 2013
C’est un véritable plaisir d’être avec vous aujourd’hui. Merci de me recevoir aussi chaleureusement et de me donner la chance de commenter vos témoignages.
M. Molson et M. Dallaire — deux dirigeants dans leurs communautés respectives — ont pris la peine de nous parler de leurs expériences dans le domaine de la philanthropie.
Hier, Sharon et moi avons participé à une table ronde sur la philanthropie à l’Institut Mallet. Ce soir, nous assisterons à la 54e édition du Tournoi international de hockey Pee-Wee.
Bien que nous soyons allés au Carnaval de Québec tous les ans depuis le début de mon mandat, nous n’avions jamais assisté au tournoi. C’était le temps de changer les choses!
Pensez-y bien : cela fait plus de 50 ans que la ville de Québec organise ce tournoi en même temps que le Carnaval. Il s’agit d’un événement d’envergure qui réunit plus de 2 300 jeunes hockeyeurs, de 11 et 12 ans, provenant de plus de 14 pays. Le bon déroulement du tournoi ne pourrait être assuré sans les 12 000 bénévoles et plus qui y travaillent — certains depuis plus de 25 ans.
Et encore d’autres bénévoles contribuent au Carnaval de Québec, année après année. Quel dévouement! Quelle réalisation!
Ce sont ces bénévoles qui, chaque année, font du Carnaval un véritable succès. Grâce à leurs efforts, cet événement est reconnu au Canada et de par le monde. Il va sans dire que ces bénévoles — au Carnaval, au tournoi et ici même dans cette pièce — font le charme de Québec.
Nous sommes heureux d’être ici, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, parce que vous êtes mes âmes sœurs. J’ai vécu l’une des plus belles expériences de ma vie lorsque j’ai coprésidé la campagne Centraide de Montréal, en 1995. Ensuite, parce que votre cause — notre cause — est si importante.
Vous êtes réunis aujourd’hui autour d’une question très importante : comment pouvons-nous encourager les générations à venir à pratiquer la philanthropie?
La question est simple, mais la réponse ne l’est pas.
L’une de mes priorités, à titre de gouverneur général, est d’encourager et de soutenir la culture de la philanthropie au Canada. Cela s’impose, vu le besoin réel et grandissant qui existe dans nos communautés et qui met en péril les plus vulnérables.
Au bout du compte, ce déséquilibre menace l’une des valeurs les plus précieuses des Canadiens : l’égalité des chances.
Dans une société démocratique, tout le monde a quelque chose à offrir. Nous savons aussi que donner, c’est un peu comme faire de l’exercice; plus nous le faisons, plus nous sommes susceptibles de le refaire.
Permettez-moi de vous raconter une histoire. Il y a une vingtaine d’années, mère Teresa est venue à Montréal. L’une de nos voisines, émue par l’œuvre de cette dernière auprès des pauvres de Calcutta, lui a demandé ce qu’elle pourrait faire pour aider. Mère Teresa lui a répondu : « Vous n’avez qu’à regarder autour de vous. Vous verrez que, dans votre propre quartier, il y a une famille qui a besoin de vos soins et de votre amour. »
Peu de temps après, j’ai lu une critique à l’endroit de l’œuvre de mère Teresa. Son refuge à Calcutta venait en aide à quelque 200 personnes, dans une ville où des millions de personnes vivent dans la pauvreté la plus épouvantable. Son travail y était décrit comme une goutte dans l’océan. Était-ce vrai? Cette critique était-elle fondée?
Pour m’expliquer, laissez-moi vous parler de mes enfants qui, alors âgées de 2 à 9 ans, critiquaient ma façon d’animer leurs fêtes d’anniversaire. Elles me disaient : « Pourquoi ne donnes-tu pas un spectacle de magie comme le fait M. MacFarlane plutôt que de raconter des histoires de fantômes auxquelles personne ne croit? »
À cette époque, Andy MacFarlane était le recteur de la faculté de journalisme à l’Université Western et moi, le recteur de la faculté de droit. Étant assez compétitif de nature, j’ai décidé d’assister à la fête d’anniversaire suivante donnée par les MacFarlane. Andy s’était déguisé en magicien, portant une longue cape et de grosses manches bouffantes. Il a commencé un tour de magie au cours duquel il allait transformer de l’eau en vin.
Prenant un verre d’eau, il l’a soulevé dans les airs et a prononcé le mot magique « Abracadabra! ». Il a ensuite dissimulé le verre sous ses manches et a tourné sur lui-même, ajoutant en cachette quelques gouttes de teinture rouge dans le verre. Une fois le verre sorti de sous ses manches, l’eau était devenue d’une belle couleur rose.
C’est à ce moment que j’ai pris conscience de la façon dont mère Teresa changeait la culture à Calcutta et ailleurs dans le monde. C’est la transformation de l’eau, et non ce qui y avait été ajouté, qui améliorait la vie de tant de familles.
Le problème avec la critique à l’égard de l’œuvre de mère Teresa, c’est qu’on analysait son action du point de vue de la physique, plutôt que de la chimie.
C’est pourquoi nous devons trouver des moyens pour encourager les gens qui viennent de familles et de communautés axées sur la philanthropie à poursuivre la tradition du don. Leurs contributions sont essentielles à l’édification de la société plus avertie et bienveillante dont nous rêvons.
Merci.
