Sommet international des coopératives 2012

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Québec, le mardi 9 octobre 2012

 

Je suis ravi de pouvoir m’adresser à vous aujourd’hui, surtout en cette Année internationale des coopératives.

J’aimerais d’abord remercier les organisateurs de cet important sommet et souhaiter la bienvenue aux participants qui sont venus de loin pour être avec nous à Québec.

Quoi de plus opportun que de se réunir au Québec, là où les coopératives contribuent grandement à l’économie provinciale et au bien-être des Québécois.

Comme vous le savez sans doute, c’est à Lévis, de l’autre côté du fleuve, qu’Alphonse Desjardins a créé la première Caisse populaire, en décembre 1900. On ne pourrait surestimer le rôle que cette institution a joué, depuis, dans la vie de la province.

Je tiens aussi à souligner que la coopération internationale — en particulier l’échange d’information entre Alphonse Desjardins et ses premiers collaborateurs en Angleterre, en Belgique, en Italie et en Suisse — s’est avérée essentielle au succès de la Caisse populaire, et ce, dès ses débuts.

Aujourd’hui, comme à cette époque, nous accomplissons davantage en travaillant ensemble.

Au fil du temps, l’impact des coopératives s’est fait sentir non seulement au Québec, mais aussi ailleurs au Canada, soit dans les collectivités inuites du Nord, dans les Prairies, dans le Canada atlantique et en Ontario.

Aujourd’hui, le Canada compte un éventail de coopératives qui répondent de mille et une façons aux besoins des consommateurs, des producteurs, des propriétaires d’entreprise, des travailleurs et des investisseurs.

Les Canadiens ont beaucoup à apporter au débat sur l’avenir des coopératives — et nous sommes désireux d’apprendre.

Dans mes fonctions de gouverneur général, j’encourage les Canadiens à explorer des moyens innovateurs pour édifier une nation plus avertie et bienveillante, un monde plus juste et équitable. Je sais que vous visez les mêmes buts, puisque les coopératives misent essentiellement sur la collaboration pour s’entraider et renforcer nos collectivités.

Partout au pays, je constate ce désir d’aider, tant par générosité qu’à des fins pratiques. Laissez-moi vous parler d’une petite collectivité agricole du comté de Waterloo, dans le sud-ouest de l’Ontario, où mon épouse, Sharon, et moi avons vécu avant d’arriver à Ottawa.

Un jour, pendant qu’Edgar était chez nous, Sharon s’affairait à revoir le budget de la ferme. Lorsqu’elle lui a demandé combien il en coûterait pour remplacer la grange, Edgar n’a pas compris où elle voulait en venir. Sharon lui a alors expliqué qu’elle tentait de réduire les dépenses d’exploitation de la ferme et qu’elle passait en revue la couverture d’assurance. Elle devait donc estimer le prix de la grange, en cas d’incendie.

Edgar a répliqué qu’il n’était pas nécessaire d’évaluer le prix de la grange, car si elle venait à brûler, les voisins et les membres de la communauté utiliseraient leurs propres matériaux recyclés pour venir la rebâtir, et ce, gratuitement.

Après une courte pause, il lui a recommandé d’inscrire deux milles dollars, pour l’achat de bardeaux neufs.

Bien entendu, je n’irais pas jusqu’à comparer le mouvement coopératif à la construction collective d’une grange, mais je dirais que tous deux découlent d’un même désir, soit de servir les gens et la communauté.

Le génie du modèle coopératif tient de sa capacité à mobiliser des valeurs comme la débrouillardise, la démocratie, l’égalité, l’équité, et la solidarité au profit de buts communs. Comme je le dis souvent, il n’y a rien de plus utile qu’une solide théorie que l’on continue de raffiner et de tester à l’aune de la réalité. Il suffit de penser au récent ralentissement économique pour constater la grande force des coopératives.

Comme l’a récemment indiqué le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon :

« La crise économique et financière mondiale a également donné la preuve de la résilience des institutions financières différentes telles que les banques coopératives et les coopératives d’épargne et de crédit. »

Nous observons un intérêt renouvelé pour le modèle coopératif dans tout un éventail de sphères sociales, environnementales et économiques. Dans notre monde complexe et en pleine essor, il ne faudrait pas sous-estimer l’importance de cette « résilience » dont parlait le secrétaire général. Les gens sont nombreux à chercher des moyens qui permettront aux individus et aux collectivités de profiter du renforcement de nos sociétés.

L’« étonnant pouvoir des coopératives », le thème du présent rassemblement, offre la promesse de ce monde meilleur dont nous rêvons. Je me réjouis de la participation des jeunes au présent sommet ainsi qu’à la conférence Imagine 2012 qui l’a précédé; à partir de cette année internationale, les jeunes seront à même de façonner une décennie durant laquelle les coopératives redéfiniront les normes de la prospérité durable pour notre monde.

Je terminerai en vous parlant de la bougie allumée qui orne mes armoiries. Cette bougie représente non seulement l’apprentissage et la découverte, mais aussi la transmission des connaissances d’une personne à une autre. Cette merveilleuse image nous rappelle une vérité toute simple, mais importante : l’échange de connaissances et d’expériences ravive notre lumière.

La communication du savoir nous éclaire, et c’est pourquoi je suis si heureux de vous voir ainsi réunis.

Je vous souhaite une conférence productive et inspirante.

Merci.