Lancement de Bond with Toronto

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Toronto, le mardi 17 avril 2012

 

Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui pour le lancement de Bond with Toronto, une nouvelle initiative très intéressante de la Toronto Community Foundation. Je pense qu’il est très émouvant que cette rencontre ait aussi lieu pendant la Semaine nationale de l’action bénévole. En effet, les bénévoles sont essentiels aux collectivités averties et bienveillantes.

Toronto est une ville unique au Canada. Elle est un centre d’excellence qui n’a rien à envier aux plus grandes villes de la planète. Et cette réputation internationale est en grande partie attribuable à l’engagement de personnes comme vous.

David Naylor, recteur de l’Université de Toronto, s’est adressé récemment à la Chambre de commerce de Toronto et il a dit : « Ce qui rend la région métropolitaine de Toronto si spéciale, c’est que nous offrons un banquet multiculturel comprenant plusieurs plats, avec une cuisine de classe internationale. »

Et qu’en est-il des résultats? Tout simplement remarquables.

Toronto est le troisième centre financier en importance en Amérique du Nord. Le secteur des sciences de la santé y tient la quatrième place et celui de la biotechnologie, la troisième place. Elle accueille non moins de 10 universités et collèges. Et elle contribue à 45 pour cent du PIB de l’Ontario et à 20 pour cent de celui du Canada.

Remarquable.

Dans un tel contexte, nous pourrions nous demander, que ferons-nous maintenant? Quelle est la prochaine étape à franchir et comment nous y prendre?

La prochaine étape, c’est de nous rappeler que nous ne pouvons pas nous asseoir sur nos lauriers. Plusieurs secteurs de notre société, ici même et ailleurs, ont connu de graves difficultés. Que pouvons-nous faire pour éliminer les obstacles au succès, comme la pauvreté ou l’inégalité?

Les réponses se trouveront dans la création de ces collectivités averties et bienveillantes auxquelles j’ai fait allusion. Et c’est le secteur à but non lucratif, représenté ici par la Toronto Community Foundation, qui est sur le point de connaître une véritable croissance.

Si nous voulons bâtir les collectivités viables de demain, il nous faut d’abord créer un tiers secteur viable.

Et pour y arriver, nous devons reconnaître et mieux comprendre la période de changement dans laquelle nous vivons, sur le plan économique, social et technologique. Permettez-moi ici d’aborder chacun de ces éléments.

Nous avons tous entendu cette expression maintes fois répétée : « faire plus avec moins » – c’est-à-dire essayer de dépasser les attentes organisationnelles avec moins de ressources. Mais inévitablement, ce qui arrive bien souvent, c’est que l’on fait moins avec moins.

Même si 84 pour cent de tous les Canadiens ont versé des dons à un organisme de bienfaisance enregistré en 2010, cela ne représente tout de même que 13 pour cent des revenus des organismes à but non lucratif. De plus, le nombre total de dons est demeuré relativement le même entre 2007 et 2010. Par contre, la concurrence a augmenté. Il y a actuellement 85 000 organismes de bienfaisance enregistrés au Canada, soit 15 pour cent de plus qu’en 2007.

Comme il y a plus d’organismes à but non lucratif qui se font concurrence pour trouver des donateurs, certains organismes sont à la recherche de nouvelles sources de financement. Ce changement est déjà amorcé.

Pour les organismes à but non lucratif d’aujourd’hui, les revenus gagnés représentent un pourcentage plus élevé du revenu total, soit plus que les fonds provenant du gouvernement et des dons réunis. En fait, en dollars, cela représente une augmentation de 135 pour cent depuis 15 ans.

L’an dernier, lors d’un voyage à Terre-Neuve-et-Labrador, j’ai eu l’occasion de visiter les services communautaires Stella Burry et le Hungry Heart Café. À Stella Burry, on offre non seulement des programmes d’aide aux gens dans le besoin, mais on exploite également des commerces, dont le Hungry Heart Café, qui donnent à ces personnes l’occasion de travailler dans un milieu où elles bénéficient d’un soutien.

C’est une façon de répondre à un besoin social, tout en faisant des profits générés par l’entreprise, des profits qui servent à financer les programmes. Bref, un merveilleux système cyclique. Ce type d’entreprenariat social est au cœur de ce qui est en train de devenir la nouvelle norme pour les organismes à but non lucratif, soit une moins grande dépendance à l’égard du gouvernement et des dons – bien que ceux-ci demeurent un élément essentiel – et un recours plus important aux idées novatrices et à l’action individuelle, en particulier celles des bénévoles.

Cela nécessite vraiment une nouvelle manière d’envisager le don. Et il est particulièrement pertinent d’en parler en cette Semaine nationale de l’action bénévole, car il est essentiel pour l’avenir du tiers secteur de redéfinir le bénévolat et la philanthropie.

Je compare souvent le don à un interrupteur de lampe. Nous allumons la lampe et donnons, puis nous la fermons lorsque nous avons terminé. Mais que se passerait-il si la lumière pouvait rester allumée? En d’autres mots, comment pouvons-nous intégrer le don à nos vies quotidiennes?

Je me rappelle l’histoire d’Ilona Dougherty, cofondatrice de l’organisme « L’apathie, c’est plate ». Ses parents avaient démarré deux soupes populaires, et Ilona, encore enfant, donnait un coup de main. À propos de cette expérience, elle a dit « Je ne me souviens pas […] avoir déjà pensé que cela était un travail. C’était tout simplement quelque chose dont la collectivité avait besoin, donc, nous le faisions. »

Plus tôt aujourd’hui, pour la première fois durant mon mandat, j’ai décerné le Prix pour l’entraide à 28 Canadiens, dont la jeune Kalliana King. À l’âge de huit ans seulement, Kalliana s’est impliquée dans la collecte de fonds pour la dystrophie musculaire parce que l’un de ses amis était atteint de cette maladie. Depuis ce moment-là, Kalliana a participé aux campagnes de porte-à-porte, aux marches de collecte de fonds, et elle a même teint ses cheveux en rose, puis s’est fait raser la tête pour sensibiliser les gens à cette cause. Par ses efforts, elle a réussi à recueillir plus de 14 000 $ pour la dystrophie musculaire, mais plus important encore, c’est qu’elle en a inspiré d’autres. Elle est une Canadienne bienveillante.

Toutes deux, Ilona et Kalliana, comme bien d’autres ici présents aujourd’hui, ont déjà fait du don une seconde nature. En d’autres mots, pour ces personnes, la lumière est toujours allumée. Et quand notre lumière rayonne sur les autres, nous pouvons les inspirer pour qu’ils en fassent autant, en particulier de nos jours, alors qu’il est plus facile que jamais de donner.

En 2010, plus du tiers de tous les dons ont été faits en ligne. Pensez un instant aux répercussions des nouvelles technologies et ce que cela signifie pour le bénévolat et la philanthropie. Nous nous servons de plus en plus de nos ordinateurs, de nos tablettes ou de nos téléphones intelligents pour donner. Nous utilisons la popularité grandissante des médias sociaux pour diffuser des messages et mobiliser les gens pour qu’ils passent à l’action.

Mais c’est aux organismes à but non lucratif qu’il incombe d’utiliser les outils qui sauront attirer ces personnes – en particulier les jeunes – et de faire preuve d’imagination avec les nouvelles technologies pour amener du changement. C’est ainsi que nous développerons des collectivités plus averties et toujours plus bienveillantes.

J’ai donné beaucoup de statistiques et d’exemples aujourd’hui, mais ce dont il s’agit avant tout, c’est de bâtir les collectivités bienveillantes et averties de demain.

Ilona et Kalliana, Hélène et les services communautaires Stella Burry, et vous tous ici présents qui représentez et appuyez la Toronto Community Foundation, vous vous êtes tous engagés à créer un Canada meilleur et un monde meilleur.

En fait, c’est précisément ce que font les fondations communautaires depuis toujours. Depuis le début de mon mandat, j’ai visité des fondations communautaires, car leurs membres incarnent les idéaux des collectivités averties et bienveillantes. Vous savez ce qu’il y a à faire, vous savez comment être novateurs et vous avez atteint les résultats souhaités grâce à l’altruisme, aux idées créatrices et à l’effort, purement et simplement.

Bond with Toronto est un moyen de plus pour les gens de s’impliquer dans la collectivité, de redonner aux gens qui sont dans le besoin et de soutenir le succès continu de Toronto.

Comme vous le savez sans doute, en 2017 –dans cinq ans d’ici – nous célébrerons le 150e anniversaire du Canada. Qu’aurons-nous alors à offrir au monde? Comment allons-nous créer les collectivités averties et bienveillantes de demain?

Les réponses, ce sont des gens comme vous qui les ont, des gens qui sont novateurs et qui sont capables de résoudre des problèmes. J’ai hâte d’entendre parler de vos progrès et de la prochaine étape que vous franchirez pour bâtir ce pays dont nous pourrons tous être fiers.

Merci.