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Ottawa, le dimanche 9 septembre 2012
Je suis très honoré de me trouver ici pour l’inauguration de ce monument.
Nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre hommage aux pompiers canadiens qui ont perdu la vie au moment où ils servaient nos communautés et notre pays en faisant preuve d’une détermination et d’une bravoure exceptionnelles.
Nous sommes également ici aujourd’hui pour offrir notre soutien et notre reconnaissance aux familles des pompiers morts en service - et du même coup pour remercier tous les pompiers qui répondent à l’appel du devoir.
Il est difficile pour bon nombre d’entre nous de comprendre véritablement ce que cela suppose de lutter contre le feu. La plupart des gens ne sauront jamais ce que cela suppose réellement que de s’engager dans l’escalier d’un immeuble en feu. Peu d’entre nous seront appelés à affronter avec ténacité les flammes d’un incendie de forêt imprévisible qui fait rage, ou à prendre sur-le-champ des décisions de vie ou de mort.
Le feu est une force élémentaire et, comme les autres forces de la nature, il peut tout aussi bien être un allié qu’un ennemi. Dès l’enfance, on nous enseigne que le feu exige l’exercice d’une vigilance constante.
Mais quand la vigilance fait défaut ou quand survient une catastrophe, c’est là que nous faisons appel à nos pompiers.
Chacune des personnes dont ce monument rappelle le souvenir est décédée dans l’exercice de ses fonctions. Ce faisant, elles ont fait preuve d’un courage et d’un dévouement hors de l’ordinaire. Que leurs actes aient souvent été accomplis à l’égard de personnes qui leur étaient totalement étrangères font de leurs sacrifices des leçons d’humilité et des gestes inspirants d’autant plus impressionnants.
Ces pompiers décédés dans l’exercice de leurs fonctions ont été les dignes représentants d’un idéal de dévouement et d’altruisme très rare et très précieux.
Pendant que nous prenons le temps d’évoquer leur souvenir, rappelons-nous aussi qu’ils étaient encore bien plus que des pompiers. Ils menaient tous une vie bien à eux et bien remplie avec leurs familles et leurs amis, et ils avaient leurs rêves et leurs aspirations.
Tandis que nous nous recueillons devant ce monument, nous pouvons presque sentir qu’ils nous parlent et qu’ils nous disent :
« Nous portions tous un nom, une identité. »
Les membres des familles, les amis et les collègues de ces pompiers morts en service connaissent déjà toute l’ampleur de la perte que nous avons subie après le décès de ces braves citoyens. C’est maintenant au reste d’entre nous qu’il incombe de nous remémorer leurs sacrifices.
Mon espoir, c’est ce que tous les Canadiens visiteront ce monument, prendront le temps de lire les noms qui y sont inscrits et méditeront sur les services que ces personnes ont rendus à leurs concitoyens.
Il est par ailleurs tout à fait pertinent que nous inaugurions ce monument ici même, aux plaines LeBreton à Ottawa. Il y a plus d’un siècle, au printemps de 1900, un grand incendie a éclaté de l’autre côté de la rivière à Hull, qui a causé la mort de sept personnes et détruit des milliers de bâtiments. Non loin du lieu même où nous nous trouvons maintenant, l’incendie a pu être circonscrit et arrêté dans sa progression vers le centre-ville.
Si nous remontons un peu plus loin dans le temps, nous découvrons aussi que ce site est proche du lieu où le capitaine John Lowry du service des incendies d’Ottawa est mort dans l’exercice de ses fonctions, pendant qu’il combattait un incendie qui avait pris naissance dans la rue Booth le 12 août 1896.
Ces deux récits de notre passé nous rappellent qu’à un moment ou à un autre dans les communautés des quatre coins du Canada, le feu a fait ses ravages. Et parfois, comme c’est le cas de nos pompiers morts en services, il s’agit de ravages dont les conséquences sont particulièrement lourdes à porter.
À titre de gouverneur général et en tant que Canadien, je tiens à remercier tous les pompiers pour les services qu’ils ont rendus et qu’ils continuent de rendre à notre pays.
En fait, en vous voyant ici aujourd’hui, vous me faites penser à l’histoire de cet « homme qui allait à contre-courant » qui a été immortalisée sur une photo que j’ai vue durant une visite en Saskatchewan l’an dernier. La photo illustrait une situation d’urgence dans une école. Les élèves et les enseignants quittaient l’édifice, mais un personnage - un agent de police, que je me plais à appeler « l’homme à contre-courant » - se dirigeait résolument, en sens contraire de tous les autres, vers les lieux du danger.
C’est ce que les pompiers font de façon régulière — foncer vers le danger. Et c’est justement leur volonté d’aller « à contre-courant » qui nous assure une meilleure situation et nous procure à tous une plus grande sécurité.
En terminant, je tiens aussi à remercier ceux qui ont travaillé si fort pour que ce monument devienne réalité et qui continuent à aider et à soutenir les familles des pompiers qui ont donné leur vie.
Voyons à préserver le souvenir des pompiers morts en service, pour toujours.
Merci.
