Ce contenu est archivé.
Ottawa, le mardi 6 novembre 2012
Je vous remercie de votre accueil chaleureux. Je suis ravi d’être ici ce soir pour célébrer avec vous cet anniversaire historique.
Comme, pendant la plus grande partie de ma carrière, j’ai été professeur, doyen et administrateur dans une université, je suis éminemment conscient du rôle que cette association joue dans le renforcement de l’enseignement supérieur au Canada.
C’est là un service pour lequel je lui suis reconnaissant. Dans mon mandat de gouverneur général, j’appelle l’attention sur le fait que l’enseignement et l’innovation sont les piliers d’un Canada plus averti et bienveillant, et que l’enseignement supérieur s’avère essentiel à notre succès.
Chacun de vous est conscient de la place centrale qu’occupent la recherche et l’enseignement supérieur dans l’écosystème que forment l’apprentissage et l’innovation. Cela a été vrai pendant les cinquante premières années d’existence de cette association, et je suis convaincu que le rôle de l’enseignement supérieur ne fera que gagner en importance au cours du prochain demi-siècle.
C’est donc avec plaisir que j’ai pris connaissance du thème ambitieux de ce congrès : à quoi faut-il s’attendre au cours des cinquante prochaines années?
Toutefois, le changement dans le monde d’aujourd’hui se produit si rapidement qu’il serait peut-être plus simple de se poser cette question : à quoi ne devons-nous pas nous attendre?
Ou, comme le dit si bien l’Association des universités et des collèges du Canada : « Nous vivons dans un monde où le progrès économique, social et personnel ne dépend pas tant de nos connaissances que de notre capacité à apprendre, de notre façon de penser et de notre faculté d’adaptation au changement autour de nous. »
Il est essentiel d’apprendre, de penser et de s’adapter au changement, et vous conviendrez avec moi, j’en suis convaincu, que cela s’applique aussi bien aux étudiants diplômés qu’aux écoles d’enseignement supérieur.
Je tiens à vous féliciter pour vous pencher sur un certain nombre d’enjeux importants à l’occasion du congrès de cette année, y compris l’internationalisation de l’enseignement supérieur, les questions de gouvernance, le perfectionnement professionnel et l’aide financière aux étudiants.
Permettez-moi de vous parler plus en détail d’une seule de ces questions : l’internationalisation. Comme j’ai dirigé une délégation de représentants d’universités et de collèges canadiens à la Conférence des Amériques sur l’éducation internationale, en avril dernier au Brésil, je sais qu’il existe de nombreuses possibilités d’internationalisation de l’enseignement postsecondaire. Et, je suis certain que le député de Winnipeg-Sud, M. Rod Bruinoogee, sera d’accord avec moi sur ce point. Il faisait d’ailleurs partie de notre délégation, de sorte que je suis heureux de voir qu’il manifeste, une fois de plus ce soir, son soutien à l’enseignement postsecondaire.
La participation du Canada au programme Science sans frontières, annoncée lors de mon passage au Brésil, illustre à merveille les possibilités internationales qui s’offrent à nous. En définitive, grâce à ce programme novateur, 12 000 étudiants brésiliens viendront étudier au Canada dans des établissements postsecondaires.
Comme le souligne le Groupe consultatif d’experts sur la Stratégie du Canada en matière d’éducation internationale, l’OCDE estime que la demande mondiale dans le domaine de l’enseignement supérieur continuera d’augmenter, de sorte que 6,4 millions d’étudiants tireront parti de l’éducation internationale en 2025, contre environ 3,7 millions en 2009. Bon nombre d’entre eux seront des diplômés, et les établissements d’enseignement canadiens auront la possibilité de conclure des partenariats et des accords de recherche internationaux.
Les partenariats – par delà les frontières et toutes disciplines confondues – sont essentiels pour qui veut apprendre dans le monde d’aujourd’hui, tout particulièrement au niveau des études supérieures. C’est grâce à ces partenariats que nous faisons des découvertes, et que nous pouvons collaborer, entre personnes et entre établissements d’enseignement.
C’est ce que j’appelle la « diplomatie du savoir », et je suis convaincu que ce genre de collaboration est porteuse de grands espoirs pour la société planétaire et apprenante dont nous rêvons.
Bien entendu, chacun de vous sait que la mondialisation comporte à la fois des possibilités et des défis importants, ce qui m’amène à me poser cette question : comment pouvons-nous réduire les risques lorsque nous saisissons les possibilités de l’internationalisation?
La réponse, selon moi, consiste à maintenir le cap sur les intérêts du public et des étudiants au service desquels nous œuvrons.
Tout au long de mon mandat, j’ai évoqué l’importance du contrat social qui existe entre différentes professions et le public auquel leurs services s’adressent, Même si les détails de ce contrat changent parfois, en fonction de circonstances en évolution constante, il repose cependant sur un principe immuable, à savoir le devoir qui nous incombe d’agir pour le bien commun.
Autrement dit, selon moi, le contrat social est une notion forte, qui peut servir de boussole en période de changement.
Étant donné leur rôle phare dans l’éducation au Canada, les responsables des écoles d’enseignement supérieur doivent veiller à ce que les programmes demeurent pertinents et évoluent constamment pour répondre aux besoins des étudiants et de la société. Comme vous le savez. Le monde a changé, et il continue à changer, mais le rôle central des enseignants, qui consiste à bâtir un monde plus averti et bienveillant, ne change pas.
Nul doute que les membres de cette association, qui ont rendu si bien service à notre pays au cours des cinquante dernières années, sauront relever les défis du prochain demi-siècle.
Je souhaite que ce congrès vous donne l’occasion de participer à des échanges féconds et enrichissants.
Merci.
