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Rideau Hall, le mardi 20 novembre 2012
C’est un honneur de vous recevoir à Rideau Hall, la demeure du peuple canadien, pour cette discussion importante qui tombe à point.
Je suis particulièrement heureux de revoir les lauréats des Prix Killam de 2012. Ils méritent pleinement les distinctions prestigieuses qui leur ont été remises au printemps dernier.
J’aimerais également féliciter les fiduciaires Killam et le Conseil des arts du Canada pour leur vision : ce symposium annuel promet de devenir un bel ajout au calendrier culturel et intellectuel du Canada!
Permettez-moi de vous faire part d’une information importante liée à la découverte, le thème de ce soir.
Selon le magazine le New Scientist, on estime que la science produira plus de savoir au cours des 40 prochaines années que tout ce que l’humanité a produit jusqu’ici.
Nous avons donc beaucoup de rattrapage à faire, même si vous étiez à Rideau Hall il y a six mois à peine!
Cela s’explique par le rythme soutenu auquel s’effectuent les découvertes dans le monde d’aujourd’hui et par la raison d’être du symposium, qui consiste à élucider le processus de découverte en tant que tel et à préciser les conditions qui y sont propices.
Je suis certain que la discussion de ce soir nous éclairera sur la question. Après tout, nos panélistes sont des dirigeants réputés mondialement dans les domaines des sciences humaines, du génie ainsi que des sciences naturelles, sociales et de la santé.
Plusieurs facteurs influent sur les nouvelles découvertes, mais je me pencherai brièvement sur un élément essentiel et intemporel : l’ouverture d’esprit.
Pour illustrer le pouvoir de l’ouverture d’esprit — et de son opposé — prenons l’histoire bien connue de Galilée. Comme vous le savez, cet homme a transformé nos connaissances du cosmos après avoir observé les lunes de Jupiter à l’aide de son télescope.
Les répercussions de cette découverte étaient énormes : si les lunes tournent autour de Jupiter, cela signifie qu’elles ne tournent pas autour de la Terre et que, par conséquent, la Terre n’est pas au centre de l’univers.
Nous connaissons bien cette histoire et la lutte que Galilée a menée contre les autorités de l’époque.
Ce qui est moins bien connu, c’est le mal que certains se sont donné pour préserver les vieilles croyances, malgré les preuves.
Effrayés par les constatations de Galilée, les adeptes du statu quo les ont rejetées et ont tenté de bâtir des modèles mécaniques compliqués — appelés sphères armillaires — dans le but d’expliquer les mouvements apparemment irréguliers des corps planétaires et de préserver la place de la Terre au centre de l’univers.
Ultimement, ces tentatives ont échoué sous le poids des faits. C’est alors que s’est produite une chose très intéressante.
Un éventail de possibilités ont alors vu le jour, fondées sur le fait que les planètes, dont la Terre, gravitent en orbite autour du Soleil.
À mes yeux, cette histoire révèle des vérités fondamentales sur le processus de la découverte : essentiellement, qu’une découverte en amène souvent une autre et qu’il est crucial d’avoir un esprit ouvert, critique et curieux.
Abordons cette soirée dans la même optique et réaffirmons notre engagement envers cet esprit de découverte intemporel.
Merci.
