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Ville de Québec, le lundi 19 septembre 2011
Quel plaisir d’être ici aujourd’hui pour la remise des Prix du Duc d’Édimbourg.
Je suis heureux d’avoir la chance de souligner vos réalisations en ce lieu historique qu’est le Château Frontenac, dans cette cité dont l’histoire remonte à Samuel de Champlain, la ville de Québec.
À chacune de mes visites, cette ville qui respire l’histoire est pour moi une source d’inspiration. Car je crois que nous pouvons tirer de notre passé remarquable des idées et des leçons qui guideront notre action pour l'avenir. Mais je suis d’autant plus heureux d’être ici que chacun de vous me permet d’espérer et d’être optimiste en pensant à l’avenir.
En fait, vous avez déjà une influence sur notre pays. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle vous êtes ici.
Avant mon installation au poste de gouverneur général l’an dernier, j’avais passé la majeure partie de ma vie adulte dans le milieu universitaire, d’abord comme étudiant, puis comme enseignant et comme administrateur. Cela dit, tout ce qui importe dans la vie, je l’ai appris de mes cinq enfants, cinq filles qui oeuvrent toutes dans la fonction publique.
Dès que j’ai franchi les portes de l’université, à 18 ans, j’ai trouvé l’endroit si agréable et stimulant que j’y suis resté jusqu’à l’âge de 69 ans. C’est que, entre autres raisons, les jeunes m’inspirent le plus grand respect, eux qui sont l’âme même d’une université, d’un collège. Mais cela est vrai aussi dans toute collectivité, au Canada comme dans les autres pays du monde.
Les jeunes sont porteurs d’espoir. Ils veulent changer les choses pour le mieux.
Si vous le permettez, je vais vous raconter une histoire. Un professeur est devant sa classe, et a en face de lui quelques objets : un grand bocal vide, quelques pierres, une boîte de petits cailloux, une boîte de sable et une cannette de Coke. Au début du cours, il prend le bocal, dans lequel il place les pierres. Il demande ensuite aux étudiants si le bocal est plein. Ils lui répondent que oui.
Le professeur prend ensuite la boîte de petits cailloux qu’il verse dans le bocal, et il secoue un peu le bocal. Bien sûr, les cailloux glissent jusque dans les espaces entre les pierres. Puis il demande à nouveau aux étudiants si le bocal est plein. Encore une fois, ils lui disent oui.
Le professeur prend ensuite la boîte de sable et la verse dans le bocal. Et voilà que le sable remplit l’espace qui reste.
Cette démonstration, dit-il, c’est comme dans la vie. Les pierres sont les choses importantes — la famille, le conjoint, la santé, les enfants et, oui, même l’éducation — tout ce qui est tellement important que si vous le perdiez, ce serait un désastre. Les cailloux, ce sont les autres choses qui comptent, par exemple un emploi, une maison ou une voiture. Le sable, c’est ce qui reste, les petites choses de la vie.
Si l’on met d’abord le sable dans le bocal, il n’y a plus de place pour les cailloux ni pour les pierres. C’est la même chose dans la vie. Si vous consacrez tout votre temps et votre énergie, aux petites choses, vous n’aurez jamais de place pour ce qui est important pour vous. Prêtez attention à ce qui est essentiel à votre bonheur. Il restera toujours du temps pour les petites choses. Faites d’abord de la place aux pierres, à ce qui est véritablement important. Fixez-vous des priorités. Le reste, ce n’est que du sable.
Il restait un objet sur le bureau du professeur. Un étudiant un peu plus hardi demande : « Et la cannette de Coke? »
Le professeur répond avec un sourire : « N’oubliez jamais de prendre une boisson bien fraiche avec un ami. »
Or, les Prix du Duc d’Édimbourg rendent un merveilleux hommage aux rêves et aux réalisations des jeunes. En encourageant l’excellence, ces prix contribuent en outre de manière fondamentale à notre bien-être futur.
En 2017, les Canadiens célébreront le 150e anniversaire de la Confédération. D’ici là, je vous invite à imaginer le pays dans lequel vous souhaitez vivre. Notre confédération bien particulière est le fruit de longues années de planification minutieuse et de réflexion sur la nature véritable de notre société, qui ont aussi permis à nos ancêtres de rêver de l’avenir.
À l’approche de notre 150e anniversaire, le moment est bien choisi selon moi pour imaginer et planifier l’avenir.
Une chose est sûre, il nous faut tabler sur votre énergie et votre contribution pour bâtir la nation toujours plus avertie et bienveillante à laquelle nous aspirons.
Continuez de travailler avec ardeur et d’apporter votre appui à vos collectivités et à notre pays, je vous y encourage.
En terminant, je vous félicite pour cette superbe réalisation et, au nom de la population canadienne, je vous remercie.
Permettez-moi de citer l’illustre auteur britannique, George Bernard Shaw, « Certains regardent les choses comme elles sont et demandent ‘Pourquoi?’. Nous rêvons de choses comme elles devraient être, et demandons ‘Pourquoi pas?’ ».
