Déjeuner en l'honneur de la mère de la Croix d’argent

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Rideau Hall, le vendredi 11 novembre 2011

 

Mon épouse, Sharon, et moi sommes honorés de vous accueillir à Rideau Hall en cette journée nationale du souvenir.

Le jour du Souvenir est une journée de contrastes, qui nous rappelle les guerres passées tout en projetant notre regard vers l’avenir.

C’est une journée où nous honorons les  sacrifices de ceux qui ont péri, tout en appuyant ceux qu’ils ont laissés derrière. Une journée où nous remettons une médaille qu’aucune mère ne souhaiterait jamais recevoir, tout en chérissant le souvenir de son fils.

Le jour du Souvenir commémore les milliers d’hommes et de femmes qui ont répondu sans hésiter à l’appel de la nation et qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes alors qu’ils étaient dans la fleur de l’âge.

Le jour du Souvenir nous incite à réfléchir aux hivers qu’ont endurés ceux qu’ils ont laissé derrière, à nous rappeler comment la vie de leurs familles a été chambardée par l’horreur de la guerre, et comment leur joie a été assombrie par le deuil.

Madame Braun, j’imagine que, dans vos moments de nostalgie, vous pouvez encore ressentir l’optimisme avec lequel David envisageait son rôle et vous remémorer son enthousiasme, lorsqu’il a endossé son uniforme. Il était fier d’être membre du régiment Princess Pats et il a assumé sa tâche volontairement. David, comme tous les militaires canadiens, était animé de la conviction profonde qu’il devait servir son pays.

Pourtant, je peux très bien comprendre que vous puissiez avoir souhaité qu’il quitte les Forces ou lui avoir demandé de ne pas s’y joindre. Nous comprenons tous les larmes que vous avez pu verser en le voyant partir en mission et les prières que vous avez faites pour qu’il revienne sain et sauf.

Au nom de tous les Canadiens, je vous offre, ainsi qu’à votre famille, mes plus sincères condoléances.

Soyez certaine que tous les Canadiens pleurent aujourd’hui la perte de votre fils, tout en vous témoignant notre profonde reconnaissance pour le sacrifice que vous avez fait et pour le riche héritage de dévouement au pays qu’il laisse derrière lui.

Comme l’a dit un jour Dietrich Bonhoeffer, qui était théologien, auteur et membre de la résistance allemande durant la Seconde Guerre mondiale, « La gratitude a le pouvoir de transformer la douleur du souvenir en une joie tranquille. » 

La vie du caporal David Braun continuera de nous rappeler que la persévérance peut avoir sa raison d’être. Les difficultés peuvent façonner pour le mieux le caractère d’une personne ou d’une nation. La guerre peut mener à la paix.

En novembre de l’année dernière, j’ai eu le privilège de me rendre en Afghanistan pour voir ce que des Canadiens et des Canadiennes, comme David, ont fait et continuent de faire.

J’ai vu comment, jour après jour, leurs efforts ont aidé à rebâtir un pays déchiré par les guerres d’une génération à l’autre. 

J’ai vu comment ils ont fourni à la population afghane la chance de vivre dans des collectivités plus sûres, d’aller à l’école, de rebâtir l’économie du pays, et de découvrir des façons plus durables, plus productives, de gagner sa vie. 

Grâce à leurs efforts, les Afghans ont commencé à apprécier la valeur des droits et des libertés dont nous jouissons au Canada. 

Ce qui m’a le plus frappé a été de voir comment ces Canadiens et ces Canadiennes ont, tout comme David, consacré leur vie à garder notre pays, et notre monde, glorieux et libre

Merci.