BLOGUE : Dialogue avec le Nord

Ce contenu est archivé.

25 avril 2008

par Son Excellence Michaëlle Jean

Nous sommes partis dimanche vers le grand Nord, à la rencontre des gens
d’Inuvik et de Tuktoyaktuk dans le delta de Beaufort. Une population d’une riche diversité, entre les Gwich’in, les Inuvialuk, les anglophones et les francophones et le père Matthew originaire du Nigéria. Tous là-bas ont la même préoccupation : construire des liens solides et mettre collectivement sur pied des initiatives durables pour une communauté forte et prospère. 

Je relis parfois certains des messages que vous laissez dans les blogues et dans les forums sur la vie et les réalités du Nord. Vous n’hésitez pas à parler franchement des problèmes, des défis. Dans vos points de vue, j’ai trouvé des idées très intéressantes, des aspirations, des constats, des préoccupations.

Dans un forum sur l’Arctique et dans ceux sur vos solutions pour la planète, j’ai relevé cette réflexion de larry.gemmel, le 17 février dernier :

« L’Arctique constitue en fait une région unique et très importante du Canada. Son écosystème est particulièrement vulnérable aux changements climatiques, à la pollution et à d’autres facteurs environnementaux. (…) Nous devons nous acquitter d’une très lourde responsabilité envers le peuple inuit, en aidant à protéger cette région et ce patrimoine. »

Le 8 février dernier, JesseoftheNorth soulèvait la question des risques d’acculturation :

 « Le Nord subit une profonde transformation. Nous sommes déjà témoins des effets de l’implantation des médias et des communications de masse dans le Grand Nord. Le sentiment d’une identité culturelle inuite parmi les jeunes en est l’une des conséquences les plus visibles. À cela s’ajoute la façon dont les Inuits perçoivent le monde extérieur. Après avoir été isolés du reste du monde presque complètement pendant des milliers d’années, les Inuits, particulièrement ceux des deux dernières générations, se sont retrouvés plongés dans le monde moderne. La plupart des communautés du Nunavut n’ont commencé à capter la télévision que durant les années 1980 et 1990. De nos jours, les tendances issues du Sud influent sur presque tous les aspects de la vie dans le Nord. Cette transformation occasionne un véritable choc culturel là-bas. »
 
Vos propos sur le site sont toujours source d’inspiration et de réflexion et je vous en remercie.

Ce voyage, je l’entreprends à l’invitation de Mary Simon, présidente d‘ITK, dans le cadre du Sommet 2008 sur l’éducation des Inuits. Voilà qui témoigne de la volonté de contrer le décrochage scolaire, de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de professionnels dans la région en misant sur la formation, les compétences et l’arrimage des savoirs traditionnels et modernes. Tous travaillent très fort à redonner aux jeunes une plus grande confiance en eux, de l’assurance, le goût de rêver grand et de s’investir dans des projets de vie constructifs. J’en profiterai pour découvrir les réalisations et les projets locaux dans un dialogue avec les jeunes et avec les aînés, écouter, prendre note pour ensuite mieux transmettre leurs commentaires aux Canadiens.