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Brasilia, le mercredi 11 juillet 2007
Mon mari, Jean-Daniel Lafond, ma fille, Marie-Éden, et moi sommes touchés de l’accueil que nous ont réservé les Brésiliennes et les Brésiliens depuis notre arrivée.
Nous nous sommes envolés pour le Brésil au moment même où, au Canada, se tient la Coupe du monde U20. Chez nous, la ferveur du football est à son comble.
C’est dans la ville où j’ai habité pendant des années, Montréal, au Québec, que le Brésil a disputé ses premiers matchs. Dans les six villes canadiennes où seront présentés les 52 matchs de la Coupe du monde, 940 000 spectateurs se sont arraché les billets.
Kofi Annan disait que le sport est un langage universel. Eh bien, c’est cette langue universelle que nos jeunes parleront au cours des prochains jours à Rio, alors que se tiendront les XVe Jeux panaméricains.
C’est tout un spectacle que cette grande rencontre de la solidarité des jeunes des quatre coins des Amériques! Merci à nos amis brésiliens de nous accueillir chez eux.
Je crois que le temps est venu de miser plus que jamais sur le dialogue, l’ouverture et les alliances pour étendre le réseau des solidarités au-delà de toutes les frontières.
C’est le but de mon voyage officiel au Brésil à titre de gouverneure générale du Canada, un voyage qui m’a conduit à Salvador, à São Paulo et ici même, à Brasilia, et qui se terminera à Rio de Janeiro.
Ce n’est pas la première fois que je visite le Brésil.
J’y suis venue en 1992, à l’occasion de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement. J’étais alors journaliste à la télévision publique du Canada, et je suivais avec passion l’engagement de celles et ceux qui militaient en faveur de la vie sous toutes ses espèces.
Mais ce premier séjour ne suffit pas à expliquer que tant de choses me paraissent si familières.
Peut-être est-ce parce que je suis née en Haïti, que je suis une fille du Sud, une fille du soleil. Je retrouve ici un rythme, une luminosité, une manière de vivre qui me rappellent mon enfance.
Peut-être est-ce aussi le souvenir, inscrit au plus profond de ma mémoire, des traditions que mes ancêtres du continent africain ont tenté de perpétuer ici et qui font désormais partie intégrante de l’identité collective du Brésil.
Ou peut-être encore est-ce l’écho des bossas-novas d’Antônio Carlos Jobim, de João Gilberto et de Gilberto Gil, que j’ai écoutés avec ferveur et qui continuent de réchauffer mes hivers.
Peut-être est-ce enfin la somme des solidarités qui unissent nos pays.
Le Brésil et le Canada sont riches de leur jeunesse et de la diversité des cultures qui les composent.
Aux extrémités des Amériques, ce sont des territoires immenses, généreux, qui abritent une faune et une flore majestueuses.
De plus, nos pays ont en partage des valeurs fondamentales. La préservation de la biodiversité du monde en est une. L’aide aux populations affligées en est une autre.
À cet égard, je me réjouis du travail que nous effectuons simultanément avec neuf autres pays de l’Amérique centrale et du Sud en vue d’aider le peuple haïtien à se sortir du cercle pernicieux de la misère et de la violence.
Le respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine, l’éducation, la santé, la lutte contre la pauvreté sont autant de champs d’action que nous avons investis avec la même conviction et le même souci du bien commun.
Nous sommes animés du même espoir : celui d’offrir aux femmes, aux hommes, aux enfants de nos pays et du monde entier toutes les possibilités de s’épanouir.
Unissons nos forces, travaillons main dans la main pour le bien du plus grand nombre et en vue d’assurer un avenir meilleur.
Nous ajoutons aujourd’hui un maillon aux chaînes de solidarité et de fraternité qui unissent le Canada et le Brésil. Souhaitons que ce voyage scelle notre amitié.
Je vous remercie de cet accueil inoubliable.
À toutes celles et tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, au succès de ma visite d’État au Brésil, je vous embrasse et vous dis mille fois merci.
C’est aussi ce soir la dernière fois que je me retrouve en compagnie des délégués du Canada qui ont fait avec moi le parcours de Salvador à Brasilia, et j’en profite pour les remercier du fond du cœur de leur contribution.
Mon vœu le plus cher est que les rencontres qu’ils auront eues pendant ce voyage donneront lieu à de fructueuses collaborations avec leurs partenaires brésiliens.
