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Rideau Hall, le dimanche 1er juillet 2007
Bienvenue à Rideau Hall.
De toutes les cérémonies de citoyenneté auxquelles j’ai participé à titre de Gouverneure générale du Canada, celle-ci revêt une signification particulière.
Vous faites votre entrée dans la grande famille canadienne l’année du 60e anniversaire de la Loi sur la citoyenneté canadienne et le jour même où nous célébrons le 140e anniversaire de notre pays.
Qui plus est, vous prêtez serment aujourd’hui dans ce lieu de rencontre, d’expression et de célébration qui fait partie de l’héritage de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens. Ce n’est pas rien.
C’est un grand moment que vous vivez aujourd’hui. Je le sais pour l’avoir moi-même vécu.
Je ne peux participer à une cérémonie comme celle-ci sans me rappeler cet instant où je suis devenue Canadienne.
Je me souviens du dernier jour sur mon île natale, Haïti, qui était devenue une prison pour ma famille en raison d’une dictature sans merci.
Moi, fille du Sud, fille du soleil, je me souviens de notre arrivée à Montréal par une nuit d’hiver, en plein mois de février.
Je me souviens de notre volonté de repartir de zéro et de mettre nos forces à contribution.
Pour tout bagage, nous avions de l’espoir et du courage, et ce sont eux qui m’ont menée là où je suis aujourd’hui.
Quitter son pays d’origine pour étendre ses racines ailleurs est une expérience qui nous marque pour toujours.
Il faut en effet avoir pour bagages l’espoir de se réinventer ailleurs dans un monde meilleur et le courage d’accepter les défis et les épreuves que cela suppose.
Je sais qu’en ce moment-même, vous prenez pays.
Prendre un pays suppose embrasser des valeurs, participer à une histoire, ébranler des perceptions et forger de nouvelles solidarités.
Notre expérience n’est pas unique. Depuis la toute première cérémonie de citoyenneté, qui a eu lieu le 3 janvier 1947, plus de six millions de nouveaux arrivants sont devenus Canadiens, comme vous, comme moi. C’est autant, sinon davantage que toute la population d’une province canadienne.
Ici, nous trouvons ici l’idéal d’une société où toutes les citoyennes et tous les citoyens sont égaux en droit.
Ici, nous avons des droits, certes, mais aussi des responsabilités qui viennent avec cette nouvelle citoyenneté.
Je vous invite à saisir toutes les occasions d’animer notre société de votre apport unique.
La démocratie repose sur notre volonté d’agir précisément là où nous vivons et où nous choisissons de nous enraciner. C’est-à-dire sur toute l’étendue d’un pays généreux où nous avons le privilège de pouvoir rêver grand, pour le bien des nôtres et de l’ensemble.
C’est ainsi que notre pays peut s’enrichir et prospérer.
Sachez que notre citoyenneté est un pacte de solidarité entre les personnes qui font que ce pays existe.
Et que ce pacte de solidarité est d’autant plus fort qu’il repose sur des valeurs de justice et de liberté qui font l’envie du monde entier.
Permettez-moi de citer à nouveau ce texte qui paraît dans la première Déclaration canadienne des droits, adoptée et signée en 1960 par le premier ministre John Diefenbaker, qui nomma le premier gouverneur général francophone de l’histoire de ce pays, George Vanier.
C’est un texte qui résonne en moi comme une parole d’espoir, alors que tant de populations dans le monde vivent sous le joug de l’oppression :
« Je suis Canadien, un Canadien libre, libre de m’exprimer sans crainte, libre de servir Dieu comme le l’entends, libre d’appuyer les idées qui me semblent justes, libre de m’opposer à ce qui me semble injuste, libre de choisir les dirigeants de mon pays. Ce patrimoine de liberté, je m’engage à le sauvegarder pour moi-même et pour toute l’humanité. »
Voilà ce à quoi vous vous engagez aujourd’hui.
Que tous mes vœux de bonheur et de succès vous accompagnent. Et bonne fête du Canada!
