Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion du lancement officiel de Celebridée : Une célébration d’idées

Ce contenu est archivé.

Rideau Hall, le samedi 5 mai 2007

C’est avec un immense plaisir que je vous accueille à Rideau Hall pour cet événement tout à fait particulier.

Rideau Hall est un lieu des plus appropriés pour marquer le lancement du Festival canadien des tulipes, à la fois une merveilleuse célébration du printemps et de l’amitié entre les nations.

Ici, le printemps est une période toute spéciale. Chaque année, des visiteurs y viennent pour se promener dans le domaine et admirer le beau parc.

Rideau Hall est également un symbole de l’amitié qui lie le Canada à tant d’autres pays du monde. Tout au long de l’histoire, ce lieu a accueilli de nombreux leaders mondiaux, comme vous pouvez le constater en voyant les noms qui sont gravés sous les arbres plantés par ces invités de marque au fil des ans.

Cette année, Rideau Hall ajoute un nouvel élément à sa relation avec le Festival des tulipes, en accueillant la toute première discussion de Celebridée.

Celebridée — une célébration d’idées —  est un ajout des plus intéressants au programme du Festival des tulipes de cette année. Et comme il s’agit d’une série de causeries données par d’éminents Canadiens et Canadiennes, je suis convaincue que Celebridée deviendra un des volets très courus de ce festival.

Vous me voyez évidemment ravie d’être l’hôte du tout premier exposé ici aujourd’hui et d’accueillir la personne qui va diriger la discussion — la célèbre historienne Margaret MacMillan.

Comme vous le savez tous, le thème de l’exposé d’aujourd’hui est « La puissance des idées ». Personne, à mon avis, ne pouvait mieux traiter ce sujet, étant donné que « la puissance des idées » est une notion que l’on retrouve au cœur des écrits de Mme MacMillan.

Dans son célèbre ouvrage Paris 1919, nous observons le pouvoir que revêtent des idées telles que le nationalisme et l’autodétermination, le désarmement, l’indemnisation des victimes de guerre, et si, en 1919, les États-Unis devraient jouer un rôle plus dominant dans les affaires mondiales.

Dans le dernier livre de Mme MacMillan, Nixon in China, les lecteurs auront l’occasion de réfléchir sur les idées qui ont inspiré le président Nixon, longtemps opposé au communisme, à se rendre en Chine pour sa rencontre historique et sans précédent avec Mao Zedong.

Ce que démontrent clairement ces exemples et bien d’autres, c’est l’ampleur de la puissance que peuvent avoir les idées.

Toutes les grandes  transformations qui ont eu lieu au cours de l’histoire n’étaient au début que de simples idées, le fruit de l’imagination de certains individus.

L’écriture, le renouvellement esthétique, la démocratie, la circumnavigation, l’état nation, l’industrialisation, l’égalité des femmes, les soins de santé publique; un Canada bilingue et multiculturel; un ordinateur dans chaque foyer; la cartographie du génome humain; la problématique du changement climatique — il fallait bien que des gens aient conceptualisé ces choses-là avant qu’on ne passe à l’action.

Jamais n’a-t-on eu autant accès qu’aujourd’hui à des œuvres d’imagination et aux connaissances universelles.

Au Canada, nous vivons et travaillons dans « l’économie du savoir »; les nouvelles idées sont essentielles à notre succès économique.

Et c’est également grâce aux nouvelles idées que nous pouvons trouver des solutions aux enjeux qui se posent à la société.

Nous avons en effet besoin de nouvelles idées.

De nouvelles idées pour engager les jeunes dans le processus démocratique.

De nouvelles idées pour renouveler le dialogue avec de nombreuses collectivités autochtones.

De nouvelles idées pour trouver des carburants nouveaux et plus pratiques.

De nouvelles idées pour faire en sorte que notre population vieillissante ait tous les moyens de jouir d’une vie remplie et de contribuer pleinement à la société.

De nouvelles idées pour aider à bâtir une société inclusive, où citoyennes et citoyens de tous les milieux puissent bénéficier des mêmes possibilités.

De nouvelles idées pour susciter un dialogue des civilisations afin de lutter contre le barbarisme sous toutes ses formes.

De nouvelles idées qui n’émergeront qu’à la condition d’être solidaires et de réaffirmer nos valeurs collectives, des valeurs qui représentent un espoir pour l’humanité.

Voilà pourquoi je félicite les organisateurs du Festival des tulipes pour avoir lancé Celebridée. Nul doute que Mme MacMillan et les autres experts sauront susciter en nous la réflexion.

Alors sans plus tarder, il est temps, je crois, d’entrer dans le vif du sujet. Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre présence et vous souhaite une discussion inspirante et enrichissante!