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Rideau Hall, le mercredi 25 avril 2007
Monsieur le Président, l’année dernière marquait le 50e anniversaire de la révolution de 1956.
Page importante de l’histoire du siècle dernier où le peuple hongrois s’est mobilisé avec l’espoir de se délivrer du joug de l’empire soviétique.
Les ondes de choc de cette révolution ont traversé l’océan Atlantique et sont parvenues jusqu’à nous, au Canada.
Après l’écrasement de ce soulèvement par l’armée soviétique, les Canadiennes et les Canadiens ont accueilli 40 000 réfugiés qui fuyaient l’oppression et la tyrannie.
Nous avons ouvert nos portes et nos cœurs à des personnes dont le seul crime était de vouloir vivre libres.
Notre volonté de répondre à l’appel de vos concitoyennes et concitoyens s’explique par les liens d’amitié qui unissent la Hongrie et le Canada.
Ce sont des liens qui se sont forgés dès les premières années d’existence de notre jeune pays.
En effet, dans les années 1880, le Canada a offert à des immigrants hongrois l’occasion de s’installer ici avec leurs familles, pour se faire une nouvelle vie.
Et ces femmes et ces hommes se sont engagés avec ferveur à contribuer à l’édification de notre société.
Depuis, les Hongroises et les Hongrois ont été nombreux à venir au Canada et nous ont enrichis de leur ardeur au travail, de leur ingéniosité et de leur héritage culturel.
Un grand nombre de Canadiennes et de Canadiens d’origine hongroise ont atteint les plus hauts sommets dans les divers champs de l’activité humaine.
Je pense notamment à Ivan Fellegi, statisticien en chef du Canada, dirigeant « le meilleur bureau de statistique au monde », selon The Economist.
À George Jonas, écrivain réputé et journaliste émérite.
À Robert Lantos, l’une des figures clés de l’industrie audiovisuelle au Canada.
À Peter Munk, l’un des hommes d’affaires et philanthropes les plus proéminents au pays.
À John Polanyi, qui a reçu le prix Nobel en 1986 pour ses recherches innovantes dans le domaine de la chimie.
Et à Anna Porter, auteure et éditrice qui a joué un rôle de premier plan dans la promotion des auteurs canadiens à l’étranger.
Ces figures de proue ont également contribué à mieux nous faire connaître la Hongrie.
La collaboration entre les gouvernements du Canada et de la Hongrie a certes bénéficié de ces échanges fructueux.
Mais elle ne date pas d’hier.
En fait, le premier accord officiel entre nos deux pays a été signé il y a 131 ans! Il s’agit d’un traité d’extradition qui est toujours en vigueur.
Bien d’autres ententes ont été signées depuis. Que ce soit, par exemple, les nombreux traités conclus sur des sujets tels que la procédure juridique, la protection des investissements, la coproduction de films et de vidéos, ou un accord sur le transport aérien.
Nous sommes également des partenaires au sein de plusieurs organismes internationaux, dont l’Organisation des Nations Unies, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, l’Organisation de coopération et de développement économiques et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.
Justement, en ce qui concerne l’OTAN, je suis heureuse de souligner le fait que le Canada a été l’un des premiers pays membres à encourager l’expansion de l’Alliance, et que c’est avec la plus grande fierté que nous avons été les tout premiers à ratifier l’élargissement de cette organisation.
Depuis, nos deux pays ont renforcé leur relation dans le domaine de la coopération militaire, comme en témoigne l’accord de 17 ans que la Hongrie et le Canada ont signé en 2002 pour la formation de pilotes militaires hongrois dans le cadre du Programme d’entraînement en vol de l’OTAN au Canada.
N’oublions pas, par ailleurs, que des troupes de nos deux pays ont servi ensemble en Bosnie et font actuellement partie de la Force internationale d’assistance à la sécurité de l’OTAN en Afghanistan.
Voici qu’après des décennies de guerre et de détresse, les Afghanes et les Afghans tentent de jeter les nouvelles fondations d’un avenir où ils pourront vivre en sécurité et aspirer à la stabilité.
Je pense ici à ce proverbe hongrois qui en dit long sur notre volonté commune de venir en aide à celles et à ceux qui en ont le plus besoin : « Si quelqu’un te lance une pierre, lance-lui du pain. »
La collaboration entre la Hongrie et le Canada n’a cessé de grandir dans plusieurs autres domaines ces dernières années.
Par exemple, nos pays entretiennent aujourd’hui de solides relations commerciales.
Les importations de la Hongrie croissent à une vitesse impressionnante.
Signe de la confiance que les entrepreneurs canadiens ont en votre pays, les investissements directs du Canada en Hongrie ont atteint 6,78 milliards de dollars en 2005.
Monsieur le Président, soyez assuré que votre visite au Canada ne fera que raffermir les liens déjà étroits entre nos deux pays.
Pour reprendre l’expression de Imre Kertesz, prix Nobel de littérature en 2002, que ces liens qui nous unissent réaniment en nous tous l’espoir de réaliser « ce que la vie aspire à atteindre », pour le plus grand bien de l’humanité.
Mesdames et messieurs, veuillez vous joindre à moi et porter un toast au peuple hongrois.… Longue vie à notre amitié!
