Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion de la remise du Prix du Gouverneur général pour l’entraide

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Halifax, le mardi 13 février 2007

Mon mari Jean-Daniel Lafond et moi-même sommes enchantés d’être ici, en Nouvelle-Écosse, et en présence de personnes dont la générosité, la compassion et le courage incarnent l’espoir pour tant de leurs concitoyennes et concitoyens.

« Briser les solitudes », telle est la devise que j’ai choisie. Elle est à l’image du Canada que je souhaite pour nous tous et pour les générations à venir.

Par solitudes, et j’insiste sur le pluriel, j’entends celles auxquelles se trouvent confinés trop de nos semblables, en raison de leur âge, de leur race, de leur langue, de leur origine, de leur croyance, de leur sexe, ou de leur capacité.

J’ai la conviction profonde que l’étroitesse du « chacun pour soi », qui en marque plusieurs au fer de l’exclusion, quand elle ne les accule pas au désespoir, n’a pas sa place parmi nous.

Certainement pas dans un pays qui s’est bâti et qui continue de se bâtir sur les valeurs de respect, de partage et de tolérance.

À titre de gouverneure générale du Canada, je compte saisir toutes les occasions de donner la parole à celles et ceux qui ne l’ont pas, les jeunes, les exclus, les sans-voix.

Et de reconnaître celles et ceux qui ont à cœur de « briser les solitudes » autour d’eux et de favoriser, par mille et un gestes, l’inclusion plutôt que l’exclusion, le dialogue plutôt que l’indifférence, l’ouverture à l’autre plutôt que le repli sur soi.

Depuis que j’ai entrepris de sillonner notre vaste territoire, d’est en ouest, et du sud au nord, j’ai rencontré des femmes, des hommes et des jeunes qui ont l’audace de rêver grand et la détermination d’agir pour le bien commun.

Nous avons aujourd’hui le privilège d’être entourés de six de ces personnes exceptionnelles, qui sont notre véritable richesse collective.

C’est pour moi un plaisir immense que de vous les présenter et de les remercier au nom de la population canadienne.

À George Gabriel Aucoin, de Cheticamp, qui, après une longue carrière dans les Forces canadiennes, s’emploie à aider les personnes moins nanties de sa communauté, je dis merci.

À Arthur « Sonny » Foster, de Amherst, qui a communiqué à tant de jeunes filles et garçons la passion pour le baseball et les a sensibilisés aux effets néfastes de la toxicomanie, je dis merci.

À Gloria Goodwin, de Yarmouth, dont les idées novatrices ont bénéficié grandement à plusieurs organisations communautaires, notamment celles vouées à l’alphabétisation, je dis merci.

À Laura Middleton, de Mount Uniacke, pour son aide inlassable aux enfants et aux familles défavorisées, je dis merci.

À Cecil R. Small, de Amherst, qui participe depuis plus de 50 ans à l’essor des sports récréatifs comme le baseball dans sa communauté, et à des campagnes de sensibilisation contre la drogue, je dis merci.

À Doreen Joy Tillotson, de Wolfville, pour ses efforts remarquables en vue d’améliorer la situation du logement social et pour son engagement auprès des personnes confinées à domicile, je dis merci.

Merci à chacune et à chacun de vous qui nous rappelez avec autant de force qu’il faut avoir le cœur à l’échelle de ce pays : c’est-à-dire grand et inépuisable!