Ce contenu est archivé.
Rideau Hall, le mercredi 13 décembre 2006
Je viens de vivre une grande aventure au cœur du continent des origines.
En Afrique, d’où je rentre à peine, chaque chose vue, chaque parole entendue, chaque être rencontré, chaque geste posé, chaque paysage dans la lumière, tout était matière à raconter.
Raconter pour préserver et prolonger chaque instant de cette expérience dans un acte de partage.
Lieux de rencontre, de connaissance, de révélation, de prise de conscience et d’évasion, or, voilà ce que sont les livres. En mouvement, comme la vie elle-même. Un déferlement de questions et autant de réponses.
Nous qui avons le privilège de vivre dans la proximité des livres, rappelons-nous que ceux-ci manquent cruellement à plusieurs de nos concitoyens et davantage encore ailleurs dans le monde.
Les livres donnent à apprendre, à rêver, à réfléchir, à penser et à repenser notre vision du monde. Ils sont porteurs d’idées et de valeurs. Ils témoignent de notre vitalité créatrice.
Quand on vit dans un lieu où les livres foisonnent comme les feuilles des arbres, on a une responsabilité : celle de les rendre accessibles et de propager le plaisir et la nécessité de lire.
Ce soir, nous rendons hommage aux livres. Mais aussi et surtout à ceux qui les créent.
Je veux parler de ces passeurs d’idées, d’images et de langues sans lesquels le voyage fabuleux dans l’esprit d’un autre humain que soi serait impossible.
Je veux parler aussi de ces relieurs qui, comme Lise Dubois, transforment la matérialité même du livre en un hymne à la beauté. Je tiens d’ailleurs à souligner la présence de Mme Dubois parmi nous ce soir.
Chaque auteur est un artiste doublé d’un penseur qui livre au monde sa parcelle de grâce et de sens. Chaque livre est un chant de plus dans le concert des voix du monde.
Il faut applaudir les auteurs pour le plaisir qu’ils nous procurent, mais aussi pour la protection qu’ils nous offrent contre la pensée unique en nous conviant à nous ouvrir à l’autre, aux autres.
La remise des Prix littéraires du gouverneur général, dont nous célébrons ce soir le soixante-dixième anniversaire, nous donne l’occasion de réfléchir à ce que représentent les livres dans nos vies, et à ce que serait le monde sans eux.
Imaginons un instant un monde sans histoires, sans réflexion, sans poésie …
À tous les auteurs et créateurs du livre, nous disons ce soir merci et bravo.
Je vous invite maintenant à saluer les lauréats des prix du gouverneur général 2006 : Andrée Laberge et Peter Behrens, pour leurs « romans et nouvelles »; Hélène Dorion et John Pass pour leur « poésie »; Evelyne de la Chenelière et Daniel MacIvor pour leur « théâtre »; Pierre Ouellet et Ross King pour leurs « études et essais ».
Dany Laferrière et William Gilkerson pour leurs textes de « littérature jeunesse »; Rogé et Leo Yerxa pour leurs illustrations de « littérature jeunesse » ainsi que Sophie Voillot et Hugh Hazelton pour leurs « traductions ».
À vous tous, lauréats des Prix littéraires du gouverneur général de 2006, je souhaite une longue et fructueuse carrière. Continuez d’écrire.
Car écrire, c’est avant tout briser les murs du silence et c’est crier sa liberté à la face du monde.
Je vous félicite chaleureusement et vous remercie de tout cœur.
