Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion de la revue annuelle de la garde de cérémonie

Ce contenu est archivé.

Ottawa, le mercredi 28 juin 2006

À titre de commandante en chef des Forces canadiennes et de colonel honoraire des Governor General’s Foot Guards et des Canadian Grenadier Guards, je suis très heureuse d’avoir le privilège  d’inspecter la garde de cérémonie, au moment où elle s’apprête à assumer ses fonctions estivales.

Vous êtes sans doute nombreux à savoir qu’il y a déjà 47 ans que la garde de cérémonie s’acquitte de ses tâches publiques dans la capitale nationale. Cette année marque également le 25e anniversaire de la musique de la garde de cérémonie.

Ces deux anniversaires rappellent à ces jeunes femmes et à ces jeunes hommes alignés devant nous aujourd’hui qu’ils doivent se montrer à la hauteur de cette tradition. Après l’inspection que je viens de faire, permettez-moi de vous dire à quel point ils font honneur à leurs prédécesseurs.

Nous pourrions être tentés, en admirant la précision de leurs mouvements et la solennité des circonstances, de croire que ces deux régiments qui forment la garde de cérémonie ne jouent qu’un rôle cérémoniel.

Or, rien n’est plus éloigné de la réalité.

En fait, ces deux régiments se sont distingués sur le champ de bataille à maintes reprises.

En effet, les Canadian Grenadier Guards et les Governor General’s Foot Guards étaient au front lors de très nombreux conflits armés qui ont marqué notre histoire et qui ont façonné notre esprit national.

Ils étaient là, par exemple, durant la Rébellion du Nord-Ouest en 1885 et la guerre des Boers de 1899-1900. Ils étaient là durant la Première Guerre mondiale, lors des batailles d’Ypres, de la Somme, de Vimy, de Passchendaele et de plusieurs autres.

Ils étaient là durant la Seconde Guerre mondiale, combattant jusqu’au bout de leurs forces dans des théâtres d’opérations comme Falaise, la Scheldt et l’Hochwald, entre autres. Il convient d’ailleurs de souligner que, parmi les douze Canadiens morts au champ d’honneur le dernier jour de la guerre, deux étaient membres des Canadian Grenadier Guards.

Cet engagement à servir outre-mer se poursuit, puisque certains  membres de ces régiments ont participé à des missions de l’ONU et de l’OTAN.

Ainsi, les femmes et les hommes qui forment la garde de cérémonie cet été représentent à la fois un lien vital avec l’illustre passé de notre nation et l’incarnation des qualités les plus admirables du Canada.

Je sais que vous avez tous subi un entraînement rigoureux pour venir ici; je vous félicite pour votre persévérance et vos compétences. C’est avec plaisir que je souligne également le fait que plusieurs d’entre vous comptent se joindre aux Forces régulières.

Notre pays a toujours eu besoin d’hommes et de femmes qui se donnent volontairement pour défendre nos droits et nos valeurs démocratiques. Cela est aussi vrai aujourd’hui, en Afghanistan et en d’autres régions troublées du globe, que ce l’était il y a 90 ans à Beaumont-Hamel et à la Somme.

Chaque été, les Canadiennes et les Canadiens ainsi que des visiteurs étrangers viennent en grand nombre dans la capitale nationale pour assister au changement de la garde, parce qu’ils admirent la précision des mouvements, mais aussi parce qu’ils ont la plus grande estime pour nos forces armées.

Les Canadiennes et les Canadiens reconnaissent les efforts courageux de nos militaires, et ils apprécient votre contribution.

Votre amour pour la patrie et votre sens élevé du devoir font la plus grande admiration de vos concitoyennes et de vos concitoyens, et je vous en félicite en leur nom. Je souhaite à chacune et à chacun d’entre vous un été des plus enrichissants! Je suis heureuse d’avoir vécu ce moment tant attendu de votre saison estivale avec vous.

Merci.