Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion de la cérémonie d’accueil officielle

Ce contenu est archivé.

Regina, le lundi 8 mai 2006

Mon mari, Jean-Daniel Lafond, et moi sommes ravis de commencer ici, à Regina, notre première visite officielle en Saskatchewan.

Quand on regarde autour de nous aujourd’hui, il est difficile d’imaginer que cet endroit ait déjà été baptisé « tas d’ossements ». Beaucoup plus poétique, le nom « Wascana » reflète la splendeur de votre environnement naturel, une géographie qui façonne si profondément votre culture et l’âme de vos habitants!

Je ne suis pas sans savoir que les brusques et importantes fluctuations de température sont propres à cette « terre des cieux vivants ». Et que cela fait partie de votre caractère, vous les gens qui avez choisi de vivre en Saskatchewan.

La philosophie des premiers colons a longtemps été l’autonomie, c’est-à-dire la capacité de s’adapter pour pouvoir survivre. Cette endurance légendaire, dont on peut s’inspirer, fait partie de l’histoire de la Saskatchewan que je souhaite découvrir davantage lors de mon séjour ici, puis partager plus tard avec d’autres Canadiens. Cette première visite que je fais ici n’est que le début d’un dialogue que je m’engage à poursuivre.

J’en profite pour saluer les efforts des Fransaskois qui luttent chaque jour pour maintenir bien vivantes leur culture et la langue française. Nous aurons, mon mari et moi, l’occasion de vous rencontrer et de vous entendre.

Cet après-midi, j’aurai le privilège de faire une visite à l’Assemblée législative et de m’entretenir avec vos élus. Demain, je suis « appelée » à visiter la magnifique région de Fort Qu’Appelle. J’ai hâte d’y engager avec les gens une discussion valable et d’apprendre de la sagesse des aînés, de même que des expériences et des difficultés que vivent les jeunes de cette communauté.

Demain, le maire Pat Fiasco me parlera des projets de revitalisation du quartier North Central Regina. Enfin, je suis très impatiente d’assister, mercredi, à une pièce du NightWind Theatre, un groupe communautaire de jeunes, puis de rencontrer 12 femmes, qui sont des chefs et des sages de divers coins de la province.

Finalement, un voyage à Regina ne serait pas complet sans une visite à l’École de la Gendarmerie royale!

Mais avant tout, je tiens à honorer certaines et certains d’entre vous.

L’année dernière, le Canada a marqué le 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, en rendant hommage à ses anciens combattants. En célébrant leur courage et leur volonté acharnée de préserver les idéaux de la démocratie. En reconnaissant leur sacrifice et la dette que nous avons envers eux.

Cette année, il est donc tout à fait à propos d’honorer les dizaines de milliers de femmes qui avaient fait la connaissance de Canadiens à l’étranger et qui les avaient épousés, puis qui étaient arrivés avec eux au Canada, apportant une grande richesse à leur pays d’adoption.

En Saskatchewan seulement, 8 000 épouses de guerre sont arrivées ici pour commencer une vie nouvelle, différente de tout ce qu'elles avaient connu jusqu'alors. Elles ont souffert de la solitude et de l’isolement que ressentent de nombreux immigrants.

Malgré tout, la plupart des épouses de guerre sont restées ici.

Leur intégration et leur endurance témoignent de la fierté et de la détermination avec lesquelles elles ont choisi de faire face à des situations parfois extrêmement difficiles. En fait, elles se sont tellement bien assimilées que nous avons toujours pris pour acquis leur contribution à l’édification du Canada d’après-guerre.

C’est donc avec le plus grand plaisir que je tiens à leur exprimer, au nom de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens, notre sincère gratitude pour les sacrifices qu’elles ont faits. À saluer leur courage et leur volonté. À leur rendre hommage au même titre qu’aux braves soldats qu’elles ont épaulés.

Nous vous remercions pour votre persévérance. Pour avoir aidé à créer la Saskatchewan d’aujourd’hui.

Merci.