Remise des Prix d’histoire du Gouverneur général

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Rideau Hall, le lundi 10 décembre 2012

 

Nous vous souhaitons la bienvenue à Rideau Hall, la maison historique du peuple canadien.

J’aimerais débuter en partageant avec vous les propos de Ross King, un historien de l’art qui était ici le mois dernier pour recevoir le Prix littéraire du Gouverneur général, dans la catégorie Essais, pour son livre sur Leonardo da Vinci et le tableau La Cène.

Au sujet de l’étude de l’histoire, il a dit qu’une histoire devenait intéressante lorsqu’on arrivait à aller au-delà du mythe.

Ce qu’il voulait dire, c’est que la vie et l’époque des personnages historiques comme Leonardo da Vinci sont souvent plus intéressantes que nous le pensons. Au début, King voulait écrire un roman historique, mais il s’est rendu compte qu’il y perdrait puisque les faits étaient encore plus captivants qu’il ne l’avait cru.

Comme le veut le dicton, la réalité dépasse souvent la fiction!

En tant qu’étudiants et enseignants de l’histoire canadienne, vous comprenez à quel point notre passé est fascinant, pertinent et rempli d’anecdotes remarquables. Vous savez que l’histoire — avec ses détails apparemment sans fin et toutes ses variations — ne se répète pas et que le passé peut nous aider à faire la lumière sur le présent.

J’ai consacré une bonne partie de ma carrière à l’éducation. À cette époque, je demandais à mes étudiants de dresser le contexte historique des événements qu’ils examinaient. En tant que gouverneur général, je m’inspire souvent de l’histoire canadienne dans les discours que je prononce, tant au Canada qu’à l’étranger.

Notre histoire est une source d’inspiration. Prenons par exemple David Thompson, qui est né dans la misère en Angleterre, au 18e siècle, mais qui a su devenir l’un des plus grands explorateurs de l’Ouest du Canada.

Parfois, l’histoire révèle les côtés plus sombres de la nature humaine. Je pense entre autres aux émeutiers qui ont incendié le premier parlement du Canada, à Montréal, le 25 avril 1849, alors que les députés étaient en session. Cet incident nous rappelle que la démocratie parlementaire au Canada est le fruit d’une lutte acharnée et qu’il ne faudrait pas la tenir pour acquise.

Il est essentiel de comprendre notre passé unique et de retenir les leçons apprises de nos prédécesseurs. Le Canada n’est pas né du miracle, et c’est pourquoi je suis enchanté de souligner les efforts que vous consacrez à l’étude et à l’enseignement de notre histoire.

À votre façon, vous êtes des conteurs. Vous savez que les histoires — les histoires vraies et bien racontées — aiguisent notre sens de l’histoire. Je suis particulièrement heureux de constater les diverses méthodes que vous employez pour apprendre et transmettre les événements de notre passé. Vous êtes des enseignants, des chercheurs, des curateurs et des concepteurs de programmes communautaires. Vous êtes des illustrateurs, des conteurs et des spécialistes des médias.

La portée et la diversité de vos travaux sont importantes, comme le faisait remarquer la défunte Jane Jacobs :

« Les détails d’une culture complexe et vivante ne sont généralement pas retransmis par écrit ou dans des images. Au contraire, la culture vit dans la parole, dans l’exemple. C’est pourquoi il y a des cours de cuisine et des démonstrations culinaires, en plus des livres de cuisine. C’est pourquoi il y a des formations en apprentissage, des stages, des visites pour étudiants, des formations en emploi ainsi que des manuels. » [Traduction]

Voilà la raison d’être des Prix du gouverneur général pour l’histoire, qui célèbrent toutes ces formes d’études et de cours sur l’histoire au Canada.

Aujourd’hui, nous soulignons les efforts que vous vouez à l’apprentissage et à la transmission de notre expérience canadienne. Votre contribution à la création de la nation bienveillante dont nous rêvons est essentielle.

Au nom de tous les Canadiens, je vous remercie et je vous félicite!