Remise des Prix du Duc d’Édimbourg

Ce contenu est archivé.

Winnipeg, le jeudi 20 octobre 2011

 

Je suis ravi d’être ici aujourd’hui pour cette remise des Prix du Duc d’Édimbourg.  

Au cours de l’année, j’ai eu le privilège de rencontrer des centaines de jeunes récipiendaires de ces prix dans diverses villes du Canada. J’ai été inspiré, en tant que gouverneur général, par leurs réalisations et par leurs rêves dont ils m’ont fait part. Ils m’ont rappelé que le pays que nous désirons est un but à atteindre et non un acquis.

Vous êtes un groupe de leaders spéciaux, car vous donnez le ton; vous créez la norme en matière de leadership, en faisant votre part pour votre collectivité.

« Il ne faut pas demander ce que notre pays peut faire pour vous
Il faut nous demander ce que nous pouvons faire pour notre pays. »

Que pouvez-vous faire pour établir cette norme? Eh bien, voilà :

En 2017, nous célébrerons notre 150e anniversaire en tant que nation canadienne. Dans la perspective de cet événement important, je vous invite à imaginer le genre de pays dans lequel vous souhaitez vivre.

Notre confédération d’un genre unique est l’aboutissement de nombreuses années de planification et d’une étude approfondie de la véritable nature de la société canadienne. Ce fut en outre une occasion pour nos ancêtres de rêver de l’avenir. 

J’estime que pour nous maintenant, ce 150e anniversaire est l’occasion idéale d’imaginer et de planifier l’avenir.

Vous direz peut-être, « Le leadership que je peux offrir n’est pas à la hauteur – ce n’est qu’une goutte dans l’océan. »

Permettez-moi alors de vous raconter mon histoire préférée de « goutte dans l’océan ».

Il y a une vingtaine d’années, mère Térésa est venue à Montréal pour donner une conférence. L’une de nos voisines, émue par le travail de mère Térésa auprès des pauvres de Calcutta lui a demandé comment elle pourrait venir en aide. Mère Térésa lui a répondu ceci : « Vous n’avez qu’à regarder autour de vous. Dans votre quartier, il y a une famille qui a besoin de vos soins et de votre amour. »

Peu de temps après, j’ai lu un article où l’œuvre de mère Térésa était critiquée. Le refuge qu’elle avait établi à Calcutta accueillait 200 personnes démunies dans une ville qui compte des millions de pauvres vivant dans les conditions les plus misérables qui soient. Son travail était décrit comme étant une petite goutte dans l’océan.  

Or, quelques semaines plus tard, je me suis rendu compte du point faible de cette critique. L’auteur voyait l’œuvre de mère Térésa du point de vue de la physique plutôt que du point de vue de la chimie.

En effet, par sa compassion, mère Térésa transformait la vie des gens autour d’elle. À leur tour, ces personnes allaient pouvoir transformer les choses pour le mieux. C’est ainsi que se transforment des collectivités et des sociétés tout entières, une bonne action à la fois.

Avant de terminer, j’aimerais vous citer deux lignes de mon poème favori de George Bernard Shaw, « Certains regardent les choses comme elles sont et demandent ‘Pourquoi?’. Nous rêvons de choses comme elles devraient être, et demandons ‘Pourquoi pas?’ ».