Présentation des lettres de créance (Arménie, France, Lettonie, Géorgie, Corée, Angola)

Ce contenu est archivé.

La Citadelle, le lundi 19 septembre 2011

 

Mon épouse Sharon et moi-même sommes ravis de vous accueillir à la Citadelle, dans la ville historique de Québec.

L’édifice où nous nous trouvons sert de résidence vice-royale officielle depuis la Confédération du Canada, en 1867. Quant à la ville de Québec, son histoire remonte à quatre siècles, plus précisément à Samuel de Champlain — premier gouverneur du Canada, bien qu’il n’en ait jamais reçu le titre.

En qualité de gouverneur général, je puise souvent dans notre passé. Or, sachez que Champlain était de l’une des premières rencontres diplomatiques les plus marquantes de l’histoire canadienne, qui a eu lieu non loin d’ici, à Tadoussac, en bordure du fleuve Saint-Laurent.

C’est en effet à Tadoussac, au printemps 1603, que Champlain et ses compagnons français rencontraient pour la première fois des membres de trois Premières nations, les Montagnais, les Algonquins et les Etchemins, qui s’étaient réunis pour une vaste assemblée régionale qu’on appelait alors la « Grande Tabagie ». Ce premier contact était peut-être le fruit du hasard, mais Champlain et les chefs autochtones n’en ont pas moins profité pour faire connaissance et établir de bonnes relations qui leur seraient avantageuses à tous.

Ainsi que l’écrivait l’historien David Fischer — gagnant du Prix Pulitzer — dans le livre intitulé Le rêve de Champlain, c’était là le début d’une importante alliance.

« La dignité et le respect avaient marqué leurs échanges [entre les Européens et les chefs des Premières nations]. Ils avaient ainsi créé une atmosphère de confiance qui était essentielle aux relations entre Européens et Indiens. Plus tard, ils veillèrent aussi à nourrir cette confiance. Quand la confiance régnait, tout devenait possible. »

Comme eux, je vous accueille rempli d’espoir et d’optimisme à cette présentation de lettres de créance. Même si notre monde se transforme à vive allure et nous apporte sans cesse des nouveautés, en diplomatie, le respect et la confiance demeurent des conditions fondamentales, aussi bien qu’au temps de Champlain.

Monsieur l’Ambassadeur Yeganian, vous connaissez déjà les Amériques, ce qui sera un atout pour vous au Canada, j’en suis certain. J’aimerais particulièrement parler avec vous de vos études universitaires en histoire et en apprendre davantage sur le riche patrimoine arménien, plusieurs fois millénaire.

Le Canada est heureux d’avoir l’Arménie comme alliée et partenaire dans des secteurs de plus en plus nombreux. Les Canadiens et les Arméniens sont fiers d’entretenir des relations commerciales et culturelles harmonieuses, et nous nous réjouissons à la perspective de poursuivre notre collaboration en vue d’atteindre nos objectifs communs au sein des tribunes multilatérales, comme la Francophonie.

Monsieur l’Ambassadeur Zeller, je suis persuadé que vous écrirez au Canada un chapitre captivant de votre illustre carrière dans le service extérieur. Entre autres sujets, je suis impatient de discuter de votre rapport sur l’adoption internationale ainsi que de nos progrès dans la promotion de la mobilité des jeunes du Canada et de la France. Je vous souhaite, à vous et à votre famille, la meilleure chance possible alors que vous apprêtez à découvrir notre pays magnifique.

Et quoi de mieux que de commencer par la ville de Québec, qui nous rappelle les liens historiques profonds unissant le Canada et la République française. Aujourd’hui encore, notre collaboration se poursuit au sein de diverses organisations. Pensons au G8, au G20, à l’OTAN et à la Francophonie. Main dans la main, Canadiens et Français s’efforcent d’approfondir les liens économiques et culturels entre nos deux pays. Ils travaillent aussi à l’amélioration de la démocratie, de la santé et de la stabilité dans des pays tels que la Libye, Haïti et l’Afghanistan.

Monsieur l’Ambassadeur Audarinš, vous et moi nous intéressons aux arts et à la culture. À titre de gouverneur général, j’ai souvent le privilège de rencontrer de grands artistes canadiens et de rendre hommage à leur œuvre, ce qui me permet de croire que notre culture vibrante saura vous plaire, à vous et aux vôtres.

Depuis un bon nombre d’années, la Lettonie et le Canada jouissent d’une belle amitié, nourrie par le dynamisme de la communauté lettone au Canada, et renouvelée périodiquement à la faveur de nos efforts de coopération bilatérale. L’élargissement de nos liens commerciaux, notre partenariat à l’OTAN et le travail que nous accomplissons ensemble en Afghanistan, voilà autant de facteurs qui consolident notre relation. Je profite de l’occasion pour vous féliciter, au nom du Canada, en ce vingtième anniversaire de la restauration de l’indépendance de la Lettonie.

Monsieur l’Ambassadeur Metreveli, l’expérience que vous avez acquise dans les sphères politique et universitaire et au service extérieur sera pour vous gage de succès dans vos nouvelles fonctions. Comme j’ai moi-même passé une bonne partie de ma vie dans le milieu universitaire avant de devenir gouverneur général, je m’intéresse grandement à l’éducation et au secteur public, sujets dont il me tarde de m’entretenir avec vous. 

La relation entre le Canada et la Géorgie a été solidifiée par notre coopération à l’Organisation mondiale du commerce et par nos efforts conjugués pour ramener la paix et la stabilité en Afghanistan. Les Canadiens sont favorables à l’engagement que vous avez pris de promouvoir le commerce et l’économie de marché.

Monsieur l’Ambassadeur Nam, vous et moi avons eu un parcours universitaire semblable, puisque nous avons tous deux étudié au Royaume-Uni et à Harvard. Je n’ai pas de doute que vos connaissances poussées des affaires internationales et du domaine de la sécurité vous seront fort utiles dans votre nouveau poste. Je vous souhaite, ainsi qu’à votre famille, de vous adapter sans difficulté à votre nouvelle vie à Ottawa.

Je suis enchanté de voir que l’amitié entre la République de Corée et le Canada continue de croître. Les liens noués entre nos deux peuples sont très solides; à preuve, nous comptons près de 200 000 Canadiens d’origine coréenne sur notre territoire, tandis que quelque 20 000 Canadiens vivent et travaillent en Corée. Ces liens, tout comme notre attachement à l’action multilatérale, au commerce ainsi qu’à la non-prolifération nucléaire et au désarmement, constituent le fondement de notre amitié.

Monsieur l’Ambassadeur Agostinho Tavares, vous constaterez assurément que votre expérience à titre de diplomate de carrière saura vous servir au Canada. On me dit que vous avez eu de nombreux échanges avec notre consul honoraire à Luanda pour vous préparer à cette nouvelle affectation. Je vous invite maintenant à explorer plus à fond les attraits diversifiés de notre magnifique pays.

Les conditions sont réunies pour que les relations d’amitié bien établies entre le Canada et la République d’Angola se développent davantage. Nous avons élargi nos relations commerciales, ce dont je me réjouis. Je tiens d’ailleurs à féliciter l’Angola d’avoir accepté la présidence de la Communauté de développement de l’Afrique australe. Si nous voulons resserrer les liens qui unissent nos deux pays, les possibilités ne manquent pas. Aussi j’espère que nous pourrons étendre notre collaboration.

Permettez-moi en terminant de vous offrir à tous mes sincères félicitations pour votre nomination à vos nouvelles fonctions et, au nom des Canadiens et Canadiennes, de vous souhaiter tout le succès possible. Mon épouse, Sharon, et moi sommes impatients de faire plus ample connaissance avec chacun de vous et de travailler avec vous à l’édification d’un monde plus juste et pacifique.

Merci.