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Rideau Hall, le jeudi 9 juin 2011
C’est avec plaisir que je vous souhaite la bienvenue à Rideau Hall.
Depuis que je suis gouverneur général, j’ai reçu de nombreux ambassadeurs et haut-commissaires étrangers au début de leur affectation au Canada. Aujourd’hui, j’ai le grand honneur de vous recevoir, vous les chefs de mission canadiens, avant votre départ en affectation.
Vous avez consacré votre carrière à servir notre pays à l’étranger. À faire valoir les convictions des Canadiens et ce qui leur tient à cœur. À faire connaître notre culture, nos valeurs et notre mode de vie. À promouvoir la paix, la stabilité, la sécurité et la prospérité à travers le monde, bref, ce dont les Canadiens jouissent depuis le début de leur histoire.
Quelles convictions les Canadiens ont-ils à cœur? Qu’est-ce qui définit notre culture et notre mode de vie? En quoi sommes-nous différents de tous les autres pays?
L’ancien premier ministre John Diefenbaker avait bien résumé l’essence de ce que les Canadiens valorisent le plus, lorsqu’il a présenté la Déclaration canadienne des lois devant le Parlement, le 1er juillet 1960. Voici ce qu’il a dit :
« Je suis un Canadien, libre de m’exprimer sans crainte, de servir Dieu comme je l’entends, de défendre ce qui me semble juste, de contester ce qui me semble mal ou de choisir les dirigeants de mon pays. Cette tradition de liberté, je m’engage à la perpétuer, pour moi-même et au bénéfice de l’humanité tout entière. »
Nous, les Canadiens, n’avons jamais aimé dissimuler nos croyances. Nous n’avons jamais hésité à partager nos valeurs avec les gens dans le besoin. Au fil de l’histoire, des femmes et des hommes tels que vous ont répondu à l’appel du devoir, qu’ils soient militaires, travailleurs humanitaires ou diplomates. Peu importe leur carrière, je sais que ces hommes et ces femmes étaient tous résolus à projeter à l’étranger les valeurs et les convictions des Canadiens. Résolus à protéger la sécurité du Canada au sein d’un contexte mondial stable. Résolus à faire valoir la culture canadienne à travers le monde.
L’un des gouverneurs généraux qui m’ont précédé, Adrienne Clarkson, a dit très justement : « Nous n'avons qu'à observer ce que nous faisons dans le monde et au pays pour découvrir ce que c'est que d'être canadien ou canadienne. »
Il va sans dire que servir son pays est une occupation très gratifiante qui offre d’excellentes occasions. La sagesse, les souvenirs et les amitiés que cela vous procurera vous seront précieux tout au long de votre vie.
Servir son pays exige par ailleurs des sacrifices et représente de formidables enjeux. Pour vous comme pour votre famille, le fait d’accepter une affectation à l’étranger signifie qu’il faille quitter son foyer. En tant qu’époux, père et grand-père, je peux comprendre les difficultés auxquelles vous et votre famille ferez face pour vous adapter à une nouvelle ville, une culture différente, de nouvelles écoles, un nouveau quartier et de nouveaux amis. Je suis heureux que vos conjoints aient participé à votre formation, puisqu’ils devront également servir notre pays et auront besoin de notre appui.
Je sais également que vous aurez des sacrifices à faire et que vous aurez des obstacles à surmonter dans vos postes de leadership. En tant que chefs de mission, vous serez chargés de prendre des décisions sur des dossiers urgents d’une importance cruciale. Vous devrez user de discrétion et de patience dans des situations où la meilleure réponse est d’attendre. Vous devrez établir des liens qui faciliteront le consensus et la résolution des différends. Vous devrez faire preuve de tact dans vos interactions avec vos supérieurs et vos subalternes. Enfin, vous devrez assurer l’équilibre entre le travail et les besoins quotidiens des vôtres.
Je tiens, en terminant, à vous offrir mes encouragements, et je vous rappelle que vous faites partie d’une grande et distinguée famille de serviteurs publics à l’étranger.
Que vous avez été formés et approuvés pour la tâche qui vous attend. Que vous avez ce qu’il faut pour réussir.
Que vous faites ce que le premier ministre Lester B. Pearson appelait le but le plus noble de l’activité humaine, celui de promouvoir « la fraternité entre les nations ».
Que vous faites la fierté du Canada en faisant connaître dans le monde entier ce que les Canadiens chérissent le plus.
C’est donc avec plaisir que je vous reçois à Rideau Hall, mais également que je vous envoie en mission, avec les félicitations, les remerciements et les meilleurs vœux de succès de tous les Canadiens.
