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7 novembre 2007
par Son Excellence Michaëlle Jean
Après Calgary, Winnipeg, Toronto, Montréal, Rio (Brésil) et Bronkhorstrpruit (Afrique du Sud), au tour des jeunes artistes d’Ottawa et de Gatineau de se réunir à l’occasion d’un nouveau forum sur les arts urbains. Cela se passera au Club SAW, au cœur de la capitale, ce mercredi 7 novembre. Y prendront part non seulement 125 jeunes artistes très engagés dans leur milieu mais aussi des décideurs, des leaders sociaux et politiques, des membres de l’Ordre du Canada, des philanthropes, à qui nous avons lancé l’invitation.
L’idée est née de plusieurs rencontres, effectuées à travers le Canada, avec des jeunes qui choisissent l’art comme moyen de réagir et d’agir face à de nombreuses réalités sociales difficiles dans leur quartier, leur ville, leur communauté. L’art en réaction et en action contre la violence, l’exclusion, l’indifférence, le silence, l’isolement, le gaspillage, le chacun pour soi, la détérioration des milieux de vie. L’art sous toutes ses formes — théâtre, musique, poésie, slam, popping, locking, danse, hip hop, vidéo, multimédia — pour sortir de la rue, rassembler leurs efforts, penser, s’affirmer, prendre sa place, contribuer à changer les choses, retrouver goût à la vie, communiquer, transcender les différences et mieux vivre ensemble.
Je souhaite voir s’élargir et se renforcer les réseaux entre tous ces jeunes artistes engagés à travers le pays, voire au-delà de nos frontières géographiques. À l’occasion de visites d’État à l’étranger, j’ai jeté des ponts entre les jeunes Canadiens et ceux d’Afrique du Sud et du Brésil qui travaillent dans le même esprit et avec les mêmes outils dans des quartiers marginalisés.
Ce qui m’inspire, c’est de constater les retombées multiples et constructives de ces initiatives de la jeunesse. De réaliser combien également ma simple présence pour faire reconnaître la validité et la portée de leurs actions motive des décideurs que j’amène avec moi pour écouter et prendre part à la discussion à agir par la suite. Je les vois prendre des notes, s’engager, repartir avec un cahier de charges et assumer leurs promesses de soutien. Et que dire de ces philanthropes membres de l’Ordre du Canada invités à participer eux aussi qui, enthousiastes, se mettent à faire équipe avec les jeunes pour le financement de leurs projets et pour leur trouver des espaces de création. Mettre les générations en présence est essentiel. Elles apprennent l’une de l’autre et réactivent des chaînes de solidarité. Tout ce travail de rapprochement et de sensibilisation agit sur les mentalités et les attitudes.
Ce que j’apprends, ce que je découvre sur le terrain, tout cela m’alimente dans mes fonctions et dans mes responsabilités de gouverneure générale.
Dans mon prochain blogue, je vous dirai ce qui est ressorti de la rencontre au Club SAW d’Ottawa. J’invite celles et ceux qui y seront à réagir sur ce site, tout comme vous toutes et vous tous qui voulez témoigner de ce type d’actions.
