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Calgary, le jeudi 17 janvier 2008
C’est un grand plaisir pour moi de me joindre à vous aujourd’hui.
Je suis ravie d’être parmi vous.
Ce lieu porte le nom d’un grand homme, George McDougall.
Le révérend McDougall a participé aux efforts de colonisation de l’Ouest canadien dans une perspective humaine et respectueuse de celles et de ceux qui habitaient ce territoire bien avant l’arrivée des explorateurs, des missionnaires et des coureurs des bois.
Il est étonnant de voir à quel point les réflexions du révérend McDougall sont encore d’une actualité remarquable. Celui-ci écrivait au 19e siècle : « Shall a home be secured for the original proprietors? Or shall they be left to drink the bitter cup of poverty and neglect, and at last perish as a people? »
Voilà qui en dit long sur le sens de la responsabilité et l’engagement du révérend McDougall. Ce qu’il exprime avec force, c’est qu’il n’est pas indifférent.
Et les paroles de George McDougall ont d’autant plus de résonnance aujourd’hui qu’un nombre croissant et inquiétant de Canadiennes, de Canadiens et d’Autochtones au pays sont pris au piège tragique de la pauvreté et de l’absence de perspectives d’avenir.
Trop nombreux sont ceux qui échouent dans la rue, déboussolés, de plus en plus marginalisés et sans espoir.
Alors que je m’apprête à rencontrer des organismes de lutte contre la pauvreté et contre l’itinérance au Mustard Seed Street Ministry, un centre de services aux sans-abris de Calgary, je retrouve le même esprit de compassion et d’ouverture qui animait le révérend McDougall.
Et je crois profondément que c’est sur cet esprit fondateur, qui repose sur la non-indifférence, qu’il nous faut continuer d’édifier notre société.
Nous avons la chance de vivre dans un pays prospère où chacune et chacun d’entre nous peut contribuer pleinement à améliorer les conditions de vie de nos semblables.
Il est de notre devoir d’épauler les plus démunis, celles et ceux qui se remettent d’une période difficile ou qui cherchent à se tailler une place au soleil.
C’est ce que nous rappelle Eve Elizabeth Keates. Madame Keates a aidé à établir la Banque alimentaire d'Alix. On dit qu’elle est toujours disponible, toujours à l’écoute.
Voilà qui nous ramène à la question cruciale et morale de George McDougall : Shall they be left to drink the bitter cup of poverty and neglect?
Aucune femme, aucun homme, aucun enfant, quels que soit son origine, son âge, son sexe ou ses croyances, ne devrait être abandonné à son sort.
Or, bien de nos personnes âgées se retrouvent esseulées et sans possibilité de prendre soin d’elles-mêmes.
Heureusement, des gens comme Ellen Morrell de Calgary se préoccupent de la qualité de vie de nos aînés. Grâce à son énergie débordante, Madame Morrell a permis d’amasser plus de deux millions de dollars en seulement trois ans pour la construction du Carewest Colonel Belcher Facility, une résidence et un établissement de soins pour nos anciens combattants.
La qualité de vie des personnes âgées est aussi l’une des nombreuses causes qu’embrasse Dory Rossiter, de Lethbridge. Présentatrice de la météo à CTV Lethbridge, Madame Rossiter a mené de front sa carrière et plus de 30 ans de service communautaire.
Ces trois femmes qui reçoivent aujourd’hui le Prix pour l’entraide sont des modèles d’engagement dans leur communauté.
Elles ont en commun la détermination d’agir pour le bien de l’ensemble.
Vous rendre hommage, Mesdames, est pour moi un immense bonheur.
Car j’estime que la véritable force d’une collectivité réside dans la capacité d’entraide de ses citoyennes et de ses citoyens.
Vous, que nous honorons aujourd’hui, en êtes une nouvelle preuve.
Chacun des gestes que vous avez posés par compassion, par solidarité et par esprit communautaire enrichit notre sens de l’humanité.
Vous nous rappelez que nous avons toutes et tous la possibilité d’influer positivement sur le cours des choses et de contribuer au mieux-être du monde. Chaque initiative, chaque idée, chaque action, chaque mot compte et peut faire toute la différence.
Par vos gestes, des chaînes d’entraide se forment dans nos quartiers, dans nos communautés, dans nos villes, voire partout au pays et à l’échelle de la planète. Des chaînes d’entraide qui s’inscrivent dans le prolongement de ce que j’appelle la mondialisation de nos solidarités, notre sens du vivre ensemble.
Vous nous donnez le goût du dépassement et l’audace de veiller aux intérêts du plus grand nombre. L’audace de nous élever et de lutter contre l’indifférence et l’exclusion qui acculent tant de gens à la misère et au désespoir.
En ces jours d’aujourd’hui où nous voyons trop souvent les solitudes se multiplier, la solitude et l’abandon gagner du terrain, et le défaitisme du « chacun pour soi » triompher, vous nous rappelez qu’il existe d’autres façons de vivre ensemble.
Sachez que vous êtes des sources d’inspiration pour nous tous et pour les jeunes qui marchent dans vos pas et qui cherchent aussi à manifester leur volonté de partage.
Grâce à vous, notre longue tradition d’entraide et de solidarité, instaurée par des gens tels que George McDougall, continuera de se propager de cœurs en cœurs, de générations en générations.
Merci à chacune et à chacun de vous qui, comme j’aime à le répéter, nous montrez avec tant d’éloquence qu’il faut avoir le cœur à l’échelle de ce pays : c’est-à-dire grand et inépuisable.
Au nom de toutes les Canadiennes et tous les Canadiens, je vous dis merci.
