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Rideau Hall, le jeudi 13 décembre 2007
C’est un plaisir pour Jean-Daniel et moi de vous accueillir à Rideau Hall.
Nous voyons dans cette institution un espace de dialogue, de réflexion et de partage. Nous voulons que ses portes soient grandes ouvertes aux idées nouvelles et aux préoccupations de l’heure, et nous faisons en sorte que la pensée y circule librement.
Ce Point des arts et tous ceux que nous avons tenus depuis le début de notre mandat — une vingtaine déjà — s’inscrivent dans cette perspective. C’est une heureuse initiative de Jean-Daniel, une initiative que j’appuie avec enthousiasme.
Nous vous avons réunis aujourd’hui, vous, auteurs et créateurs qui êtes la matière première du livre, sans qui nous n'aurions ni rêves ni horizons à partager et vous, forces vives du milieu littéraire au pays, afin de vous donner l'occasion de discuter des défis auxquels vous êtes confrontés et de trouver ensemble des moyens de les relever.
Je crois profondément que la littérature et l’art sous toutes ses formes sont un rempart essentiel, voire une nécessité, dans nos sociétés où l’on sacrifie trop souvent la réflexion, la quête de sens et la compréhension du monde sur l’autel de la précipitation, de la rentabilité, du prêt-à-penser et du divertissement à tout crin.
Or, l’artiste ne propose pas un produit, mais une vision du monde.
Créer, c’est interroger notre rapport à ce monde dans lequel nous vivons. C’est ébranler nos certitudes. C’est aussi risquer le tout pour le tout.
De ce questionnement perpétuel naît l’originalité d’une oeuvre. Et cette originalité est féconde.
Considérer l’art comme une valeur marchande, un bien de consommation qui doit plaire au plus grand nombre, c’est un peu comme vendre son âme aux enchères.
Considérer l’art comme une valeur marchande, c’est le réduire au plus petit dénominateur commun, ce qui conduit tout droit, à mon sens, à l’appauvrissement des cultures qui font la richesse de l’humanité.
Le Point des arts est notre façon de vous encourager à continuer, comme vous le faites si bien, de multiplier les éclairages sur le monde, d’en faire ressortir les contradictions et de l’interroger sans relâche en vue de l’enrichir d’une diversité de points de vue.
Je suis impatiente de vous entendre. Merci d’être là aujourd’hui.
À toi Jean-Daniel.
