Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion d’une célébration soulignant la fin des travaux de conservation de la façade de Rideau Hall

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Rideau Hall, le jeudi 8 novembre 2007

Ces derniers mois, chaque fois que nous levions la tête, mon mari et moi, pour observer un coin de ciel, vous étiez là, tout près des nuages. Beaux temps, mauvais temps, vous étiez à l’oeuvre sur les échafauds et sur le toit.

Pendant plus d’un an, ouvriers, maçons, sculpteurs, architectes et artisans, nous vous avons regardés travailler, inlassablement, affairés comme des abeilles autour d’une ruche.

Et je l’avoue : vous êtes l’objet de ma plus vive admiration, ne serait-ce qu’en raison du courage qu’il faut pour travailler de si haut sans avoir le vertige. Jean-Daniel, lui, vous a rejoints sur le toit plus d’une fois, passionné qu’il est des grands chantiers.

Restaurer la partie principale de l’un des édifices dont la valeur historique et patrimoniale est la plus importante au Canada, ce n’est pas banal.

Il faut allier savoir et savoir-faire, passés et présents. Être inventif aussi. Car une fois la pierre, le cuivre, le bois, le métal enlevés, on ne sait jamais ce que l’on va trouver et quels seront les problèmes à résoudre.

Et des surprises, il y en a eues! Vous savez, ces choses dont on ne parle pas, comme cette fuite dans la toiture qui nous forçait depuis des années, par temps de pluie, à mettre des seaux d’urgence dans le grand salon, en priant pour que l’averse passe le plus vite possible.

Mais, bien au-delà de cette anecdote, qu’on n’imagine pas dans la résidence officielle du gouverneur général, je dirais que c’est un art que de respecter le caractère historique d’un édifice, tout en apportant des modifications qui satisfont aux exigences modernes.

Récemment, j’ai eu le plaisir de rencontrer le vicomte Weir dont l’ancêtre Thomas MacKay, tailleur de pierres de son métier, a construit la première incarnation de cette maison.

Il m’a confié à quel point il était fier de voir les efforts qui avaient été consentis en vue de préserver ce lieu patrimonial.

Et il faut s’enorgueillir collectivement de ce joyau de notre patrimoine.

Pourquoi?

Parce que notre patrimoine architectural, nos édifices, nos monuments, nos demeures historiques, donnent la pleine mesure de ce que nous sommes.

Parce qu’ils sont les témoins silencieux mais éloquents de notre passage sur ce territoire.

Parce que la culture est cet ensemble de signes qui font que l’on se reconnaît comme appartenant à une même société. La culture est un trésor.

Un trésor qui traverse les âges et qui finit par être sans âge. Et ça, vous voyez, ça n’a pas de prix.

Rideau Hall est l’une des institutions publiques les plus anciennes au pays. Vingt-sept gouverneurs généraux, et je m’inclus ici, ont vécu et travaillé dans cette résidence. Sans oublier les conjointes et conjoints, qui apportent une contribution importante, de même que leurs enfants.

Ici ont séjourné des personnages politiques qui ont marqué leur époque.

Ici ne cessent de défiler des Canadiennes et des Canadiens d’exception, reconnus pour leur génie, leur esprit d’innovation, leur bravoure, leur générosité.

Ici, le passé et le présent se côtoient dans notre mémoire.

Si les murs de cette résidence pouvaient parler, ils raconteraient ce que nous sommes, les valeurs que nous avons en partage et toutes nos visions d’avenir.

Réjouissons-nous du travail accompli en vue de préserver cet édifice historique, symbole de notre parcours et carrefour de nos solidarités.

Célébrons ensemble ce legs précieux dont il faut assurer la pérennité pour celles et ceux qui viendront après nous.

Merci.