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Vancouver, le mercredi 23 janvier 2008
Mon mari Jean-Daniel Lafond et moi sommes enchantés de profiter de notre passage à Vancouver pour souligner avec vous le quarantième anniversaire de l’Ordre du Canada.
L’un des buts que je compte réaliser avant que ne se termine cette année d’anniversaire est de mettre en valeur l’Ordre du Canada, ses membres et leurs réalisations. Le système des distinctions honorifiques mérite d’être reconnu.
Il arrive qu’on nous demande à Jean-Daniel et à moi où nous nous sommes procuré la jolie épinglette que nous portons, ce flocon de neige magnifique. Ça me fait toujours sourire. C’est chaque fois l’occasion de dire qu’il s’agit de l’Ordre du Canada et d’en expliquer le sens et la valeur.
Il importe, à mon avis, que nous comprenions mieux la nature et la portée du régime de distinctions honorifiques de notre pays, dont la raison d’être est de souligner les actes méritoires de toutes sortes.
L’histoire de ce régime est digne du plus grand intérêt.
Et comme vous le savez sans doute, les distinctions honorifiques de notre pays ont connu des origines compliquées et controversées. Même pour l’Ordre du Canada, les obstacles ont été nombreux avant que cette décoration ne voit le jour.
Même le nom de l’Ordre du Canada a fluctué tout au long du processus de création. On a songé à diverses reprises, par exemple, à l’appeler Ordre du castor, ou Ordre du Saint-Laurent, ou encore Ordre royal élisabéthain!
Sans oublier que, lorsque la proposition finale de création de l’ordre a été présentée au Cabinet en 1966, un seul niveau a été approuvé, et non trois comme de nos jours. L’idée d’avoir trois niveaux avait été rejetée par certains ministres du Cabinet qui y voyaient un concept élitiste.
Aujourd’hui, nous pensons différemment. Nous savons en effet qu’il n’y a rien d’élitiste à célébrer l’excellence. Et lorsque nous conférons l’Ordre du Canada à des femmes et à des hommes de ce pays, cela ne signifie pas qu’ils sont meilleurs que les autres, mais plutôt qu’ils reflètent ce qu’il y a de mieux en nous.
C’est-à-dire le sens de l’engagement, du dépassement, le souci de l’autre, la passion, le goût de l’approfondissement, la volonté d’aller au bout d’une aventure, d’explorer le savoir et la vie dans toutes ses dimensions.
Vos actions, vos idées, vos audaces et vos réalisations nous inspirent. Elles ravivent notre fierté et nous montrent qu’il est toujours possible de changer les choses. Qu’il faut oser surtout. Qu’il n’y a rien de pire que l’indifférence et l’immobilisme.
Vous qui avez été reçus dans l’Ordre du Canada êtes de véritables modèles dans toutes les sphères d’activités imaginables.
Vous représentez un trésor de connaissances et d’expériences qui doit rejaillir sur l’ensemble de la population, notamment sur les jeunes qui ne demandent qu’à suivre vos traces.
Jean-Daniel et moi croyons profondément qu’il faut jeter des ponts par delà les générations pour qu’elles s’enrichissent les unes des autres. Qu’il faut créer des liens forts et constructifs entre les membres de l’Ordre et la jeunesse.
Je rêve d’un programme de mentorat qui unirait dans un esprit de réciprocité des jeunes et des membres de l’Ordre, permettant aux différentes générations d’apprendre et d’avancer l’une avec l’autre, dans une relation de confiance et de partage.
En fait, nous y travaillons à l’heure actuelle. Nous entendons créer des liens de mentorat entre vingt jeunes et vingt membres de l’Ordre d’ici la fin de l’année.
Nous savons qu’un tel programme est possible et réalisable, car il existe déjà des membres qui agissent à titre de mentors auprès de nos jeunes.
Comme je l’ai mentionné à la centième cérémonie d’investiture, le 26 octobre dernier, je me prends aussi à rêver d’une fondation. Une fondation qui serait créée et gérée par des membres de l’Ordre. Une fondation qui pourrait mettre sur pied des programmes en faveur des jeunes et des projets de promotion de l’Ordre et de ses membres.
Ce rêve, je souhaiterais qu’on le poursuive ensemble. Il suffit que l’un de vous s’y mette pour qu’il devienne réalité. Ce serait un legs formidable des membres de l’Ordre du Canada.
J’aimerais qu’ensemble nous nous demandions comment mieux faire connaître l’Ordre du Canada et susciter davantage de nominations.
Soyons ces têtes chercheuses qui feront en sorte qu’un plus grand nombre de nos concitoyennes et concitoyens soient reconnus pour la portée de leurs réalisations.
Je compte sur vous.
Ce sont les gens qui font la force de ce pays.
Tout au long de mon séjour ici, à Vancouver, j’irai à la rencontre de ces gens qui changent notre société pour le mieux.
Des femmes et des hommes engagés dans leur communauté, qui viennent en aide aux plus démunis d’entre nous.
Des maires qui tentent de trouver des solutions aux enjeux de la pauvreté et de l’itinérance qui sévissent dans nos quartiers, nos villes et nos régions.
Des francophones qui s’efforcent de trouver leur place au soleil et qui travaillent à enraciner dans les cœurs leur langue et leur culture.
Et, bien entendu, vous toutes et tous, membres de l’Ordre du Canada, qui êtes réunis ici ce soir.
Vous formez ce que j’appelle l’épine dorsale de notre société. Vous faites en sorte que ce pays se tienne debout, sur des fondations solides.
Ce soir, nous célébrons ensemble quarante ans d’excellence, de savoir-faire, d’ingéniosité, de créativité et d’altruisme.
Réjouissons-nous du chemin parcouru et faisons en sorte que d’autres continuent de tracer la voie.
Merci d’avoir accepté notre invitation à souligner ce jalon important de notre histoire qu’est le quarantième anniversaire de l’Ordre du Canada.
