Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Message pour la fête du Canada

Ce contenu est archivé.

Enregistré à Rideau Hall, le mardi le 27 juin 2006

Chers amis,

Dès ma nomination au poste de gouverneure générale du Canada, il y a bientôt un an, j’ai entrepris de sillonner le vaste pays qui est le nôtre. J’ai été émerveillée de découvrir des régions que je ne connaissais pas, des splendeurs naturelles qui m’ont coupé le souffle, des histoires qui m’ont serré le cœur.

De Charlottetown à Victoria, de Québec à Iqaluit, d’un quartier défavorisé de Toronto au parc Nahanni dans les Territoires du Nord-Ouest, j’ai rencontré partout des femmes, des hommes, des jeunes fiers de ce qu’ils accomplissent, engagés dans leurs communautés et prêts à construire l’avenir pour le bien de l’ensemble.

Des femmes, des hommes, des jeunes, pour lesquels vivre dans un pays où nous sommes tous égaux en droits est une chance qu’ils ne tiennent pas pour acquise. Ils la tiennent plutôt pour une responsabilité qu’ils exercent auprès des leurs et dans le monde. Une responsabilité qui exige que chacune et chacun d’entre nous y mette du sien pour protéger cette liberté contre quiconque voudrait la restreindre. Une responsabilité qui substitue le bien collectif au chacun pour soi, l’ouverture à l’autre au repliement sur soi.

C’est la leçon que nous donnent quotidiennement les peuples autochtones qui sont nos racines les plus profondes en terre d’Amérique. Ce sont eux qui nous ont communiqué le génie de ces grands espaces et qui nous ont appris à nous enraciner dans ce continent. Et, comme me l’ont rappelé les résidants de Fort Simpson, avec lesquels j’ai fêté récemment la Journée nationale des autochtones, ils continuent de nous apprendre que notre avenir dépend de notre capacité à transcender nos peines et nos pertes pour faire triompher les forces de la création et vaincre celles de la destruction.

C’est ce que nous enseigne aussi l’engagement de nos anciens combattants, de même que celui des membres des Forces canadiennes déployés actuellement en Afghanistan. C’est au nom de la justice et de la liberté qu’ils se sont battus hier; c’est également au nom de la justice et de la liberté qu’ils s’emploient aujourd’hui à combattre la tyrannie et l’oppression, notamment celles qui s’acharnent sur les femmes et qui brisent des enfances.

Chers amis, réjouissons-nous car nos richesses sont nombreuses en ce monde où trop de peuples sont encore accablés par la soif, la faim, la misère, la violence au jour le jour. Ne l’oublions jamais par égard pour celles et ceux qui en sont si cruellement privés. Nous sommes riches de ces plaines, de ces forêts, de ces montagnes, qui nous nourrissent; de l’eau de ces lacs, de ces rivières, de ces fleuves, que nous avons en abondance.

Nous sommes riches de cette diversité démographique et culturelle qui font du Canada un microcosme du monde entier. Nous sommes riches de l’ingéniosité de nos chercheurs, du rayonnement de nos artistes, de ces deux langues officielles qui sont parlées sur toute la planète. Et nous sommes ici libres, libres de réaliser nos rêves les plus chers, libres de participer à l’amélioration du sort de nos semblables.

Voilà le Canada d’aujourd’hui. Celui que je découvre peu à peu sur la route. Ce pays dont nous avons toutes les raisons d’être fiers et que je porte dans mon cœur grâce aux gestes que vous posez chaque jour pour qu’on y vive mieux. Peut-être que le temps est venu de réfléchir ensemble aux valeurs que nous partageons et de les célébrer.

Bonne fête du Canada!