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Edmonton, le vendredi 5 mai 2006
Je vous remercie de nous accueillir, mon mari Jean-Daniel Lafond, notre fille Marie-Éden et moi, à l’Hôtel de ville, lieu de rassemblement, de parole et d’échange pour les citoyennes et les citoyens d’Edmonton. Porte du Nord, Edmonton est le centre métropolitain le plus septentrional du Canada et de ce fait, un partenaire intégré au Nord.
À l’instar du Canada, votre ville est née de la rencontre de peuples aux traditions immémoriales, autochtone, francophone et anglophone, auxquels se sont ajoutées des cultures de toutes les régions du globe. Le spectacle que vous nous offrez ce matin est un hymne à cette diversité culturelle qui fait la richesse de votre ville et de notre pays.
Je suis impressionnée par la vitalité culturelle de votre ville. Mercredi, au Yardbird Suite, j’ai eu le grand bonheur d’assister en compagnie du sénateur Banks et du maire Mandel à un superbe concert, où j’ai pu apprécier la richesse de la musique de jazz d’Edmonton. Ce fut une soirée inoubliable.
Les plus grands festivals du monde, dont le Fringe, se tiennent ici. Les belles journées d’ensoleillement qui s’étirent jusqu’à 23 heures durant l’été y sont sans doute pour quelque chose. Mais il y a aussi cet esprit d’innovation qui vous caractérise. Il n’est pas sans rappeler celui qui animait les pionniers venus ici en quête d’aventure et de possibilités nouvelles.
Installés sur ces terres depuis des temps immémoriaux ou attirés ici par le commerce des fourrures, l’or du Klondike, le pétrole ou d’autres perspectives d’avenir, vos prédécesseurs ont uni leurs forces pour fonder une ville dynamique et prospère. Cette prospérité, vous l’avez acquise et la maintenez à force de travail, de vision et de persévérance. Mais celle-ci ne doit pas occulter les difficultés auxquelles font face certaines personnes ou groupes d’individus.
Voyez ces jeunes à la dérive, ces sans-abris qui n’ont nulle part où aller, ces immigrants sous-employés, ces Autochtones en quête d’avenir, ces personnes âgées qui vivent dans l’isolement le plus absolu.
À titre de gouverneure générale, je veux donner la parole à celles et à ceux qui ne l’ont pas, c’est-à-dire les marginaux, les exclus, les sans-voix. « Briser les solitudes », telle est la devise que j’ai choisie. Elle est à l’image du Canada que je souhaite pour les générations à venir. Par solitudes, j’entends celles auxquelles se trouvent confinés certaines personnes, certains segments de la population, en raison de leur âge, race, origine, langue, croyance, sexe ou capacité.
Lors de mes futures visites, je souhaite passer plus de temps avec vous. Je veux que vous me fassiez part de vos préoccupations, je veux me rendre compte de vos forces, je veux vous entendre me parler de vos solutions.
Hier, j’ai eu le privilège de rencontrer les épouses de nos soldats en mission à l’étranger. Ces femmes font de grands sacrifices par respect pour le choix de leur conjoint et aussi au nom de leur pays. Leur contribution est rarement reconnue à sa juste valeur, et j’ai été très heureuse de pouvoir les remercier en votre nom.
Depuis le début de ma tournée pancanadienne, j’ai rencontré des femmes, des hommes, des jeunes et des moins jeunes, qui ont l’audace de rêver grand et la détermination d’agir pour le bien collectif. Des gens qui ont à cœur de contrer l’indifférence et de se dépasser dans leur quête d’une société plus juste et plus humaine. La somme de leurs gestes constitue l’une de nos plus grandes forces.
Nous avons parmi nous aujourd’hui cinq de ces personnes exceptionnelles. Vous rendre hommage aujourd’hui est pour moi un honneur et un privilège.
Au père William Allen Reynolds, de St. Albert, qui a mis sa vie au service des plus démunis de sa communauté, je dis merci.
À Roseanne et Walter Sczebel, de Legal, qui se dévouent pour les jeunes, je dis merci.
À Dale William Smith, d’Edmonton, un membre actif du Club optimiste depuis 21 ans, je dis merci.
Chacune et chacun à votre manière, vous touchez des vies. Sans rien attendre en retour, vous donnez aux autres une part de vous-mêmes et vous vous enrichissez d’une expérience nouvelle. Vous êtes des modèles de partage et d’ouverture pour nous tous, notamment pour les jeunes qui ont tant besoin d’idéal.
Nous avons aussi le privilège d’avoir parmi nous une grande femme de la scène sportive au Canada. Face à l’injustice, Beckie Scott a trouvé le courage d’agir pour changer les choses. Ses efforts ont été récompensés puisqu’on a finalement décidé de lui accorder la médaille d’or qui lui revient de plein droit.
Aujourd’hui, je suis heureuse, Beckie, de te remettre la Médaille du service méritoire pour le travail exceptionnel que tu as accompli en vue de lutter contre le dopage dans le sport.
Nous avons la responsabilité collective d’améliorer le sort de nos semblables et le monde autour de nous. Et, comme vous nous le rappelez, chaque geste, chaque parole en ce sens compte.
Au nom de la population canadienne, je vous remercie de tout cœur de vous soucier de vos concitoyens et de contribuer à notre mieux-être collectif.
J’espère avoir l’occasion de vous revoir bientôt et de poursuivre avec vous le dialogue ouvert et constructif entamé au cours de ce premier voyage officiel.
En terminant, permettez-moi de vous mentionner le plaisir que j’ai eu à remettre la coupe Grey aux Eskimos d’Edmonton, l’automne dernier. Cela m’a amené à penser que si les Oilers continuaient à jouer comme ils le font, peut-être vont-ils à leur tour ramener au pays une autre coupe célèbre qui porte le nom d’un de mes prédécesseurs!
Je vous remercie.
