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La Grand’Terre, le lundi 10 juillet 2006
Je suis enchantée d’être ici parmi vous aujourd’hui.
Et quel bonheur de m’adresser à vous en français! Dans cette langue que nous chérissons et que nous devons garder vivante et riche de tous nos accents en cette terre d’Amérique pour les générations à venir.
Le fait français est intimement lié à l’originalité et au dynamisme de ce pays et à son histoire, tant l’histoire de sa fondation que celle dont nous sommes les acteurs aujourd’hui. Il représente également un attrait indéniable pour plusieurs peuples du monde. C’est, après tout, par la langue, que mon mari et moi nous sommes enracinés en terre québécoise, au Canada : lui à titre d’immigrant reçu, moi et ma famille à titre de réfugiés. Nous sommes venus rejoindre ici la grande famille des francophones d’Amérique. Et à l’heure où le tourisme représente un secteur dynamique et vital de l’économie : le fait français constitue une valeur ajoutée qu’il faut exploiter avec fierté et créativité.
Je reviens tout juste d’une rencontre stimulante, au Centre communautaire Sainte-Anne de La Grand’Terre, avec des représentants et des représentantes de la communauté francophone.
Les efforts que vous déployez quotidiennement pour garder vivante cette communauté de langue et de culture françaises dans une province majoritairement anglophone méritent toutes nos félicitations, voire toute notre admiration et nos encouragements.
Or, garder vivante la langue française n’est pas uniquement l’affaire et la responsabilité des francophones. Nous devons toutes et tous nous approprier cette richesse collective et en être également fiers. Car la dualité linguistique du Canada nous ouvre la voie à deux des langues les plus parlées sur la planète.
Je crois qu’il faut continuer d’attirer l’attention sur les difficultés de maintenir une identité francophone. Sensibiliser les Canadiens aux nombreux obstacles dont le plus important et non le moindre est le fait que les Francophones ne représentent qu’un demi pour cent de la population totale de cette province par exemple, sans oublier que vous êtes dispersés à la grandeur du territoire.
Mais, en dépit de tous les obstacles sur votre route, vous avez réussi l’exploit de continuer à vivre en français et vous avez toutes les raisons d’en être fiers. À l’instar de bien d’autres communautés francophones tout aussi vulnérables, que ce soit dans le Sud de l’Ontario, en Saskatchewan, en Colombie-Britannique ou ailleurs au pays, vous avez tout simplement refusé de baisser les bras.
Et, ce faisant, vous avez enrichi votre province et le pays tout entier de votre apport à la culture canadienne et à la francophonie d’Amérique.
Il faut continuer sur votre lancée. Car la tonalité française ajoute au dynamisme culturel de Terre-Neuve-et-Labrador. Quelle tristesse ce serait que de laisser cet héritage se perdre à tout jamais!
Le patrimoine français côtoie ici celui des Premières nations, des Vikings norvégiens, des pêcheurs portugais et des colons britanniques, de même que le patrimoine des gens venus des quatre coins du monde, pour participer à notre aventure collective.
Vous avez bâti ensemble quelque chose d’unique ici, à Terre-Neuve-et-Labrador. Ce partenariat est un fondement solide sur lequel appuyer les efforts futurs.
Avec la mondialité, tout est relié et les gens doivent se donner la main pour avancer. Dans cette province, les citoyens anglophones, francophones et autochtones ont tout à gagner en s’unissant pour le bien collectif.
Quand on vit dans un lieu aussi peu peuplé que le Canada, ou que Terre-Neuve-et-Labrador, il faut veiller à ce que chaque citoyenne et citoyen dispose des outils lui permettant d’apporter sa pierre à l’édifice de notre société. J’ai la conviction que bon nombre de solutions aux problèmes cruciaux émaneront des petites collectivités qui ont su maintenir et renforcer la responsabilité civique et le sens de l’entraide.
En se serrant les coudes, nous pouvons réussir tellement mieux!
D’ailleurs, les habitants de cette province savent mieux que quiconque à quel point la vigueur d’une communauté est essentielle à sa survie et à son épanouissement.
C’est la raison pour laquelle j’ai l’intime conviction que vous allez réussir à surmonter les obstacles sur votre parcours et que c’est dans l’avenir que cette région connaîtra ses meilleures années.
Pourquoi? Parce que vous êtes des Terre-Neuviens et que votre détermination est légendaire. Au cours des quatre derniers jours, l’occasion nous a été donnée d’observer de nos propres yeux la force de caractère et l’ingéniosité des habitants de cette province.
J’ai pu rencontrer un grand nombre de citoyennes et de citoyens lors de rassemblements à St. John’s, à Trinity, à Corner Brook, à Stephenville et dans divers villages en cours de route. J’ai été impressionnée par la joie de vivre des Terre-Neuviens-et-Labradoriens, et aussi par votre jugement, par votre ouverture, par cette absence de prétention qui rend toute conversation avec les gens d’ici si agréable.
Je ne vous apprends rien en vous disant que cette province est un endroit spécial, mais je tiens à le souligner pour le bénéfice de celles et de ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de venir la visiter.
Enfin, je tiens à vous remercier du fond du cœur de m’avoir accueillie ici aujourd’hui.
Comme toujours, l’hospitalité et la gentillesse des Terre-Neuviens-et-Labradoriens sont sans égales. Je me suis sentie chez moi ici, et je vais certainement y revenir!
Merci beaucoup. C’est un immense privilège que de pouvoir passer ces moments précieux en votre compagnie.
