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Rideau Hall, le vendredi 2 juin 2006
Vous êtes sans doute nombreux à savoir que c’est aujourd’hui l’anniversaire de la bataille de Ridgeway (2 juin 1866).
Pour les invités ici présents qui ne connaîtraient pas cette page de l’histoire du Canada, il s’agit d’un affrontement qui a eu lieu près de Fort Erie en Ontario, en 1866, opposant des troupes irrégulières de Fenians et des membres de la milice canadienne.
Ce raid lancé par les Fenians s’inscrivait dans le plan qu’ils avaient plutôt mal conçu de conquérir le Canada, considéré comme une première étape dans leur lutte contre la Grande-Bretagne.
Même si la bataille de Ridgeway fut une défaite pour la milice canadienne inexpérimentée, les forces armées du Canada ont éventuellement repoussé les Fenians, mettant fin à cette aventure vouée à l’échec.
Si je mentionne Ridgeway aujourd’hui, même si les Fenians sont généralement tombés dans l’oubli, c’est parce que leurs raids ont causé beaucoup d’inquiétudes à l’époque, ce qui a convaincu bon nombre de gens de la nécessité de se doter d’un régime confédératif.
Parce que nous, Canadiens, avons toujours prôné la paix, nous avons souvent tendance à minimiser le rôle que les militaires ont joué dans la formation de notre pays. Or une telle attitude ne reflète pas adéquatement notre histoire.
Vous et moi savons que les considérations militaires ont influé sur le cours de notre histoire.
Pensons à l’adoption de l’Acte de Québec de 1774, à la veille de la guerre d’indépendance américaine, ou à la manière dont s’est façonné notre sens de la nation sur le champ de bataille de la crête de Vimy.
Et que dire de l’emplacement stratégique d’Ottawa, sans lequel nous ne serions même pas ici aujourd’hui!
Les Forces canadiennes ont toujours été un élément central de notre société. Leur formation, leur capacité et leurs résultats se caractérisent depuis toujours par des normes d’excellence des plus élevées.
J’aimerais souligner un autre élément qui a toujours fait la réputation des hommes et des femmes qui servent au sein des Forces canadiennes : leur fidélité aux idéaux qui sont le fondement-même de notre pays.
Les Canadiens ont la volonté de faire triompher les principes démocratiques et respecter les droits de la personne, et nos militaires se sont battus pour défendre et aider à établir ces principes.
Cette année marque le 50e anniversaire de la crise de Suez, un événement qui avait amené le Canada à proposer la mise en place d’une force de maintien de la paix des Nations Unies pour désamorcer la situation tendue et dangereuse qui régnait alors.
Depuis ce temps, les Forces canadiennes ont participé à de nombreuses missions des Nations Unies, que ce soit à Chypre, au Congo, en Bosnie ou ailleurs dans le monde, pour restaurer la paix et favoriser une meilleure compréhension entre les peuples.
Aujourd’hui, si la nature des missions a changé, les valeurs sont pour leur part demeurées les mêmes.
Ce sont les mêmes valeurs pour lesquelles des Canadiennes et des Canadiens se battent en Afghanistan, appuyant l’établissement d’un nouvel État stable et démocratique.
Ce sont les mêmes valeurs qui sous-tendent 15 autres missions à travers le monde ou des membres des Forces canadiennes travaillent d’arrache-pied pour faire de ce monde un monde meilleur.
Et ces valeurs, vous les incarnez, vous tous qui êtes ici aujourd’hui.
C’est pour cela que, de tous les gens courageux et dévoués qui servent dans nos forces, vous avez été reconnus pour votre mérite distinctif et pour le service exceptionnel dont vous avez fait preuve.
À titre de commandante en chef des Forces canadiennes et chancelière de l’Ordre du mérite militaire, je suis ravie et honorée de vous investir en tant que commandeurs, officiers et membres de cet ordre prestigieux.
Une cérémonie comme celle-ci revêt une signification toute particulière à l’heure actuelle, alors que les Canadiens sont appelés à reconnaître, pour la première fois depuis fort longtemps, à quel point un combat militaire peut être tragique et pourtant nécessaire.
Parce que le Canada fait partie de la collectivité des nations et parce que c’est un pays prospère et stable, regorgeant des richesses les plus abondantes, nous, Canadiennes et Canadiens, avons le devoir d’aider nos voisins.
Cela vaut autant dans les situations de catastrophes naturelles que lorsqu’un pays tente de mettre en place les institutions d’une saine gouvernance après des décennies de guerres et de conflits.
En vous investissant dans cet ordre, je tiens à souligner le profond respect que les Canadiens ont les uns envers les autres et envers ces femmes et ces hommes qui sont nos soldats, nos marins et nos aviateurs des Forces canadiennes.
Soyez assurés de notre gratitude pour le sens du devoir et le dévouement désintéressé dont vous faites preuve. Soyez assurés également que nous pleurons la mort de vos camarades. Notre plus grand souhait est que vous puissiez accomplir vos missions et revenir chez vous sains et saufs.
Au nom de tous vos concitoyens, je vous remercie.
