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Rideau Hall, le vendredi 19 mai 2006
À titre de chancelière de l’Ordre du mérite des corps policiers, je suis très heureuse d’investir 43 membres des services policiers du Canada en tant qu’Officiers et Membres de cet ordre.
Cet ordre prestigieux reflète le grand respect que les Canadiennes et les Canadiens vouent aux femmes et aux hommes qui servent dans les divers corps policiers de notre pays.
On exige beaucoup des policiers. On s’attend à ce qu’ils soient plus que des « gardiens de la paix »—bien que je reconnaisse que ce soit là votre devoir fondamental. On s’attend en effet à ce qu’ils soient également des travailleurs sociaux et des psychologues, à ce qu’ils fournissent des services médicaux d’urgence, à ce qu’ils soient des diplomates, des figures parentales, des pédagogues et que sais-je encore.
Nous, Canadiennes et Canadiens, jouissons de tant de richesses que nous avons bien souvent tendance à les prendre pour acquises — notre eau, nos institutions démocratiques, nos ressources naturelles… et le bon fonctionnement de notre société.
Quand j’étais journaliste, j’ai eu maintes fois l’occasion de voir de quelle manière les policiers, jour après jour, contribuent d’une manière unique au bon fonctionnement de notre société. Des structures et un code déontologique sont en place pour assurer la bonne conduite de votre travail.
N’oublions pas que nous sommes 32 millions d’habitants, la grande majorité (79,6 %) vivant dans des villes. N’oublions pas que presque toutes les nationalités du monde se retrouvent au Canada, avec plus de 100 langues parlées dans la seule ville de Toronto.
Nous avons des riches et des pauvres, des centres urbains et des milieux ruraux, et tout cela dans un territoire qui s’étend sur six fuseaux horaires et sur des millions de kilomètres carrés.
Même si nous ne sommes pas à l’abri de la violence, nous sommes forts d’un système vigilant et de corps policiers sensibles aux besoins d’une population de plus en plus diversifiée. Le travail que vous effectuez pour contrer le profilage ethnique en fait foi. J’ai moi-même pu constater votre ouverture alors que je travaillais à sensibiliser des policiers à la violence faite aux femmes. Vous avez à cœur d’ajuster votre formation aux enjeux de la société actuelle, et je vous en félicite.
Si nous nous sentons en sécurité, c’est en partie grâce à vous tous ici présents et à vos collègues d’un bout à l’autre du pays. Au Canada, la vue d’une voiture de police ou d’un policier est réconfortante. Loin de nous effrayer, cela nous rassure.
J’ai grandi sous le joug d’une dictature sans merci, où la police était associée à la répression brutale de la population. Plusieurs immigrants et réfugiés tremblent à la seule vue d’un policier, car des images de violence leur viennent immédiatement à l’esprit. Réjouissons-nous que la situation soit différente au Canada.
Nous avons réussi à recruter des agents de police qui reflètent notre caractère national—des êtres respectueux, diligents, résolus, ingénieux et équitables.
Ce sont les qualités que j’ai décelées chez nos policiers qui travaillent en Haïti, où ils tentent de créer un environnement plus sécuritaire pour les habitants qui ont été affligés par tant de misère tout au long de leur histoire.
Ces qualités, je les ai retrouvées également chez les cadets en formation à la Division Dépôt de la GRC que j’ai visitée la semaine dernière.
Ces mêmes qualités me sont également venues à l’esprit en parcourant les articles sur les funérailles de l’agent John Atkinson, du service de police de Windsor.
En lisant les hommages qui ont été rendus à ce brave jeune homme, mort tragiquement, comme vous le savez, dans l’exercice de ses fonctions, j’ai été frappée par ce qu’a dit son ami et collègue, le sergent Ron LeClair.
Il a dit que, pour John Atkinson, être membre du service de police de Windsor n’était pas un travail ou une carrière, c’était sa vocation.
Selon moi, on pourrait en dire autant de la grande majorité des policiers. Ceux que j’ai eu l’honneur de connaître ont choisi ce domaine pour une raison très simple, c’est-à-dire pour faire de leur communauté un lieu de vie meilleur.
Vous tous qui êtes rassemblés ici aujourd’hui incarnez ce don de soi, cet altruisme.
Vous êtes investis dans cet ordre, parce que vous avez fait preuve d’un mérite exceptionnel tout au long de vos carrières, et que vous avez contribué d’une manière remarquable au développement des services policiers et des communautés que vous avez servies.
En cette journée spéciale, je pense à l’agent John Atkinson et à ses pairs qui ont fait le sacrifice suprême de leur vie en notre nom.
C’est un terrible fardeau, un fardeau que vous consentez tous à porter afin de protéger vos concitoyens. Au nom de tous vos concitoyens, je vous en remercie.
