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Québec, le vendredi 14 septembre 2007
Je crois profondément que la véritable force d’une collectivité réside dans la capacité d’entraide de ses citoyennes et de ses citoyens.
Vous, que nous honorons aujourd’hui, en êtes une nouvelle preuve.
Chacun des gestes que vous avez posés par compassion et par solidarité enrichit notre sens de l’humanité.
Vous nous rappelez que nous avons toutes et tous la possibilité d’influer positivement sur le cours des choses et de contribuer au mieux-être du monde. Chaque initiative, chaque idée, chaque action, chaque mot compte et peut faire toute la différence.
Par vos gestes, des chaînes de solidarité se forment dans nos quartiers, dans nos communautés, dans nos villes, voire partout au pays et sur le globe.
Vous nous donnez le goût du dépassement et l’audace de veiller aux intérêts du plus grand nombre. L’audace de nous élever et de lutter contre l’indifférence.
En ces jours d’aujourd’hui où nous voyons trop souvent les solitudes se multiplier, la haine vaincre la raison, le défaitisme du « chacun pour soi » triompher, vous nous rappelez qu’il existe d’autres façons de vivre en société.
À titre de gouverneure générale, j’ai le privilège de parcourir ce vaste pays et de rencontrer des gens engagés dans la vie citoyenne et de voir à l’œuvre tant de forces vives qui, comme vous, sont notre plus grande promesse d’avenir.
À parcourir le pays à la rencontre et à l’écoute de tant d’hommes et de femmes et beaucoup de jeunes également engagés dans la vie citoyenne, il m’est donné de voir à l’œuvre des forces vives, des forces en action. Toujours en quête de solutions.
Au Canada, la générosité est notre dénominateur commun. Dans cet immense pays qui est le nôtre, partout les préoccupations sont très semblables et partout le tissu social est dynamique et mérite d’être reconnu. Partout des gens ordinaires posent des gestes extraordinaires et sont des héros au quotidien.
J’en ai d’ailleurs eu un bel exemple cet après-midi. Juste avant cette cérémonie, nous avons tenu une table ronde sur l’engagement social.
Cette table ronde a réuni celles et ceux que nous allons honorer aujourd’hui, pour l’œuvre d’une vie consacrée à aider fraternellement l’autre, et des jeunes qui dans leur sillon donnent de leur temps et de leur énergie dans le même esprit et avec la même conviction.
Permettez-moi de vous les présenter, et je leur demanderais de se lever au fur et à mesure que je les nomme.
Je tiens à remercier pour leur participation :
Caroline D’Anjou, bénévole au Congrès mondial des jeunes, responsable de la campagne nationale sur l’implication des jeunes et agente de communication à la Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec.
Marie-Élaine Desmarais, bénévole au club d’athlétisme des Olympiques spéciaux.
Julien Fortier, qui a pris part au J-8 en Allemagne cet été et qui s’intéresse de près aux questions environnementales.
Marc-Antoine Morin, membre de l’Association étudiante du Cégep St-Lawrence et actif collaborateur dans divers projets internationaux dont au Guatemala.
Et enfin, six élèves de l’école Joseph-François Perrault de Québec — Nadia Bahmed, Alexandre Bisson-Larrivée, Frédérique Lalanne, Marie-Michele Lortie, Francis Matte-Ouellet et Pier Alexandra Minkoue-Be-Nze, accompagné de leur animateur à la vie pastorale, Noël Marceau.
Ces six jeunes remarquables organisent chaque année des soirées gastronomiques, c’est-à-dire qu’ils préparent le dîner et en assurent la présentation et le service. Tous les profits sont versés à des organismes de charité.
Les douze personnes qui reçoivent aujourd’hui le Prix pour l’entraide sont des modèles d’engagement dans leur communauté pour ces jeunes qui marchent dans leurs pas.
Elles ont en commun la détermination d’agir pour le bien collectif.
Leur rendre hommage est pour moi un immense bonheur.
À Norman Aird, de Verdun, qui épaule les athlètes ayant une déficience intellectuelle et vient en aide aux personnes malades et aux plus démunis, je dis merci.
À Roland Babin, de Caplan, qui consacre de 20 à 30 heures par semaine à s’occuper des jeunes et des personnes âgées, je dis merci.
À Eleanor Beattie, de Montréal, qui travaille sans relâche à aider les personnes ayant une déficience intellectuelle à acquérir leur autonomie et à s’épanouir, je dis merci.
À Thérèse Bélanger Gauthier, de Montréal, qui a réconforté et accompagné les malades en phase terminale de l’unité de soins palliatifs de l’Hôpital Notre-Dame de Montréal et qui lutte présentement pour sa vie, je dis merci, du fond du coeur. À sa fille qui la représente aujourd’hui, nos pensées vont vers vous et votre famille en ces heures difficiles.
À Marcellin Bernatchez, de Montmagny, dont l’engagement auprès des jeunes et dans sa communauté est exemplaire, je dis merci.
À Guy Côté, de Beauport, pour son souci constant de favoriser le mieux-être de sa collectivité, qu’il s’agisse des familles, des plus démunis, des aînés ou des personnes malades, je dis merci.
À Charles Edouard Généreux, de Saint-Pie-de-Guire, une figure de proue de sa communauté et un homme qui porte bien son nom, je dis merci.
À Céline Lemay Massicotte, de Cap-Santé, pour son engagement dans l’organisation de collectes de sang et en faveur des jeunes et des personnes malades, je dis merci.
À Jules Pinard, de Trois-Rivières, qui s’est voué à la prospérité et au-mieux-être de sa collectivité, je dis merci.
À Jeanne Tremblay-Thibeault, de Baie-Saint-Paul, une femme d’action qui partage son amour de la vie avec les personnes âgées, les malades, les plus démunis et l’ensemble de ses concitoyennes et concitoyens, je dis merci.
À Jacqueline Verrette, de Montréal, qui s’emploie à humaniser le système carcéral et à donner aux anciens détenus, aux délinquants et aux sans-abris l’occasion de vivre dans la dignité, je dis merci.
À René Villemure, de Trois-Rivières, qui s’est retrouvé tétraplégique à la suite d’un accident de vélo de montagne et qui a transformé cette épreuve en défi, celui de devenir un exemple pour les jeunes, je dis merci.
Sachez que vous êtes des modèles d’engagement pour nous tous et pour les générations qui marchent dans vos pas et qui cherchent aussi à manifester leur volonté de partage.
Merci à chacune et à chacun de vous qui, comme j’aime à le répéter, nous montrez avec tant d’éloquence qu’il faut avoir le cœur à l’échelle de ce pays : c’est-à-dire grand et inépuisable.
