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La Citadelle, le mercredi 20 septembre 2006
Cette rencontre à la Citadelle revêt une certaine importance historique puisque l’on y tient un déjeuner d'État pour la première fois.
Mon mari Jean-Daniel Lafond et moi-même ne pouvions souhaiter meilleure compagnie pour inaugurer cette tradition que celle d’une chef d’État qui a été citoyenne de ce pays pendant plus de 40 ans et qui connaît bien l’importance historique et patrimoniale de la ville de Québec dans notre histoire collective.
À première vue, on serait porté à croire que le Canada et la Lettonie ont peu en commun. Madame la Présidente, vous savez mieux que quiconque que rien n’est plus faux.
En fait, les similitudes sont nombreuses entre nos deux pays.
Par exemple, chacun de nos pays est relativement peu peuplé tout en faisant face à des voisins puissants.
Le Canada et la Lettonie sont deux pays nordiques reconnus pour la beauté de leurs paysages.
Dans les deux cas, notre économie repose en grande partie sur les échanges commerciaux.
Et que dire du multilatéralisme que nos deux pays ont tant à cœur.
Comme vous le savez, le Canada est membre de nombreuses entités internationales, dont l’ONU, l’OTAN, le G-8, le Commonwealth, la Francophonie, et bien d’autres.
Depuis qu’elle a retrouvé son indépendance en 1991, la Lettonie s’est jointe à l’Union européenne, à l’OTAN, à l’OSCE, à l’OMC et à plusieurs autres organisations internationales.
Cet engagement envers le multilatéralisme que nous partageons et que nous sommes soucieux de promouvoir a donné lieu à de nombreuses rencontres de haut niveau entre les représentants de nos deux pays.
C’est ainsi que des visites en Lettonie ont été effectuées par l’ancien ministre des Finances du Canada et l’actuel président de notre chambre des Communes. Le Canada a également reçu les visites de plusieurs ministres de la Lettonie.
Aujourd’hui, j’ai l’immense plaisir d’offrir ce déjeuner officiel en votre honneur, Madame la présidente.
Sachez, Madame, que j’ai été très touchée par ce que nous avons en commun. Ma famille, tout comme la vôtre, a fui l’oppression et a trouvé refuge au Canada.
Et j’apprécie beaucoup cette occasion qui m’est donnée de vous rencontrer, et le peu de temps que nous passerons ensemble ne me permettra sans doute pas de vous poser autant de questions que je l’aurais souhaité.
Je salue en vous l’audace d’une femme qui a laissé derrière elle une belle carrière d’universitaire au Canada pour prêter main-forte à son pays d’origine.
Je tiens par ailleurs à souligner à quel point la Lettonie a bénéficié de votre leadership pour accomplir des progrès remarquables.
La croissance économique a été spectaculaire avec le passage d’une économie d’État à une économie de marché libre. Le défi était monumental.
Vous avez contribué à instaurer les principes de primauté du droit, de reddition des comptes et de transparence dans votre régime politique.
C’est également sous votre leadership que la Lettonie s’est jointe aux organisations que j’ai mentionnées plus tôt et qu’elle accueillera sous peu le premier sommet de l’OTAN dans un territoire qui était, il n’y a pas si longtemps, sous l’emprise de l’Union soviétique.
Vous avez joué un rôle de premier plan en raffermissant les liens entre la Lettonie et d’autres pays, en nouant de bonnes relations avec la Russie ainsi qu’avec les pays de l’Union européenne, les États-Unis, l’Ukraine, le Canada et bien d’autres.
Compte tenu de votre talent pour la diplomatie, il n’est pas étonnant que le secrétaire général de l’ONU vous ait confié le mandat d’envoyée spéciale pour la réforme de l’ONU!
Or, ce que vous avez réalisé jusqu’à maintenant laisse présager un avenir des plus prometteurs pour la Lettonie.
Cette phrase de vous, à propos de votre façon d’envisager l’avenir du peuple letton, m’est allée droit au cœur. « Ma nation », dites-vous, « a tellement besoin que chacun de ses citoyens soit capable de respecter l’humanité pour elle-même, aussi bien la sienne que celle des autres. »
Je suis ravie de constater que le Canada et la Lettonie font preuve de collaboration dans plusieurs domaines. Il y a notamment les militaires lettons et canadiens qui servent au même moment en Afghanistan pour combattre l’injustice et l’oppression.
Enfin, le commerce entre nos deux pays s’est considérablement accru depuis 1994, passant de moins de trois millions de dollars par an à 50 millions de dollars en 2005.
Et comment ne pas mentionner, sur le plan culturel, la visite parmi nous cet été du grand violoniste Gidons Kremers, né à Riga, en compagnie des jeunes musiciens de la Kremerata Baltica, qui ont fait le bonheur des mélomanes canadiens au festival de Lanaudière.
Je suis convaincue que surgiront, au cours de cette visite officielle, plusieurs occasions d’explorer d’autres façons pour les Lettoniens et les Canadiens de s’entraider pour le plus grand bien des uns et des autres.
Mais trève de discours.
Il y a un vieux proverbe letton qui dit ceci : « Un visage souriant est la moitié d’un repas. » Or, il y a ici de très nombreux visages souriants, ceux d’amis qui se sont rassemblés pour célébrer les liens qui unissent deux merveilleux pays.
Prenons donc ce repas dans la joie, en pensant à l’amitié qui unit le Canada et la Lettonie.
Mesdames et Messieurs, veuillez vous joindre à moi et porter un toast…. Et buvons ensemble à notre amitié. Qu’elle dure aussi longtemps que le soleil!
