Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion d’une réception officielle avec les membres de la Chambre d’Assemblée

Ce contenu est archivé.

St. John’s, le jeudi 6 juillet 2006

Mon mari Jean-Daniel Lafond, notre fille Marie-Éden et moi tenons à vous remercier pour le  très aimable accueil que vous nous avez réservé à Terre-Neuve-et-Labrador.

Avant tout, j’aimerais vous dire que le 1er juillet, à Ottawa, j’ai participé à une cérémonie du souvenir au Monument commémoratif de guerre du Canada pour rendre hommage aux soldats terre-neuviens et labradoriens qui ont combattu à Beaumont-Hamel, où 255 d’entre eux ont été tués, 386 blessés et 91 portés disparus dans la région de la Somme.

J’aimerais maintenant réitérer, devant vous qui êtes réunis ici aujourd'hui, le message de cet hommage qui a été rendu cette semaine en saluant le courage exemplaire de ces jeunes et braves soldats qui ont sacrifié leur jeunesse, parfois leur vie, au nom de la justice et de la liberté.

Je suis émerveillée d’être ici à St. John’s, la plus ancienne ville au Canada, et la capitale de la plus jeune province au Canada.

Nous sommes impatients à l’idée de voyager à travers cette magnifique province, dans les jours à venir, et de mieux connaître les citoyennes et les citoyens de Terre-Neuve-et-Labrador.

Je sais que les habitants de cette province ont vécu de grands bouleversements dans les dernières années. Vous avez assisté à l’érosion de vos modes de vie traditionnels qui ont subi l’influence des forces économiques mondiales.

Ce raz de marée a causé de graves difficultés pour certains, tandis que d’autres ont dû faire des choix pénibles, comme ces jeunes Terre-Neuviens et Labradoriens qui ont été nombreux à devoir quitter leur province en quête de meilleures perspectives d’avenir ailleurs.

Mais les gens de Terre-Neuve-et-Labrador ont toujours été  vaillants et ingénieux, le résultat de génération après génération ayant vécu dans un superbe, mais rude, environnement.

Votre province a connu une renaissance, en grande partie grâce à l’exploitation en mer du  pétrole et du gaz, mais ce n’est pas l’unique raison.

En effet, tout le monde sait que les Terre-Neuviens et les Labradoriens ont très bien réussi à tirer profit de la beauté naturelle et historique de cette province, transformant leur industrie touristique en un important secteur économique.

J’ai bien hâte de le constater moi-même. Mon mari et moi en aurons l’occasion, lorsque nous irons à Bonavista et à Trinity pour voir une pièce du théâtre Rising Tide et participer à un « Mug Up » au site historique Lester-Garland Premises.

Quelques jours plus tard, nous serons au parc national du Gros-Morne, un lieu d’une beauté à couper le souffle qui donne une idée de la magnificence de la nature dans cette province.

Outre les industries du pétrole, du gaz et du tourisme que je viens de mentionner, il y a également des volets du secteur de la haute technologie qui semblent être avantageusement exploités. Il y a, par exemple, l’ensemble des technologies océanologiques, ici à St. John’s, et les importants travaux de recherche scientifique en cours à l’Université Memorial.

Même dans le secteur traditionnel des pêches, les récentes nouvelles sont plutôt bonnes.

Je suis convaincue que bien des gens ont été heureux d’apprendre que le ministère fédéral des Pêches ouvrira une pêche à la morue à petite échelle pour le littoral nord-est de Terre-Neuve-et-Labrador.

Peut-être également que, symboliquement, l’annonce parallèle de l’ouverture d’une pêche vivrière a été encore mieux accueillie. Bien que la limite imposée de cinq morues par personne par jour ne ressemble en rien aux pêches d’autrefois, cela représente tout de même une lueur d’espoir.

Je sais que, dans une région qui est associée depuis plus de 500 ans à la pêche à la morue, l’espoir a toujours été un élément de stimulation pour les gens de Terre-Neuve-et-Labrador.

Il me tarde de rencontrer, au cours des cinq prochaines journées, les gens de cette île, car étant née dans une île du Sud, mon Haïti natale, j’ai toujours eu une affinité particulière avec d’autres insulaires!

Mon mari et moi sommes impatients de rencontrer des organismes de base populaire, des travailleurs sociaux, des artistes, des membres de la Garde-côtière, des pêcheurs, des cinéastes, des élus et, bien sûr, de nombreux citoyennes et citoyens de cette province.

Comme vous le savez, l’une de mes priorités à titre de gouverneure générale est de me rapprocher de toutes mes concitoyennes et de tous mes concitoyens, et d’encourager un grand dialogue national sur la manière dont nous pouvons travailler ensemble au mieux-être du Canada, d’un bout à l’autre du pays.

À chacun de mes voyages, j’ai cherché à engager la discussion avec les membres des communautés anglophone et francophone; avec les jeunes et les moins jeunes; avec les collectivités urbaines et rurales; avec les Autochtones, les néo-Canadiens et les citoyens établis ici depuis des générations.

C’est ma ferme intention de poursuivre cette discussion dans  votre province. Je ne suis pas sans ignorer que Terre-Neuve-et-Labrador est un membre très unique de la famille canadienne, qui a une longue et fière histoire, une culture riche et unique et une population dont la vigueur et l’ingéniosité n’ont d’égales que sa chaleur et son affabilité.

Je sais que vous, les gens de cette province, avez des soucis à partager, des histoires inspirantes à raconter et tant de choses à nous apprendre, à nous et au pays tout entier. C’est pourquoi je suis si impatiente de vous entendre.

Je tiens à vous assurer que, même si ma première visite se limite à la partie insulaire de votre province, j’y reviendrai pour visiter le Labrador, une région dont j’ai bien hâte de découvrir les réalités ainsi que les enjeux et les aspirations de ses habitants.

En terminant, permettez-moi de remercier le lieutenant-gouverneur Roberts et Madame Roberts, le premier ministre Williams et Madame Williams, ainsi que vous toutes et tous ici présents pour l’accueil extraordinaire qui nous a été réservé.

J’estime que cet excellent début est le présage d’une visite qui sera, à n’en pas douter, des plus agréables et des plus mémorables.

Merci beaucoup.