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Fort Simpson, le mercredi 21 juin 2006
Mon mari Jean-Daniel Lafond et moi-même vous remercions de votre accueil chaleureux à Fort Simpson. Moi qui suis née dans une île du Sud, mon Haïti natale, je suis particulièrement émue de me retrouver parmi vous dans une île du Nord.
À la confluence du puissant fleuve Mackenzie et de la rivière Liard, comme nous le rappelle son nom Liidli Kue en langue athapascane, nous voici sur l’île de Fort Simpson. Au cœur de la région Deh Cho et au point d’entrée vers la rivière Nahanni. Devant la beauté des lieux, je dirais comme vous que c’est un site béni des dieux. Vous avez sans doute remarqué la présence de quelques membres du personnel de Rideau Hall. Nous nous estimons tous très privilégiés d’être parmi vous aujourd’hui.
J’ai appris que, pendant plusieurs siècles, l’endroit où nous nous trouvons aujourd’hui a été un important lieu de rassemblement pour la Nation dénée. C’est ici que l’on célébrait la venue du solstice d’été après la fonte des glaces. Que l’on fêtait le retour des longues journées de lumière après la nuit sans fin. Je suis heureuse d’avoir choisi ce moment pour venir parmi vous. Mes yeux sont grands ouverts et je suis émerveillée par tout ce que je vois. Sachez aussi que mes oreilles sont grandes ouvertes pour entendre tout ce que vous me direz.
Notre rencontre est d’autant plus merveilleuse qu’elle a lieu en cette Journée nationale des Autochtones. Je ne pouvais souhaiter meilleure occasion de reconnaître à juste titre la contribution inestimable des peuples autochtones à notre histoire, à notre originalité et à nos projets d’avenir. Depuis ma nomination au poste de gouverneure générale du Canada, j’ai rencontré des femmes et des hommes, jeunes et moins jeunes, des communautés inuit, métisse et des Premières nations partout où je suis allée dans ce vaste pays.
Et je suis vivement impressionnée par les cultures autochtones qui, je le crois sincèrement, font partie du patrimoine de chaque Canadienne, de chaque Canadien, et sont au fondement même de notre identité collective.
J’estime que la liberté dont notre pays est si riche, et que l’on sent si vivante dans le grand Nord, ne doit pas être l’apanage de certains au détriment des autres.
J’irais jusqu’à dire que cette liberté commence au Canada avec ces grands espaces, ces eaux majestueuses et ces terres généreuses dont vous, les peuples autochtones, nous avez communiqué l’esprit et le génie. Vous êtes celles et ceux qui en ont d’abord célébré les richesses et qui nous ont appris à nous, venus d’ailleurs, tant les premiers explorateurs que les derniers arrivants, à nous enraciner en ce continent. Ne l’oublions jamais. Vous êtes nos racines les plus profondes en terre d’Amérique.
Le respect remarquable que vous vouez au territoire, aux traditions, à vos cultures et à vos langues, de même qu’à toute la création, symbolisée par les plumes blanches de la paix, est une grande leçon pour l’humanité entière. J’aimerais être pour vous tous une voix forte au sud du soixantième parallèle et partout où j’irai dans le monde. Votre message est porteur d’espoir et je veux qu’il rejoigne le plus grand nombre.
Je connais aussi votre souci de réussir dans le monde moderne tout en préservant vos modes de vie ancestraux. Votre volonté de préserver votre patrimoine et votre histoire pour les générations à venir. Votre souci de voir chacun de vos membres atteindre son plein potentiel au moyen de l’éducation et de l’apprentissage. Et votre détermination à prendre en main le destin de votre communauté. Je salue vos efforts, votre détermination, et sachez que je vous accompagnerai du mieux que je le pourrai dans vos démarches.
C’est un honneur que de participer à ce festin communautaire avec des femmes et des hommes qui ont tant à m’apprendre. Je ne peux rien accomplir sans vous et je souhaite de tout cœur que nous établissions aujourd’hui et pour les années à venir une relation amicale et fructueuse.
Je suis fière de vous, et je suis fière de porter en moi des étincelles de cette sagesse éblouissante qui mérite de rayonner partout au pays, dans nos cœurs et dans nos esprits. J’aimerais tant que notre histoire, qui va se poursuivre, nous la construisions désormais ensemble.
Au nom de l’amitié et en remerciement de l’honneur que vous nous faites en nous accueillant parmi vous, en ce jour du solstice d’été, où la lumière est la plus vive sur la Terre, je vous remercie de tout mon cœur et je vous tends la main pour travailler au mieux-être de notre monde.
