Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean - Discours à l’occasion d’une réception marquant le 40e anniversaire de l’Ordre du Canada

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La Citadelle, le dimanche 16 septembre 2007

Mon mari Jean-Daniel Lafond et moi sommes enchantés de profiter de notre séjour à la Citadelle, où nous avons transporté les activités du bureau pendant dix jours, pour souligner avec vous le 40e anniversaire de l’Ordre du Canada.

Souvent, les gens nous demandent où nous nous sommes procuré la jolie épinglette que nous portons. Je suis persuadée que cela vous arrive aussi lorsque vous la portez. C’est chaque fois l’occasion de dire qu’il s’agit de l’Ordre du Canada et d’en expliquer la valeur.

L’un des buts que je compte réaliser durant cette année d’anniversaire est justement de mettre en valeur l’Ordre du Canada, ses membres et leurs réalisations. Le système des distinctions honorifiques mérite d’être reconnu.

À titre de gouverneure générale du Canada, j’aime à reconnaître nos modèles, nos héros de l’histoire et du quotidien.

Chaque fois, j’en ressors émue, fière, inspirée. Et je suis persuadée que la population gagnerait à mieux connaître la contribution des femmes et des hommes de ce pays qui, par leur générosité, leur génie et leur savoir-faire, font progresser la société.

Il importe, à mon avis, que nous comprenions mieux la nature et la portée du régime de distinctions honorifiques de notre pays, dont la raison d’être est de souligner les actes méritoires de toutes sortes.

L’histoire de ce régime est digne du plus grand intérêt.

Et comme vous le savez sans doute, les distinctions honorifiques de notre pays ont connu des origines compliquées et controversées. Même pour l’Ordre du Canada, les obstacles ont été nombreux avant que cette décoration ne voit le jour.

Même le nom de l’Ordre du Canada a fluctué tout au long du processus de création. On a songé à diverses reprises, par exemple, à l’appeler Ordre du castor, ou Ordre du Saint-Laurent, ou encore Ordre royal élisabéthain!

Sans oublier que, lorsque la proposition finale de création de l’ordre a été présentée au Cabinet en 1966, un seul niveau a été approuvé, et non trois comme de nos jours. L’idée d’avoir trois niveaux avait été rejetée par certains ministres du Cabinet qui y voyaient un concept élitiste.

Aujourd’hui, nous pensons différemment. Nous savons en effet qu’il n’y a rien d’élitiste à célébrer l’excellence. Et lorsque nous conférons l’Ordre du Canada à nos concitoyennes et concitoyens, cela ne signifie pas qu’ils sont meilleurs que les autres, mais plutôt qu’ils reflètent ce qu’il y a de mieux en nous.

C’est-à-dire le sens de l’engagement, du dépassement, le souci de l’autre, la passion, le goût de l’approfondissement, la volonté d’aller au bout d’une aventure, d’explorer le savoir et la vie dans toutes ses dimensions.

Vos actions, vos idées et vos réalisations nous inspirent, ravivent notre fierté et nous montrent qu’il est toujours possible de changer les choses. Qu’il n’y a rien de pire que l’indifférence et l’immobilisme.

Vous qui avez été reçus dans l’Ordre du Canada êtes de véritables modèles dans toutes les sphères d’activités imaginables.

Vous représentez un trésor de connaissances, d’idées, d’expériences et d’actions qui doit rejaillir sur l’ensemble de la population, notamment sur les jeunes qui ne demandent qu’à  suivre vos traces.

Aujourd’hui, c’est avec fierté que je me joins à vous pour célébrer 40 ans d’excellence, de savoir-faire, d’ingéniosité et d’altruisme.

J’aimerais qu’ensemble nous nous demandions comment mieux faire connaître l’Ordre du Canada et susciter davantage de nominations.

Soyons ces têtes chercheuses qui feront en sorte qu’un plus grand nombre de nos concitoyennes et concitoyens soient reconnus pour la portée de leurs réalisations.

Je compte sur vous.