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Rideau Hall, le vendredi 9 juin 2006
Mon mari Jean-Daniel Lafond et moi-même sommes enchantés de vous accueillir à Rideau Hall pour marquer le coup d’envoi de votre nouvelle étape dans votre carrière. Vous serez bientôt appelés à représenter notre pays à l’étranger et, à ce titre, vous incarnerez nos valeurs et notre culture et, si j’ose dire, notre visage, partout où vous serez en poste.
Ce n’est pas une mince tâche. Mais c’est une tâche passionnante qui vous enthousiasme, j’en suis certaine. Je sais à quel point Le Canada est un pays de tous les possibles, je l’ai souvent dit depuis ma nomination au poste de gouverneure générale. Le Canada d’aujourd’hui est aussi d’une riche diversité qui fait l’envie de plusieurs pays du monde : diversité démographique, diversité régionale, diversité géographique et diversité culturelle. Voilà ce qu’il vous faudra mettre en valeur, à titre de représentants du Canada.
Vous êtes sans doute nombreux à savoir que vous serez parfois le premier contact que les étrangers auront avec une Canadienne, un Canadien. C’est dire l’importance de votre travail sur le terrain. Il y va souvent de la perception que les peuples du monde se forment de notre pays. Certains croient même que nous sommes ennuyants! Il vous reviendra aussi d’ajuster cette image du Canada à l’étranger à nos propres réalités. C’est-à-dire faire en sorte que cette image soit juste et dynamique et qu’elle corresponde aux valeurs de justice et de liberté que nous incarnons dans le concert des nations.
Nous tenons toutes et tous la citoyenneté canadienne pour une chose précieuse. Elle est synonyme d’ouverture et de prospérité; mais elle représente également des responsabilités. Celle, notamment, de toujours soupeser les intérêts des uns en fonction des besoins des autres. Celle de penser, dans chacun de nos gestes, au plus grand nombre, sans pour autant aliéner les droits des minorités. Celle de protéger une terre généreuse dont les peuples autochtones continuent à nous communiquer la sagesse. Celle de ne jamais rester indifférents devant les malheurs du monde.
Voilà le Canada que j’aime et dont vous serez l’image vivante aux quatre coins de la planète.
Le XXIe siècle doit être celui où nous trouverons des valeurs communes à l’ensemble des civilisations. Il doit être celui du dialogue et porter sur des enjeux qui nous concernent toutes et tous, où que nous vivions sur la planète. Et, comme j’aime à le répéter, le Canada a d’autant plus de résonance qu’il contient le monde.
Nos perspectives d’avenir débordent largement nos frontières et embrassent l’humanité entière. Ce n’est plus seulement de nationalités qu’il s’agit, mais de mondialité.
Le temps est venu, et je m’en réjouis, de repenser le monde en fonction de cette carte des valeurs que nous partageons, et non plus en fonction des frontières qui nous séparent. Voilà comment j’imagine la carte du monde à venir.
Je suis convaincue que cette nouvelle carte sera à l’image du Canada et naîtra du rapprochement des cultures qu’entraîne inévitablement l’ouverture à l’autre. Ne l’oublions pas.
C’est sur cette parole d’espoir que mon mari et moi vous félicitons alors que vous vous apprêtez à prendre les routes du monde pour nous représenter à l’étranger. Nous souhaitons surtout que vous propagiez notre message d’ouverture aux peuples de la Terre. Que nos vœux de bonheur et de succès vous accompagnent.
