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Nouvelles

Carrefour 2017 – Un appel à l’action pour le Canada

Ottawa (Ontario), le mardi 7 février 2017

 

Le Canada : une nation de perdants.

C’est exact : de perdants!

Je parie que vous ne vous attendiez pas à une telle déclaration de la part du gouverneur général aujourd’hui?

Pourtant, c’était bel et bien ce que pensait Hugh MacLennan, cinq fois lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général et l’un des plus grands romanciers canadiens du XXe siècle.

Pour lui, c’était un compliment, et non une insulte.

En nous traitant de perdants, il voulait dire que de nombreux Canadiens — à l’exception notable des Autochtones — sont venus au Canada par nécessité.

Ils fuyaient la guerre.

Ils fuyaient la faim.

Ils fuyaient l’oppression. 

Ils fuyaient l’absence de possibilités.

Que venaient-ils chercher?

Le contraire de ce qu’ils fuyaient, sans doute :

Ils sont venus pour la paix.

La prospérité.

La tolérance.

Les possibilités.

C’est ce que le Canada représentait pour bon nombre de nos parents, grands‑parents et ancêtres lointains qui sont venus ici.

Paix. Prospérité. Tolérance. Possibilités.

C’est plutôt attrayant, n’est-ce pas?

Ces quatre ingrédients sont essentiels, mais je crois que les deux derniers, soit la tolérance et les possibilités, constituent le fondement de la réussite du Canada, la réussite passée, présente et future.

Sans tolérance ni possibilités — autrement dit, sans inclusivité —, il ne peut y avoir ni paix ni prospérité.

Un pays inclusif

Lorsque le Canada a connu le succès, c’est parce qu’il s’est engagé à favoriser l’inclusivité, ainsi qu’à comprendre et à respecter la différence.

Je dirais même que notre succès découle de notre diversité, car elle nous renforce.

Lorsque le Canada a connu l’échec — pensons à la politique désastreuse des pensionnats indiens —, c’est parce qu’il a tenté de réduire la diversité et de limiter l’inclusivité.

La société canadienne est à son meilleur lorsqu’elle reflète sa géographie : vaste, immense et inclusive.

La beauté du Canada, et la chose vraiment novatrice, c’est que nous pouvons incarner plusieurs de ces réalités à la fois.

Un de mes prédécesseurs, John Buchan, l’a reconnu très tôt. Il avait la perspective d’une personne venant de l’extérieur. Il est né en Écosse et a été gouverneur général du Canada de 1935 à 1940, au début de la Seconde Guerre mondiale.

Malgré ces années difficiles, il s’est montré optimiste pour ce pays. Il a été parmi les premiers à énoncer un thème clé du Canada : celui de l’inclusivité.

Il a compris que nous sommes plus forts lorsque nous embrassons la diversité. Il y voyait la clé de la paix et la prospérité. C’est encore le cas.

En 1936, M. Buchan a dit ceci à un groupe d’Ukrainiens établis au Manitoba : « Le fait d’être de bons Ukrainiens fera de vous de meilleurs Canadiens. »

Pensez‑y un instant.

Non seulement « vous pouvez être à la fois Canadien et Ukrainien », mais « vous serez de meilleurs Canadiens en respectant votre identité ukrainienne ».

Il en va de même pour toute combinaison d’origines à laquelle vous pouvez penser. Respectez qui vous êtes et d’où vous venez, et respectez où vous êtes et où nous irons ensemble.

Au Canada, vous pouvez faire les deux.

Une occasion à saisir pour le Canada

Pensez à la façon dont cette notion de respect et de promotion de la diversité est devenue une réalité incontournable qui est parfaitement adaptée au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Notre monde est complexe, diversifié et mondialisé, et il évolue très rapidement. La quatrième révolution industrielle — tout juste après la révolution du numérique — porte sur les nouvelles technologies. Cela relève de la science‑fiction.

À vrai dire, les auteurs de science‑fiction ont bien du mal à écrire de nouveaux scénarios de nos jours, car la fiction relève maintenant du fait!

Internet des objets. Intelligence artificielle. Robotique. Impression 3D. Biotechnologie. Voitures autonomes. Nanotechnologie.

Tout comme les première, deuxième et troisième révolutions industrielles, la quatrième révolution a de profondes répercussions sur nos vies. C’est le propre des révolutions.

À une telle époque, nous devons nous adapter et modifier notre pensée, notre comportement, nos lois et nos institutions, tout comme notre façon d’apprendre et de suivre le rythme. Nous devons accepter qu’un changement se produira, que nous le voulions ou non.

La seule question à se poser est la suivante : dans quelle mesure guidons‑nous ce changement? Autrement dit, comment faire pour éviter d’en être les victimes?

L’auteur Thomas Friedman, récipiendaire d’un prix Pulitzer, parle de « l’ère de l’accélération », une époque où les gens et les sociétés sont mis à l’épreuve par la circulation rapide des idées et la transformation de presque toutes les sphères de la vie.

Notre façon de réagir, écrit‑il, sera le facteur déterminant de notre succès pour ce qui est de bien vivre ce moment historique.

Je cite :

[traduction] « Les sociétés qui sont les plus ouvertes aux flux du commerce, de l’information, de la finance, de la culture ou des savoirs, et celles qui désirent le plus en tirer des enseignements et y contribuer, sont celles qui ont le plus de chances de se bien se développer dans l’ère de l’accélération. Celles qui en seront incapables vivront des situations difficiles. »

Le titre de cette conférence, Carrefour, est très pertinent. C’est exactement ce qui se produit en cette ère de l’accélération : nous en sommes à un carrefour où on constate une convergence rapide et profonde à l’échelle mondiale.

Que peut‑on faire pour contribuer à façonner ce changement plutôt que de simplement y réagir?

Voilà notre défi.

Voilà votre défi.

C’est le 150e anniversaire de notre pays, et je crois que les Canadiens ont une chance unique de réussir et de faire entendre nos voix partout dans le monde.

Ce pays est ouvert et diversifié. Comme nous le savons tous, nous ne sommes malheureusement pas à l’abri des tragédies ici, mais, dans l’ensemble, nous sommes fort à l’aise avec notre diversité.

Et nous vivons dans un monde diversifié, mondialisé, plein d’idées et de différences. Nous le célébrons aussi.

Les Canadiens sont prêts à tendre la main au monde et à réussir, partout.

Il s’agit d’une occasion à saisir pour le Canada.

L’appel à l’action

J’aimerais vous lancer un défi :

Ne gaspillons pas ce moment.

Soyez présents.

Participez.  

Exprimez‑vous.

Soyez de la partie.

En tant que participants à cette conférence, vous êtes les figures de proue de votre génération. Vous venez de partout au pays. Vous êtes les ambassadeurs de vos collectivités et de vos écoles, et j’espère vous voir passer à la prochaine étape.

Je veux que vous soyez les ambassadeurs de cette expérience canadienne : pour la réconciliation, la tolérance, l’inclusivité, l’ouverture, la collaboration et les possibilités du Canada.

Je veux que vous soyez les champions de ce Canada partout où vous irez.

Cela signifie qu’il faut vous défendre et améliorer notre société ouverte et inclusive et à montrer au reste du monde que c’est justement cet idéal ce que défend le Canada.

Cela signifie qu’il faut faire preuve d’imagination. Il faut apprendre de nouvelles langues et de nouvelles compétences. Cela signifie défendre ses croyances. Cela signifie tenir compte du point de vue des autres — surtout lorsque vous êtes en désaccord ou que vous ne comprenez pas. Entamez de bonne foi un dialogue avec ces personnes.

L’inclusivité signifie que tous les membres d’une société comptent. Aux dernières nouvelles, 36 386 425 personnes vivaient au Canada.

Chacune de ces personnes compte. 

C’est une terre de possibilités pour tous; voilà la possibilité du Canada.

Mais rien ne doit être tenu pour acquis. Nous ne pouvons prétendre que le succès est assuré.

Nous devons défendre le genre de pays, et le genre de monde, dans lequel nous voulons vivre.

Nous devons l’exposer clairement. Les mots sont importants.

Nous devons le bâtir. Les actions sont importantes.

Nous devons le vivre. La conviction est importante.

J’ai travaillé avec des jeunes toute ma vie, et vous avez tous mon entière confiance.

Je souhaite inviter tous ceux et celles qui peuvent offrir des possibilités à ces jeunes gens brillants, talentueux et dynamiques à passer à l’action.

Donnez‑leur la chance de nous montrer la voie à suivre.

Ils sont prêts.

Dans le cadre du 150e anniversaire, sachons reconnaître le caractère unique du Canada.

Corrigeons les erreurs du passé et bâtissons un pays plus inclusif.

Encourageons le monde à tirer des enseignements de notre expérience et à collaborer avec nous.

Nous sommes en 2017. C’est l’année idéale pour célébrer le Canada pour ce qu’il est : un pays de perdants qui, de bien des façons, fait l’envie du reste du monde.

C’est maintenant à vous d’agir et l’avenir est entre vos mains!

Merci d’avoir répondu à l’appel.