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Nouvelles

Allocution liminaire à l’occasion d’un déjeuner avec des chefs d’entreprise organisé par le Beacon Council : Le Canada et la Floride : Relations en transformation

Miami (Floride), le jeudi 26 mai 2016

 

Je suis ravi de me joindre à vous ici à Miami. Je peux comprendre pourquoi Miami est surnommée la « Ville magique »!

Il y a quelque chose de spécial ici qui attire l’attention et les talents du monde entier, y compris du Canada.

Toutefois, avant de décrire nos relations commerciales, je tiens à remercier ceux et celles qui nous aident à souligner les liens entre la Floride et le Canada et à faire connaître les nombreuses possibilités qu’offre Miami :

Notre hôte et partenaire, le Beacon Council, qui est certainement conscient de l’importance de cette relation;

La Greater Miami Chamber of Commerce, un de nos partenaires de longue date, qui planifie actuellement une importante mission commerciale au Canada dans les prochains mois.

Et enfin, eMerge Americas, qui a tenu sa troisième conférence annuelle ici, le mois dernier, et le Canada était heureux d’y assister pour la toute première fois. La réussite de la conférence a contribué à attirer une attention justifiée sur Miami en tant que centre d’innovation.

Il y a même un lien avec le Canada dans ces organismes!

Le président du Beacon Council, Ernie Diaz, est président régional de la Banque TD en Floride. Comme vous le savez, la Banque TD a été fondée au Canada et TD signifie Toronto-Dominion. La filiale des États-Unis compte plus de 160 succursales dans l’État de la Floride seulement. M. Diaz, je vous suis reconnaissant, à vous et au Beacon Council, pour votre excellent travail.

Quelle est la relation commerciale entre le Canada et la Floride?

S’il y a un chiffre dont nous devons nous souvenir, c’est le un, comme dans « premier ».

Le Canada est le premier client et partenaire en importance de la Floride.

Notre participation à l’économie dépasse le stéréotype des snowbirds qui séjournent en Floride chaque année pour fuir l’hiver canadien.

Le Canada apprécie et valorise ses liens économiques étroits avec la Floride.

Voici quelques statistiques :

  • Plus de 600 000 emplois en Floride dépendent du commerce et de l’investissement avec le Canada.
  • Nos échanges commerciaux totalisent 8,1 milliards de dollars chaque année.
  • Le Canada est le partenaire économique le plus important de la Floride dans les secteurs du commerce, de l’agriculture, de l’investissement, du tourisme et de l’immobilier. En ce qui concerne l’agriculture, nous achetons près du quart des exportations de produits agricoles de la Floride.
  • Le Canada est un chef de file mondial reconnu dans les partenariats public-privé. Il perçoit des possibilités accrues de collaboration pour répondre aux besoins d’infrastructure de l’État et apporter ainsi des avantages aux entreprises et à la population de la Floride. Cela pourrait être un secteur de collaboration dans l’avenir.  
  • Et voici peut-être le meilleur indicateur des échanges entre le Canada et la Floride : les Panthers de la Floride ont le plus grand nombre de joueurs canadiens de toutes les équipes de la LNH, sans oublier son capitaine, Willie Mitchell!

Autrement dit, le Canada a des racines profondes ici, en Floride, et plus précisément à Miami.

Nous sommes vos voisins, vos investisseurs, vos clients et vos partenaires.

Et nous travaillons à vos côtés pour apporter des avantages aux deux populations.

Alors, pourquoi collaborer? Plus précisément, pourquoi Miami devrait-elle se tourner vers le Canada et vice-versa?

Parce qu’il s’agit d’une ville en pleine transformation.

Des sciences de la vie et de l’éducation à la technologie, au cinéma et aux arts visuels, Miami se diversifie et découvre de nouveaux moteurs économiques.

Autrement dit, Miami s’impose comme un centre d’innovation de premier plan aux États-Unis et rejoint un public national et international.

L’innovation est l’une des forces motrices dans l’évolution de la société. Notre capacité à commercialiser des idées novatrices joue un rôle important dans notre prospérité future. Elle peut mener à la création de nouveaux emplois, de nouvelles approches et de nouvelles industries.

En agissant en concertation, les dirigeants sectoriels, les décideurs, les entrepreneurs et les chercheurs universitaires peuvent créer les conditions qui permettent aux économies fondées sur l’innovation de prospérer.

Voici les domaines dans lesquels le Canada peut aider.

Les villes comme Miami, Toronto, Waterloo, Vancouver et bien d’autres au Canada sont importantes.

Elles sont importantes parce que, malgré notre capacité à communiquer instantanément partout dans le monde, le talent et le capital ont toujours besoin d’un chez-soi. Et, aussi, parce qu’elles tendent encore à former des grappes ou des « écosystèmes d’innovation », comme on les appelle parfois.

La création de ce genre de grappes d’innovation peut entraîner toutes sortes de bonnes conséquences, tant économiques que sociales.

À l’heure actuelle, le Canada établit des grappes d’excellence dans des disciplines comme les données massives, l’Internet des objets et d’autres volets de la « quatrième révolution industrielle », qui était le thème du Forum économique mondial de cette année à Davos.

Une des façons de relever les défis auxquels nous faisons face est d’intensifier notre attention sur l’innovation.           

Voici maintenant des statistiques sur les publications universitaires.

Il s’agit d’un domaine où les Canadiens sont de solides partenaires.

Près de la moitié des articles en sciences et en ingénierie publiés par des Canadiens ont été cosignés avec des personnes de l’étranger, le plus souvent avec des chercheurs américains, qui sont de loin nos partenaires les plus fréquents (47,6 % des articles rédigés en collaboration par des chercheurs canadiens sont cosignés avec des Américains).

Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles les Canadiens font d’excellents collaborateurs, notamment en innovation, mais je n’en mentionnerai que quatre :

Premièrement, nous croyons profondément à l’importance de collaborer et d’apprendre les uns des autres. Les premiers Européens venus au Canada dépendaient entièrement de leur volonté de collaborer avec les peuples autochtones et d’apprendre d’eux.

Deuxièmement, le Canada a tenté d’offrir une éducation de qualité, plus abordable pour tous. C’est ainsi que des générations de Canadiens ont eu une meilleure chance de surmonter des obstacles comme la discrimination, la pauvreté et l’immobilisme social.

La troisième raison qui fait du Canada un bon partenaire en éducation est sa capacité d’allier l’accessibilité et l’excellence dans ce domaine. Il ne s’agit pas de choisir entre l’un ou l’autre, mais plutôt d’avoir les deux.

Quatrièmement, on encourage les nouveaux Canadiens à conserver et à célébrer leur culture et leur langue, tout en adoptant les valeurs canadiennes et les deux langues officielles du Canada. Cette approche favorise l’harmonie sociale et rend le Canada plus ouvert sur l’extérieur et le monde.

L’approche du Canada est fondamentalement inclusive. Elle n’est pas parfaite, bien sûr, mais nous nous efforçons de concilier nos différences comme toute autre société. La plupart des Canadiens sont toutefois remarquablement ouverts et prêts à travailler au-delà des frontières, des cultures et des disciplines, entre autres au sud de la frontière avec nos amis et voisins américains.

Nous devons agir pour renforcer nos partenariats parce que nous vivons dans un monde dynamique, en évolution rapide, et que nous devons être concurrentiels.

J’ai mentionné précédemment que Miami se transforme et devient une plaque tournante non seulement dans les arts, mais aussi dans l’innovation. La ville est également une porte d’entrée vers l’Amérique latine et héberge des citoyens d’origines diverses, comme le Canada.

Tout compte fait, il existe de nombreuses occasions pour les Canadiens d’investir dans notre relation et de l’approfondir.

Et nous sommes bien placés pour faire encore davantage!

On compte déjà 315 entreprises à propriété canadienne dans l’État de la Floride, et ce nombre augmente chaque année.

Qu’est-ce que cela représente en chiffres concrets?

Cela représente 42 700 emplois directs dans l’ensemble de l’État et plus de 1,7 milliard de dollars en salaires. Bien entendu, ce chiffre ne comprend pas les contributions faites au moyen des impôts et des dons de charité.

Comme vous le voyez, les Canadiens ont un poids réel ici.

Et pourtant, il y a la possibilité de faire encore davantage.

Les Canadiens et les Floridiens doivent redoubler leurs efforts pour forger de nouveaux liens et partenariats. D’une certaine manière, je suis d’avis que nous tenons notre amitié peut-être trop pour acquise. Nous sommes tellement ancrés dans nos perceptions de part et d’autre que nous n’avons pas profité des occasions de faire évoluer ces perceptions.

Cela dit, où allons-nous maintenant?

Je crois que la réponse est simple : nous allons plus loin.

Je reformule ma phrase : nous devons aller plus loin.

Il faut se pencher sur nos relations, relever les éléments qui fonctionnent bien et les points à travailler, et viser un engagement encore plus vaste et plus vigoureux.

S’il y a une chose que vous devriez retenir aujourd’hui, c’est que ma visite d’aujourd’hui est un moment passerelle.

Je m’inspire souvent de John Buchan, un romancier et historien parti d’Angleterre pour venir s’installer au Canada, qui est devenu gouverneur général en 1935. Dans les derniers mots de sa biographie du patriote écossais Montrose, il souligne avec insistance le devoir éternel de l’humanité de combiner de vieilles vérités avec une nouvelle passion. « Aucune grande cause n’est entièrement perdue ou gagnée », a-t-il écrit. « La bataille doit toujours être renouvelée et le credo, reformulé. »

Renouvelons notre amitié et redécouvrons nos partenariats.

Que cette visite marque le début d’une phase encore plus riche et plus dynamique des relations entre le Canada et la Floride.

Merci.