Le léopard vice-royal
  1. La gouverneure générale du Canada
  2. Son Excellence la très honorable Julie Payette
Nouvelle & événements
  • Aperçu avant impression
  • Imprimer: 
  •  Envoyez à Facebook (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  •  Envoyez à Twitter (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Envoyez à email (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Partager: 

Nouvelles

Remise des Prix du Gouverneur général en commémoration de l’affaire « personne »

Rideau Hall, le mardi 29 octobre 2013

 

« Lorsque je ne sais pas si je dois me battre ou pas, je me bats! » Emily Murphy, la femme qui a prononcé ces paroles, était une combattante. Henrietta Muir Edwards, Nellie McClung, Louise McKinney et Irene Parlby l’étaient aussi. Ces cinq femmes célèbres se battaient avec une acuité d’esprit et une bonté de cœur qui demeurent, encore aujourd’hui, nos armes les plus puissantes.

Elles se sont unies, misant sur leur intelligence et leur compassion pour abolir une injustice dans les lois de notre pays. La victoire qu’elles ont ainsi remportée aura profité aux Canadiennes de l’époque, mais aussi à tous les Canadiens qui allaient suivre.

Constance Backhouse, Nahanni Fontaine, Susan Kathryn Shiner, Cherry Smiley, Julie Lalonde — vous êtes aussi des combattantes. Votre lutte diffère de celle des Célèbres cinq, mais elle n’est pas moins importante pour notre pays. Chaque jour, vous luttez contre des fléaux implacables qui s’abattent sur un trop grand nombre de femmes au pays — l’ignorance, la pauvreté, la peur.

Vous luttez, car vous savez, dans votre esprit et votre cœur, que les Canadiennes ne seront entièrement libres que lorsqu’elles seront en mesure de poursuivre leurs buts, à leur manière.

Vous luttez, car vous savez que les femmes ne seront pas entièrement libres tant qu’elles ne pourront pas décider exactement de la façon dont elles vivent leur vie, élèvent leurs enfants et mènent leur carrière.

Vous luttez pour que les femmes puissent apprendre, grandir et aller aussi loin que leur dictent leur cœur et leur esprit.

Vous luttez pour qu’elles puissent s’épanouir sans craindre les effets paralysants de l’intimidation et de la violence.

Vous êtes cinq femmes incroyables qui savent que le Canada ne sera jamais la nation avertie et bienveillante qu’elle doit être tant que toutes les citoyennes ne sont pas entièrement et véritablement libres.

Grâce à votre intelligence et votre compassion, vous propulsez notre pays le long du chemin que les Célèbres cinq ont tracé pour les Canadiens. Vous êtes les célèbres cinq d’aujourd’hui.

Nous vous remercions, au nom de notre nation. Ce faisant, nous vous encourageons à continuer votre excellent travail. Nous incitons les autres à suivre votre exemple. Et nous mettons en lumière, pour tous les Canadiens, ces valeurs qui nous sont chères et qu’il faut préserver : l’égalité, l’équité, la liberté.

En rendant hommage aux successeures des Célèbres cinq, nous avons l’occasion de remonter le cours de l’histoire et d’apprendre du passé. Comme l’a dit le critique littéraire britannique John Carey, la fonction la plus utile de l’histoire consiste à nous montrer, dans toute sa douleur, son âpreté et son honnêteté, comment les générations passées ont poursuivi des objectifs qui nous semblent aujourd’hui erronés ou honteux.

Il a fallu plus d’un demi-siècle après la Confédération pour que les actions des Célèbres cinq poussent notre pays à rayer une disposition législative remontant à une époque barbare.

Dans 50 ans, que diront les Canadiens de la situation des femmes au pays en 2013? Je crois qu’ils diront que trop de femmes souffrent des traumatismes physiques et mentaux associés à la violence, à l’intimidation et à la peur.

Je parle sans ambages, puisque les Canadiens ont la force de ne pas reculer devant la vérité — bonne ou mauvaise — à propos de notre peuple. Nous ne nous complaisons pas dans le mensonge.

Les cinq femmes à qui nous rendons hommage aujourd’hui travaillent ardemment pour aider les femmes qui sont victimes de violence et pour enrayer à tout jamais la violence à leur égard. Inspirés par leur noble exemple, nous devons, en tant que Canadiens, élargir nos esprits, ouvrir nos cœurs, rejeter nos idées fausses, mais réconfortantes, et libérer les femmes de tout âge de toutes les formes de violence, d’intimidation et de peur.

Vous cinq montrez la voie à suivre à vos concitoyens. Notre devoir consiste à vous suivre — à lutter avec nos esprits vifs et nos cœurs généreux, pour que les femmes soient entièrement et véritablement libres et que le Canada devienne un pays averti et bienveillant pour tous.