Le léopard vice-royal
  1. La gouverneure générale du Canada
  2. Son Excellence la très honorable Julie Payette
Histoire
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Histoire

Georges Philias Vanier

Général le très honorable Georges Philias Vanier (1959-1967)

Major General The Right Honourable Georges Philias VanierTout jeune homme, Georges Vanier est nommé aide de camp du gouverneur général de l'époque, lord Byng, en 1921. Lui et son épouse sont mariés depuis moins d'un an lorsqu'ils viennent s'installer à Rideau Cottage, sur le domaine de Rideau Hall. Trente-huit ans après cette première introduction, Georges et Pauline Vanier s'installent à Rideau Hall en qualité de nouveau couple vice-royal.

La nomination de Georges Vanier est annoncée lors d'une réunion du Cabinet à Halifax, présidée par Sa Majesté la reine Élizabeth II. Le respect et l'affection qu'inspire le général Vanier font de lui le successeur tout désigné du populaire gouverneur général Vincent Massey.

Le Canada connaît des temps difficiles et le général Vanier est cardiaque, mais celui-ci réagit à la nouvelle de sa nomination avec la foi profonde qui l'anime constamment. « Si Dieu me veut pour ce travail, dit-il, il me donnera la force de l'accomplir ». Les fortes convictions religieuses de Georges et Pauline Vanier les poussent à défendre les défavorisés, les jeunes et la famille. Leur intérêt pour l'état de la famille au Canada les conduit à organiser en 1964 la « Conférence canadienne de la famille », à Rideau Hall, événement qui donnera naissance à la fondation de l'Institut Vanier de la famille.

Durant le mandat du général Vanier, la cause séparatiste prend de l'ampleur au Québec. Le général Vanier croit fermement dans l'unité canadienne, et il s'efforce souvent dans ses discours d'apaiser les tensions entre francophones et anglophones. Il maîtrise parfaitement les deux langues et encourage une politique de bilinguisme bien avant d'occuper la charge de gouverneur général. Le vif intérêt qu'il témoigne au Canada est révélé dans un des derniers discours de sa vie, lorsqu'il déclarait: « Le chemin de l'unité est le chemin de l'amour: l'amour de notre pays, la foi dans son avenir, nous donnera une nouvelle orientation et une nouvelle volonté, nous élèvera au-dessus de nos querelles intestines et nous unira au nom du bien commun... Je prie Dieu pour que nous puissions tous marcher main dans la main. Nous ne pouvons courir le risque de voir notre grand pays se désagréger ».

Malgré sa mauvaise santé, le général Vanier ne cessera jamais de voyager à travers le Canada. Son médecin croit que tous ces déplacements exigent de lui un effort excessif, mais chaque fois il constate que le couple revient tonifié. Les voyages de Georges et Pauline Vanier accroissent l'affection des Canadiens pour le couple vice-royal, qui reste dans les mémoires pour son authentique bienveillance envers tous ceux qu'il rencontre, en particulier les enfants et les personnes âgées. Entre autres voyages, le général Vanier assiste à l'inauguration de la voie maritime du St-Laurent à Cornwall, en Ontario, le 29 janvier 1960, et il est fait Chef grand aigle de la tribu des Pieds-Noirs, à Calgary en juin 1965.

Durant ses voyages, le général Vanier encourage les jeunes à travailler avec constance et à viser à l'excellence. Son engagement envers les jeunes apparaît dans le plaisir qu'il éprouve à exercer son rôle de chef scout du Canada, et dans son soutien actif au mouvement scout. Il institue en 1967 les Prix Vanier décernés à de jeunes Canadiens éminents, prix qui reconnaîtront l'excellence de la Jeune Chambre de commerce du Canada. Et pour reconnaître l'excellence dans la fonction publique fédérale, provinciale ou municipale, la Médaille Vanier de l'Institut d'administration publique du Canada est établie en 1962.

Le général Vanier est un fanatique de sports. Il institue à la fois la Coupe Vanier pour le championnat universitaire de football à l'Union sportive interuniversitaire canadienne, et le Prix d'escrime du gouverneur général en 1965. Par-dessus tout, il aime le hockey et il est un partisan enthousiaste de l'équipe de hockey des Canadiens de Montréal.

Durant leur séjour à Rideau Hall, les Vanier reçoivent une longue liste d'invités de marque. Parmi les visiteurs, citons le président des États-Unis John Kennedy et Mme Jacqueline Kennedy, l'empereur d'Éthiopie Haile Selassie, le premier ministre d'Israël David-ben-Gurion, le shah d'Iran et le général Charles de Gaulle, président de la France. Les Vanier apportent aussi de nombreux changements à Rideau Hall -- la chapelle est rétablie (la précédente avait été enlevée en 1912), et le fumoir devient le Salon canadien (appelé le Salon Pauline Vanier depuis 2003), avec l'ajout d'antiquités du Québec et de boiseries en pin.

Georges Vanier reçoit plusieurs honneurs durant son mandat de gouverneur général -- il est promu major-général en 1942, puis nommé par la reine au Conseil privé impérial du RoyaumeUni en 1963. Il reçoit aussi de l'Université de Toronto un doctorat honorifique en droit.

En 1966, la santé du général Vanier décline. Le programme habituel de visites et de tournées n'est pas réduit, mais le général Vanier est de plus en plus faible et fatigué. Puis le matin du dimanche 5 mars 1967, après avoir regardé la veille un match de hockey, le général Vanier s'éteint. Il n'est que le deuxième gouverneur général à mourir dans l'exercice de ses fonctions depuis la Confédération. Ses funérailles d'état ont lieu le 8 mars 1967 à la cathédrale Notre-Dame, à Ottawa, et son fils aujourd'hui illustre, le philanthrope Jean Vanier, prononcera l'oraison funèbre. La dépouille sera inhumée dans la chapelle commémorative de la Citadelle de Québec, le 4 mai 1967.

La reconnaissance de leur amour du genre humain et de leur profonde spiritualité a récemment donné lieu à une proposition de béatification de Georges et Pauline Vanier par l'église catholique romaine -- un hommage rendu à ce couple vice-royal qui fut l'exemple de nobles qualités et qui aima si profondément le Canada et le peuple canadien.

Vie avant Rideau Hall

Georges Vanier étudie au collège Loyola de Montréal et obtient un diplôme en droit de la section de Montréal de l'Université Laval. Durant la Première Guerre mondiale, il est l'un des membres fondateurs du 22e bataillon du corps expéditionnaire canadien, le bataillon canadien français qui deviendra en 1920 le célèbre Royal 22e Régiment. Il est décoré de la Croix militaire en 1916 et reçoit l'Ordre du service distingué et la barrette à la Croix militaire en 1919. En 1918, lorsqu'il mène une offensive à Cherisy, en France, il perd la jambe droite. Après une longue convalescence, il revient à Montréal pour exercer le droit. Il épouse Pauline Archer le 29 septembre 1921, et le couple aura cinq enfants.

En 1921, il est nommé aide de camp de lord Byng, fonction qui marque le début de nombreuses années de service au Cabinet du gouverneur général. En 1925, il prend le commandement du Royal 22e Régiment à la Citadelle, et l'année suivante il est nommé aide de camp honoraire de lord Willingdon, puis il est promu lieutenant-colonel en 1924.

En 1928, Georges Vanier entreprend une longue carrière diplomatique, durant laquelle il sera nommé à la délégation militaire du Canada pour le désarmement auprès de la Société des Nations. Puis, en 1931, il est nommé secrétaire du Cabinet du haut-commissaire à Londres. En 1939, il est nommé au poste de ministre canadien en France -- poste qu'il est forcé de fuir au moment de l'invasion nazie en 1940. Il est nommé en 1941 commandant du district militaire de Québec, puis entreprend une politique anticipée de bilinguisme au sein de l'armée. En 1942, il est promu général de division et, après la guerre, il est le délégué du Canada à la Conférence de la Paix à Paris. En 1944, il est nommé premier ambassadeur du Canada en France, poste qu'il occupera avec distinction jusqu'à sa retraite.

Avant de prendre sa retraite en 1953, le général Vanier sert de nouveau comme représentant du Canada auprès des Nations Unies. Après sa retraite, lui et son épouse reviennent à Montréal où ils participent à des activités de travail social dans la ville. Georges Vanier siège également aux conseils d'administration de la Banque de Montréal, du Crédit foncier franco-canadien et de la compagnie d'assurance Standard Life et il siège au Conseil des arts du Canada.

Le Premier ministre Pearson nomme Madame Vanier membre du Conseil privé, et elle est assermentée le 11 avril 1967. Elle est la première femme non-politicienne à recevoir cet honneur, qui lui est décerné parce que son époux est décédé avant la fin de son mandat, au moment où un gouverneur général est habituellement nommé conseiller privé. Madame Vanier est également parmi les premières personnes à être reçues dans l'Ordre du Canada, avec sa nomination comme Compagnon, le 6 juillet 1967.

Pauline Vanier meurt en 1991, à l'âge de 92 ans, à L'Arche, un centre pour adultes handicapés fondé par son fils, Jean Vanier, à Trosly en France. Elle est inhumée aux côtés du général Vanier à la Citadelle.