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Nouvelles

Réception du prix Fulbright et d’une discussion en groupe

Boston (Massachusetts), le mardi 28 mai 2013

 

Je suis ravi de me joindre à vous ici aujourd’hui, au Harvard Faculty Club, à Cambridge. Vous êtes parmi les nombreux et brillants titulaires canadiens d’une bourse Fulbright, aux côtés d’autres étudiants et chercheurs.

Certains des moments les plus satisfaisants et les plus mémorables de ma vie se sont déroulés dans cette belle ville. C’est en 1959 que je suis venu à Boston pour la première fois, directement de Sault Ste. Marie, en Ontario, pour faire des études de premier cycle à l’Université Harvard. En 1963, j’ai obtenu mon B.A.

Au cours de ces quatre années, j’ai étudié, j’ai été membre d’équipes sportives et j’ai appris quelque chose sur le leadership. En vérité, Boston est devenu ma ville, et les Bostoniens, mes collègues, voisins et amis. Je n’ai jamais perdu ce profond attachement à cette ville et à ses habitants.

Ce sentiment s’est transmis à la génération suivante de notre famille. En effet, deux de mes filles ont, entre elles, trois diplômes de Harvard — un baccalauréat, une maîtrise et un doctorat — et l’une d’elles a épousé un Bostonien et vit ici. Elle travaille comme chercheuse scientifique pour une entreprise à but non lucratif qui a été créée par l’un de ses professeurs de l’Université Harvard.

Lorsque les Canadiens ont appris la nouvelle de l’explosion de bombes à la fin du marathon de Boston, nous avons été profondément affligés, comme si cette tragédie avait eu lieu dans l’une de nos villes et avait touché nos voisins.

En raison de mon profond et durable attachement à cette ville et à ses habitants, je tiens à ce que les Bostoniens sachent que tous les Canadiens les appuient et que leurs pensées accompagnent cette ville qui se remet du choc, qui se rassemble et qui demeure une source d’inspiration et d’épanouissement, surtout pour les étudiants, tout comme ce fut le cas pour moi il y a de nombreuses années.

La période valorisante que j’ai passée à l’Université Harvard m’a amené à poursuivre mes études à l’étranger, cette fois à l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni. J’ai vite appris que les études à l’étranger nous enrichissent de bien des manières, surtout parce qu’elles nous montrent si nettement tout ce que les gens de diverses provenances peuvent s’apporter les uns les autres, lorsqu’ils décident consciemment d’apprendre ensemble.

Les études à l’étranger ont en outre suscité en moi une passion durable, celle d’apprendre. J’ai passé ma vie d’adulte à réfléchir — en tant que professeur, gestionnaire et administrateur d’université — à la façon dont les hommes, les femmes, les jeunes et les enfants acquièrent des connaissances, les enrichissent et les exploitent. Si j’insiste tant sur l’importance de l’apprentissage, c’est parce que c’est un élément indispensable pour faire de ce monde un monde tel que nous le souhaitons pour tous, un monde averti et bienveillant, un monde où brillent l’intelligence et la bienveillance, un monde où les femmes et les hommes connaissent leur véritable liberté, se réalisent pleinement et ont une vie riche et bien remplie.

Depuis les deux années et demie que j’occupe mon poste actuel au service du public, j’ai eu l’occasion de partager avec d’autres ce que je sais de l’apprentissage. J’ai surtout eu le privilège de voyager à travers le Canada et à l’étranger pour comparer ma façon de voir l’apprentissage à celle de gens de tous les milieux.

La découverte, le partage et l’approfondissement de toutes sortes de connaissances entre les disciplines et entre les frontières sont un processus que j’appelle la diplomatie du savoir. Passionné que je suis d’histoire, je sais que les plus grands progrès de la civilisation, bien souvent, n’ont pas trouvé leur origine dans une seule discipline, mais bien à l’intersection de diverses disciplines. Bien que ce phénomène ait lieu à plusieurs niveaux géographiques – local, régional et national – il est particulièrement puissant lorsque nous traversons les frontières nationales et que nous cultivons les interactions entre professeurs, chercheurs, étudiants et autres de différents pays.

La brillante métaphore de la bougie allumée employée par Thomas Jefferson demeure, à mon sens, la meilleure façon d’illustrer ce concept de la diplomatie du savoir et de son incroyable puissance. La bougie allumée symbolise non seulement la lumière, mais aussi la transmission du savoir acquis d’une personne ou d’un groupe à l’autre. Si vous allumez une bougie avec la flamme d’une autre, cette autre bougie n’en est pas moins lumineuse. Au contraire! Les flammes des deux bougies apportent un éclairage encore plus grand sur tout ce qui les entoure.

En physique, ce phénomène s’appelle candéla, la puissance de la bougie, que Fulbright Canada et des générations de titulaires canadiens de bourses d’études Fulbright ont contribué à accroître à l’échelle mondiale, d’une manière cruciale. Les plus de 1 200 anciens boursiers de Fulbright Canada incarnent la diplomatie du savoir dans leurs valeurs et l’expriment dans leurs actions. Ce sont des chefs de file dans leurs domaines respectifs, des promoteurs de la diversité et des champions de la justice sociale, de la prospérité pour tous et d’une plus grande compréhension entre les uns et les autres, tant au pays qu’à l’étranger.

Vous, les boursiers actuels de Fulbright Canada, êtes à l’avant-garde de nos efforts de promotion de la diplomatie du savoir. Vous êtes de véritables diplomates du savoir, et c’est pour cela même que je suis honoré d’être en votre compagnie. C’est également la raison pour laquelle je suis si heureux d’être le récipiendaire du tout premier Prix Fulbright Canada pour l’excellence dans le service public. Je suis en outre ravi du fait que Fulbright Canada a établi une bourse spéciale assortie à ce prix.

Je suis très touché par votre généreux témoignage de reconnaissance. Sachez qu’en me décernant ce prix, vous faites beaucoup plus que me rendre hommage. Vous renforcez votre engagement à l’égard des valeurs qui guident Fulbright Canada et ses boursiers depuis des années, soit l’excellence dans le domaine du service public et dans les sphères universitaire et professionnelle, et le partenariat entre Américains et Canadiens visant à améliorer la qualité de vie des gens du continent que nous partageons.

Lors d’une allocution devant une séance conjointe du Parlement du Canada, il y a plus de 50 ans, le fils chéri de Boston, le président John Kennedy, a su parfaitement exprimer les liens durables qui lient nos deux pays. Il a dit, « La géographie a fait de nous des voisins. L’histoire a fait de nous des amis. L’économie a fait de nous des partenaires. Et, par nécessité, nous sommes devenus des alliés. »

À cette époque, nous définissions la nécessité comme étant notre nécessité commune de nous protéger nous-mêmes et de protéger nos amis et notre mode de vie, au plus fort de la guerre froide. Aujourd’hui, notre définition de la nécessité est différente, mais n’en comporte pas moins de défis.

Nous devons encourager nos concitoyens à servir la société tout au long de leur vie.

Nous devons constamment améliorer les outils et les méthodes que nous utilisons pour enseigner à nos enfants et faire de l’apprentissage l’expérience de toute une vie, pour tous.

Nous devons également mettre les innovations à profit pour remédier à nos problèmes économiques, sociaux et environnementaux les plus profonds.

Henry James, l’écrivain américain dans la maison de qui nous sommes rassemblés, a dit un jour, « Vivez pleinement votre vie; c’est une erreur de ne pas le faire. »

Vous, les boursiers Fulbright, vivez pleinement votre vie, et ce, non seulement pour vous-mêmes.

En effet, vous êtes des citoyens du monde dont tous les Canadiens admirent et appuient les études et les travaux.

Vous traversez les frontières pour échanger les connaissances et résoudre les problèmes que nous avons en commun avec nos amis et nos voisins sur ce continent.

Vous appuyez le travail du consulat général du Canada, ici en Nouvelle-Angleterre, en agissant comme ambassadeurs non officiels.

Vous pratiquez la diplomatie du savoir et aidez à créer le Canada et le monde avertis et bienveillants dont nous rêvons tous.

Ce qui vous distingue, c’est précisément les principes que vous représentez. Pour tout cela, je vous remercie.