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Nouvelles

Table ronde sur les pratiques professionnelles dans le domaine du bénévolat

Ottawa, le lundi 16 avril 2012

 

Merci, Ruth, pour votre aimable présentation. Et merci, surtout, pour le leadership dont vous et votre merveilleuse équipe de Bénévoles Canada avez fait preuve en organisant le rassemblement de ce matin et pour tout le travail que vous avez accompli afin que la Semaine de l’action bénévole 2012 soit empreinte de passion et remplie d’activités et qu’elle ait un impact véritable.

Cette table ronde sur les pratiques professionnelles dans le domaine du bénévolat sera suivie de nombreuses activités auxquelles je participerai durant la Semaine de l’action bénévole 2012. C’est également la première d’une série de tables rondes sur le bénévolat et la philanthropie qui se tiendront cette année, un peu partout au pays. Totues ces tables rondes permettront aux Canadiens d’unir leurs efforts pour susciter, partager et mettre en œuvre de nouvelles idées en matière de philanthropie et de bénévolat.

En ce qui me concerne, j’estime que la meilleure façon de lancer cette semaine de l’action bénévole est d’être ici, aux côtés de femmes et d’hommes qui sont en mesure d’apprécier le rôle indispensable que jouent les bénévoles dans la création de collectivités dynamiques. Nul besoin de vous le rappeler, puisque vous en êtes témoins et que vous voyez chaque jour ces bénévoles travailler à faire du Canada une nation avertie et bienveillante.

J’utilise délibérément les mots « averti et bienveillant ».  Le jour de mon installation comme gouverneur général il y a un an et demi, j’ai affirmé clairement que je considérais mon mandat à ce titre comme un appel au devoir et que je comptais y répondre d’une manière bien précise, c’est-à-dire en servant de pont pour rapprocher les Canadiens de tous les horizons et de tous âges, de manière à ce que nous puissions créer un pays qui appuie les familles et les enfants, qui renforce l’apprentissage et l’innovation et qui encourage la philanthropie et le bénévolat.

Les bénévoles font leur part pour que nous parvenions à faire du Canada le pays averti et bienveillant que nous désirons tous. Les statistiques les plus récentes en disent long à cet égard. En effet, les résultats  de l’Enquête sur le don, le bénévolat et la participation qui ont été publiés le mois dernier indiquent que 13,3 millions de Canadiens de 15 ans et plus ont fait du bénévolat, soit 800 000 de plus qu’en 2007. Ces 13,3 millions de bénévoles représentent 47 pour cent des Canadiens de 15 ans et plus. Ils fournissent 2,1 milliards d’heures bénévoles par an, un nombre impressionnant qui correspond à plus d’un million d’emplois à temps plein. C’est vraiment incroyable.

Cela dit, la statistique la plus importante de cette enquête est celle-ci : 58 pour cent des Canadiens âgés de 15 à 24 ans font du bénévolat. Ce taux de participation est le plus élevé de tous les groupes d’âge. C’est une très bonne nouvelle. Cela signifie que la nouvelle génération de dirigeants d’organismes bénévoles comprend le rôle important du bénévolat dans l’édification d’un pays averti et bienveillant pour tous et fait preuve de courage et d’intelligence, en créant le genre de pays que nous désirons.

Or, il y a une ombre à ce tableau, car bien que les jeunes femmes et les jeunes hommes soient le groupe d’âge affichant le taux le plus élevé d’engagement dans le bénévolat, qu'ils soient plus ouverts au bénévolat que les autres générations et qu’ils soient plus aptes que les autres à utiliser de façon ingénieuse les médias sociaux et la technologie en tant que bénévoles, ces jeunes Canadiens sont souvent tenus à l’écart  dans les processus de prise de décisions stratégiques des organismes, ce qui les empêche de donner la pleine mesure de leurs talents.

C’est là une situation vraiment regrettable. D’une part, nous encourageons les jeunes à faire du bénévolat — dans certains cas, ils n’ont pas le choix s’ils veulent obtenir les crédits particuliers qui sont requis pour obtenir leur diplôme du secondaire. D’autre part, ces jeunes ne demandent qu’à consacrer leur temps, leur énergie et leurs talents pour aider d’autres personnes et améliorer la qualité de vie de leurs collectivités. Alors pourquoi ne tenons-nous pas compte de leur opinion dans la prise de décisions des organismes, préférant leur confier des tâches qui ne les intéressent pas ou qui ne font pas appel à leurs talents, au prix d’une efficacité moindre?

Cette question me préoccupe pour deux raisons. Premièrement, cela signifie que nous ne mettons pas pleinement à profit les capacités uniques de nos jeunes. Les jeunes Canadiens sont particulièrement axés sur les objectifs; ils sont mobiles et maîtrisent bien la technologie. Ils aiment bien, aussi, travailler d’une manière indépendante. Ces caractéristiques se manifestent lorsqu’ils font du bénévolat. Ils sont nombreux, par exemple, à aimer aller en ligne et utiliser les technologies de communication de pointe pour faire du bénévolat virtuel, du micro-bénévolat et du bénévolat sur demande. Plutôt que de brimer cet enthousiasme et cette créativité, nous aurions tout avantage à y donner libre cours.

Deuxièmement, si nous traitons ces jeunes bénévoles ainsi, nous risquons de les décourager de faire du bénévolat pour le reste de leur vie. Je ne voudrais pas qu’un jeune abandonne le bénévolat pour toujours parce que son opinion n’était pas appréciée ou parce qu’on lui avait confié des tâches qui l’intéressaient peu. Quel gaspillage inutile ce serait. Quelles belles occasions manquées!

Et que faire des 53 pour cent de Canadiens de plus de 15 ans qui ne font pas de bénévolat? En tant que pays, comment pourrait-on s’y prendre pour faire en sorte que tous les Canadiens aient toujours l’envie de faire du bénévolat?

Ces enjeux sont réels et nous devons y faire face. L’urgence et la gravité de ces nouveaux problèmes font que la Semaine canadienne de l’action bénévole de cette année est la plus cruciale de toutes. Nous devrons donc profiter des événements et des activités de cette semaine pour reconnaître ces problèmes et montrer aux Canadiens que nous allons les résoudre.

Je reconnais de nombreux visages dans cette salle et je connais plusieurs d’entre vous. Vous êtes réputés pour l’ingéniosité et la détermination avec lesquelles vous vous attaquez aux tâches les plus ardues.

La table ronde d’aujourd’hui sur les pratiques professionnelles dans le milieu du bénévolat est un exemple parfait de votre manière énergique et ciblée de résoudre les problèmes. Je suis ravi de constater que les deux questions qui font l’objet des discussions de ce matin vous permettront de vous attaquer aux défis que j’ai soulevés. Ces questions portent en particulier sur les pratiques professionnelles et sur la façon de les utiliser intelligemment pour faire du bénévolat une expérience enrichissante et satisfaisante pour tous les Canadiens.

Assurez-vous de ne pas décourager les gens avec cette expression : « pratiques professionnelles ». Il n’est ni souhaitable ni nécessaire ni avantageux d’alourdir les activités des groupes bénévoles d’un fardeau administratif. Il n’en demeure pas moins qu’en intégrant des pratiques professionnelles dans leurs organisations, les dirigeants du secteur bénévole pourront utiliser plus efficacement le temps et les talents des bénévoles.

Pensons-y un peu. Les meilleures entreprises de notre pays utilisent des pratiques exemplaires pour accroître l’efficacité de leurs activités et pour mettre à profit le meilleur de ce que leurs employés ont à offrir. Les pratiques exemplaires fiables, souvent appelées procédures normales d’exploitation, permettent d’accélérer la prise de décision et d’améliorer le rendement en général. Il devient ainsi possible d’accorder plus de temps au traitement individuel des nouveaux problèmes qui surgissent. Une maxime bien connue dans le milieu des affaires et qu’il faut « systématiser les activités ordinaires pour pouvoir personnaliser l’extraordinaire. » Voilà comment faire cohabiter l’efficacité et l’aspect humanitaire.

Pourquoi les organismes bénévoles n’adopteraient-ils pas les pratiques professionnelles qui leur conviennent? Pourquoi ces organismes n’établiraient-ils pas des paramètres de rendement pour mesurer leurs progrès en fonction des buts qu’ils se sont fixés? Ou des cadres de politique qui appuient le travail des bénévoles? Ou des outils en matière de ressources humaines pour faire en sorte que les bénévoles soient traités avec respect? Ou des énoncés de mission qui reflètent le rôle essentiel des bénévoles? Ou des procédures de gestion des risques qui protègent les bénévoles et des processus de filtrage fiables qui protègent la clientèle qu’ils desservent?

Je me réjouis de voir que Bénévoles Canada fournit aux organismes bénévoles les conseils dont ils ont besoin pour intégrer les pratiques  professionnelles à leurs activités. Le nouveau Code canadien du bénévolat élaboré par Bénévoles Canada énonce cinq valeurs, deux principes et quatorze normes organisationnelles pour la participation des bénévoles. Ces valeurs, principes et normes sont assez souples pour répondre aux besoins variés d’un large éventail d’organismes, en fonction du niveau de ressources dont ils disposent; du milieu desservi, c’est‑à‑dire rural ou urbain; de leur mandat; et selon que l’organisme est dirigé par des employés rémunérés ou des bénévoles. Ces valeurs, principes et normes peuvent également être adaptés à des personnes, des cultures, des collectivités, des perspectives et des approches des plus diversifiés.

Le site Web de Bénévoles Canada contient des liens à toutes sortes d’outils et de ressources qui aideront les dirigeants à adopter le code au sein de leurs organismes. Près de 200 organismes du pays l’ont déjà adopté, et je prévois que des dizaines d’autres en feront autant dans les mois à venir.

Cela dit, notre travail n’est pas terminé, même si le nouveau code est au point et déjà mis à l’épreuve. Il est temps de passer aux étapes suivantes. Je vous demanderais donc à vous, les femmes et les hommes qui sont aux premières lignes du bénévolat au Canada, d’examiner comment les organismes bénévoles mettent en place ces pratiques et en déterminent l’impact. Je vous demande aussi de maintenir des rapports étroits et réguliers avec ces organismes pour pouvoir identifier les approches qui auront réussi et les diffuser. Je vous demande enfin de m’informer de ces succès pour que je puisse les partager avec d’autres dirigeants à travers le pays. C’est le défi que je vous lance aujourd’hui, et pour les semaines et les mois à venir.

Vous n’êtes pas les seuls à qui j’ai lancé un défi. J’ai également demandé à tous les Canadiens de réfléchir à ce qu’ils comptent faire pour aider à célébrer le 150e anniversaire de notre pays. Je les ai surtout encouragés à envisager comment ils pourraient agir, d’ici 2017, pour s’intéresser davantage au bénévolat, pour mettre l’accent sur le bénévolat en tant que valeur canadienne fondamentale et pour célébrer le rôle crucial du bénévolat dans l’édification de collectivités averties et bienveillantes, dans un pays de plus en plus averti et de plus en plus bienveillant.

Le travail que vous accomplirez aujourd’hui et lors des autres tables rondes qui auront lieu au cours de l’année permettra aux Canadiens d’optimiser leur action bénévole. En aidant les organismes bénévoles du pays à adopter des pratiques professionnelles éprouvées, vous les aidez à employer plus intelligemment leurs ressources bénévoles, à optimiser l’impact de chaque bénévole sur l’organisme et sur la clientèle, et vous aidez les bénévoles à retirer une plus grande satisfaction de leur expérience. Ce sont là les trois buts que devrait se donner tout organisme bénévole au pays.

Je vous remercie pour votre présence ici aujourd’hui et pour la générosité avec laquelle vous consacrez votre temps et votre énergie à appuyer les groupes bénévoles du Canada dans la poursuite de leurs buts. Soyez assurés que je prêterai une oreille attentive aux discussions que vous tiendrez ce matin et que je m’intéresserai de près aux résultats des futures tables rondes. Je collaborerai étroitement avec vous dans le cadre des travaux qui découleront de cette semaine cruciale et qui dureront toute l’année, dans la perspective de bâtir ce que nous désirons tous, un Canada averti et bienveillant.

Merci.