Le léopard vice-royal
  1. La gouverneure générale du Canada
  2. Son Excellence la très honorable Julie Payette
Nouvelle & événements
  • Aperçu avant impression
  • Imprimer: 
  •  Envoyez à Facebook (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  •  Envoyez à Twitter (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Envoyez à email (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Partager: 

Nouvelles

Discours sur le multiculturalisme à l’Université des sciences sociales et humaines à Hanoi (Vietnam)

Hanoi (Vietnam), le jeudi 17 novembre 2011

 

Je suis ravi d’être parmi vous aujourd’hui dans ce merveilleux établissement d’enseignement d’études supérieures pour mieux connaître votre vision d’avenir.

Permettez-moi tout d’abord de parler un peu de la diplomatie. Depuis des décennies, le Canada et le Vietnam jouissent de relations étroites et amicales dans de nombreuses sphères. L’enseignement supérieur est l’un des secteurs de collaboration important, avec les divers partenariats entre votre université et des établissements canadiens tels que l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, la faculté des arts et des sciences de l’Université de  Toronto, et Télé-université — Université du Québec à Montréal (UQAM). Je m’en voudrais de ne pas mentionner le programme d’études canadiennes unique en son genre que la faculté d’études internationales a développé, ainsi que la collaboration de plusieurs de vos établissements avec l’ambassade du Canada, ici au Vietnam.  

Voilà que nous avons aujourd’hui une excellente occasion, je dirais même une obligation, de renforcer ces liens.

Nous devons pratiquer la diplomatie du savoir.

La diplomatie du savoir se pratique à plusieurs niveaux, soit local, régional, national et international, et lorsque nous parvenons à combiner parfaitement l’expertise, la créativité, la collaboration et la communication, il se passe alors des choses remarquables.

Au Canada, nous cherchons toujours à travailler ensemble et avec d’autres — et nous avons la chance de vivre dans l’un des pays les plus diversifiés au monde. Il y a quarante ans, le  Canada devenait le premier pays à adopter officiellement une politique de multiculturalisme. Aujourd’hui, notre diversité est le fondement de notre identité nationale et une source de grande fierté pour les Canadiens. Cela nous procure en outre de solides avantages à l’échelle planétaire. 

Le monde entier apprécie le Canada depuis longtemps, et cela nous a aidé à devenir un pays plus fort. De notre côté, nous faisons l’impossible pour nous ouvrir au monde et accueillir de nouveaux venus. Comme vous le savez sans doute, notre pays compte 250 000 Canadiens d’origine vietnamienne qui enrichissent énormément le tissu socio-économique et culturel de notre société. Leur présence dans nos collectivités rehausse nos vies au Canada et nous aide à mieux comprendre cette importante et dynamique nation qu’est le Vietnam.

La diversité du Canada, qui a toujours été l’une de nos forces, est également synonyme d’espoir pour le monde.

Comme l’ont écrit les auteurs du rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones :

« Le Canada est le terrain d'essai d'une noble idée — l'idée selon laquelle des peuples différents peuvent partager des terres, des ressources, des pouvoirs et des rêves tout en respectant leurs différences. L'histoire du Canada est celle de beaucoup de ces peuples qui, après bien des tentatives et des échecs, s'efforcent encore de vivre côte à côte dans la paix et l'harmonie. »

Cette « noble idée » du Canada n’est certes pas une abstraction. Chaque année, environ 200 000 immigrants viennent de partout au monde pour s’installer au Canada, un pays qui les attire par sa réputation de société ouverte, pacifique et bienveillante, qui accueille les nouveaux venus et qui valorise la diversité.

Depuis que je suis gouverneur général, j’ai maintes fois eu le privilège de participer à des cérémonies de citoyenneté, au cours desquelles des nouveaux venus deviennent officiellement  des Canadiens. C’est toujours un moment merveilleux et émouvant, non seulement pour ces individus et leurs familles, mais également pour toutes les personnes présentes. Comme l’écrivait récemment l’un de mes prédécesseurs, la très honorable Adrienne Clarkson, elle-même une immigrante arrivée au Canada comme réfugiée de Hong Kong durant la Seconde Guerre mondiale, « Le Canada nous a ouvert les bras, et nous avons commencé à vivre vraiment. »

Bien sûr, chaque nouveau venu arrive avec son vécu, mais au Canada, nous tentons de laisser aux gens l’espace et l’occasion d’atteindre leur plein potentiel. Certes, notre passé n’est pas toujours reluisant, mais c’est l’idéal auquel nous aspirons. Or, la plus importante clé du succès se trouve dans notre système d’éducation publique, un système qui cherche à assurer l’égalité des chances, tout en visant constamment l’excellence.

Le principe canadien du multiculturalisme  encourage les gens à s’intégrer et à devenir des acteurs à part entière dans la société, tout en conservant leur héritage culturel. Le résultat? Quatre-vingt pour cent des gens qui s’installent au Canada obtiennent leur citoyenneté, soit le taux le plus élevé au monde, avec le plus grand nombre de langues parlées collectivement de tous les pays.

Chaque langue nous offre une autre façon de comprendre l’autre et, à chaque culture, un autre moyen de se sentir chez soi au Canada et dans le monde.

À l’exception des Autochtones, qui habitent le territoire canadien depuis des temps immémoriaux, les Canadiens sont tous, pour ainsi dire, de nouveaux venus. Il est d’autant plus intéressant que notre notion d’inclusion soit de nature si autochtone, comme l’a fait observer l’auteur canadien John Ralston Saul.

Voici ce qu’il a écrit sur l’immigration et la diversité : « C’est une notion non raciale de la civilisation, une notion non linéaire et même non rationnelle. Elle repose sur le concept d’un cercle inclusif qui s’élargit pour s’adapter graduellement aux nouvelles personnes qui s’y joignent. Ce n’est une notion ni occidentale ni européenne, puisqu’elle est directement issue de la culture autochtone. »

De telles idées sont une contribution originale à la pensée universelle et méritent donc d’être examinées en profondeur, peut-être lors d’une future conférence d’études canadiennes, ici à Hanoi!  

L’incroyable diversité du Canada, et en fait de la planète tout entière, est à la fois un enjeu et notre plus grande force. La mondialisation vient amplifier les risques et les possibilités. Ainsi, lorsque nous célébrons nos différences, nous devrions tenter de limiter celles qui nous divisent et ne pas leur accorder trop d’importance. Misons plutôt sur ce que nous partageons afin de faire cause commune et de mieux nous comprendre.

Chose certaine, le futur de nos pays reposera sur la force qui découle de notre diversité. Pour comprendre nos forces, il importe que nous entendions ce que l’un et l’autre a à dire et que nous communiquions sans cesse.

C’est la raison pour laquelle je suis heureux de constater le nombre croissant d’étudiants vietnamiens qui ont choisi le Canada pour y poursuivre des études à l’étranger. Le Vietnam devrait bientôt figurer parmi les 25 premiers pays qui envoient des étudiants au Canada, et nous sommes ravis d’accueillir chacun d’eux.

Je tiens également à féliciter tous les organismes canadiens et leurs contreparties au Vietnam qui offrent de si enrichissantes possibilités de bénévolat pour les Canadiens au Vietnam. J’estime que les programmes de bénévolat et d’études à l’étranger sont parmi les meilleurs espoirs d’avenir pour nos pays, car ce sont ces étudiants et ces jeunes qui pratiqueront  la diplomatie du savoir et qui stimuleront les innovations sociales et technologiques à venir.

Forts de notre engagement en faveur de la diversité et de l’acquisition du savoir, continuons à travailler de concert pour bâtir le monde plus averti et plus bienveillant dont nous rêvons.

Avant de terminer, j’aimerais vous citer deux lignes de mon poème favori de George Bernard Shaw :

     « Certains regardent les choses comme elles sont et demandent
        ‘Pourquoi?’.
        Nous rêvons de choses comme elles devraient être, et
        demandons ‘Pourquoi pas?’ ».