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ARCHIVÉE: 94e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy

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Ottawa, le vendredi 8 avril 2011

 

Je suis profondément honoré d’être ici aujourd’hui alors que nous soulignons un moment important de l’histoire canadienne — la bataille de la crête de Vimy.

De nos jours, la crête de Vimy en est venue à représenter beaucoup de choses pour les Canadiens et les Canadiennes. Après le point tournant que fut cette offensive de quatre jours qui débuta le 9 avril 1917, le Canada avait changé pour toujours.

Plus qu’une victoire militaire, la crête de Vimy marqua l’aube d’un nouvel élan pour notre pays. Ce fut le symbole de la place et de l’indépendance croissantes que prenait le Canada parmi les nations du monde. La bataille fut dirigée de main de maître par le major général Arthur Currie, soldat innovateur qui allait devenir le premier Canadien à commander le Corps canadien puis, plus tard, coïncidence intéressante, principal de l’Université McGill, poste que j’ai eu l’honneur d’occuper pendant quinze ans.

Là où d’autres n’avaient pas pu capturer cette position cruciale sur le front occidental, les Canadiens ont réussi à le faire.

Comment y sont-ils parvenus?

La victoire de Vimy eût été impossible sans la bravoure et la détermination des milliers de soldats qui y ont combattu. Mais un certain nombre d’innovations tactiques et technologiques clés y ont également contribué.

Par exemple, tirant parti des leçons durement apprises plus tôt durant la guerre, les Canadiens s’y sont pris d’une nouvelle manière pour effectuer les tirs d’artillerie à Vimy. Plutôt que d’y aller en alternance entre l’artillerie vers les lignes ennemies et ensuite la charge d’infanterie, les troupes ont synchronisé leur progression vers la crête de Vimy pour qu’elle coïncide avec le barrage d’artillerie. Avec une grande précision, ils ont avancé de 90 mètres toutes les trois minutes, sous la couverture de leurs propres canons. Il fallait un courage incroyable pour jumeler ainsi les tirs d’artillerie et la charge d’infanterie, mais cela a permis aux soldats canadiens d’avancer et de consolider leur position avant que l’ennemi ne puisse se regrouper et contre-attaquer. C’était là une manœuvre innovatrice sur le plan mathématique et physique — diriger et synchroniser les tirs d’artillerie avec exactitude afin d’éviter les pertes par tir fratricide.

L’instruction des troupes a aussi été un facteur clé du succès remporté à la crête de Vimy. Pendant des mois, les quatre divisions du Corps canadien se sont préparées en vue de cet assaut. Le général Currie avait ordonné que l’on crée une réplique exacte du champ de bataille, y compris une simulation du chaos et de la confusion du combat. Pour la première fois, on avait fourni la carte des lieux à tous les soldats, et non seulement aux officiers supérieurs, afin de permettre aux soldats de mieux comprendre leur objectif et d’improviser si nécessaire. De nos jours, en gestion, on appelle cela laisser les subordonnés user de leur intuition pour s’adapter à l’évolution des circonstances — l’inverse de la Charge de la brigade légère de Tennyson.

L’innovation technologique a elle aussi joué un rôle de premier plan. Une nouvelle génération d’obus, munis de détonateurs ultrasensibles, était capable d’exploser au contact des barbelés, ce qui a aidé l’infanterie canadienne à avancer. On avait aussi effectué de la reconnaissance photoaérienne des fortifications, et détecté l’emplacement des pièces d’artillerie ennemies au moyen de microphones et d’ondes sonores.

En outre, en prévision de l’offensive, le général sir Julian Byng — futur gouverneur général du Canada — avait mis sur pied une organisation de collecte de renseignement qui était unique en son genre. Byng était très aimé des soldats du Corps canadien, qu’il savait capables de penser de façon rationnelle et de prendre les bonnes décisions au combat. Sa confiance était fondée.

L’innovation, l’instruction, la collaboration et la pensée critique ont tous été des éléments déterminants à la crête de Vimy, tout comme ils le sont de nos jours. J’ai la conviction que le succès qui nous attend à l’avenir partira de ces mêmes principes fondamentaux.

Je vous ai parlé des raisons de la victoire de Vimy : je veux maintenant vous parler de ce qu’elle a coûté.

Je crois que nous devons nous souvenir de cet événement non seulement comme d’une victoire militaire et d’un symbole de la place que le Canada a prise dans le monde, mais aussi comme d’un jour tragique pour les milliers de Canadiens qui sont morts et qui ont été blessés, ainsi que pour leurs familles et leurs proches.  

Le Tombeau du soldat inconnu, où nous nous trouvons présentement, nous aide à nous souvenir de ce que nous ne pouvons pas comprendre, c’est‑à-dire ce que les soldats ont vécu pendant la Première Guerre mondiale.

Nous ne savons pas qui était le soldat qui repose ici, ni son âge, ni l’unité au sein de laquelle il a combattu, ni la date de sa mort. Mais nous savons qu’il est tombé près de la crête de Vimy.

En saluant la mémoire de ce soldat — de ce jeune homme — dont nous ignorons le nom et l’identité, rappelons-nous qu’en réalité, la mort n’est jamais quelque chose d’anonyme. Chaque soldat, chaque parent, chaque ami, chaque voisin fait face à d’immenses épreuves en temps de guerre. Souvent, ces épreuves personnelles sont méconnues, mais elles demeurent néanmoins bien réelles.

Ce devoir que nous avons de nous souvenir, de chercher à comprendre et d’éviter la triste réalité de la guerre est plus important que jamais. M. John Babcock, dernier survivant canadien à avoir combattu pendant la Première Guerre mondiale, est décédé l’an dernier à l’âge de 109 ans.

C’est maintenant à nous qu’il incombe de préserver le flambeau du souvenir.

Je me réjouis de voir tant de jeunes gens rassemblés ici pour cette commémoration solennelle. Vous êtes le groupe le plus nombreux à avoir jamais observé le Jour de la bataille de Vimy au Canada, et je suis honoré de pouvoir partager cet instant avec vous.

Nous mettons notre confiance en vous, la jeunesse de notre pays, parce que vous pouvez donner à notre société un regain de vigueur et d’espoir pour l’avenir. Vous renouvelez aussi notre engagement face aux leçons de l’histoire et, au nom de tous les Canadiens et les Canadiennes, je tiens à vous en remercier.

En 2017, le Canada franchira un autre important jalon : le 150e anniversaire de la Confédération. En attendant cette date — qui sera d’ailleurs le 100e anniversaire de la bataille de Vimy — je vous invite à imaginer avec moi ce que notre pays pourrait être.

Quels sont vos espoirs et vos aspirations pour le Canada, et pour la place que nous occuperons dans le monde dans ce siècle nouveau? Comment marcher vers l’avenir tout en continuant de respecter le passé?

Je profite de l’occasion pour saluer les efforts que déploient ceux et celles qui soutiennent Rencontres du Canada et les Cadets royaux de l’Armée canadienne afin de sensibiliser et d’inspirer notre jeunesse. Par votre service, vous avez véritablement répondu à l’appel.

Et à titre de gouverneur général et de commandant en chef du Canada, je tiens à remercier les anciens combattants — d’aujourd’hui et d’hier — pour tout ce que vous avez donné pour notre pays. Vous êtes le témoignage de notre engagement profond à l’égard du bien commun, et nous vous en sommes éternellement reconnaissants.

Je vous remercie.