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ARCHIVÉE: Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne »

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Rideau Hall, le lundi 18 octobre 2010

 

Bonjour à vous toutes et tous! Bienvenue à Rideau Hall! Sharon et moi ne faisons que commencer à nous sentir chez nous dans cette résidence, mais nous espérons que vous vous y sentirez chez vous, aujourd’hui! Nous sommes honorés que vous soyez à nos côtés pour prendre part à cette cérémonie.

Comme vous le savez peut-être, mon épouse Sharon et moi avons eu le privilège d’élever cinq enfants — toutes des filles. Elles ne sont peut-être pas les « Cinq femmes célèbres », mais elles nous sont très chères! Je dois vous dire que le fait d’être entouré de femmes a été pour moi non seulement une expérience merveilleuse, mais aussi une éducation extraordinaire. Comme je l’ai dit dans mon discours d’installation, tout ce que j’ai appris d’important, ce sont mes enfants qui me l’ont appris.

Il est donc particulièrement significatif pour moi que ma première cérémonie de remise de prix en tant que gouverneur général s’inscrive dans la tradition féminine du courage, de l’intégrité et du travail acharné.

C’est le 15 octobre 1927 que le ministre de la justice présentait un rapport sur une requête qu’avait adressée les « célèbres cinq », soit Henrietta Muir Edwards, Nellie McClung, Louise McKinney, Emily Murphy et Irene Parlby.

Dans cette pétition, elles demandaient officiellement à la Cour suprême du Canada de répondre à la question suivante : « Est-ce que le mot "personnes" comprend les personnes de sexe féminin? » Nous savons tous quelle a été la réponse de la Cour.

Refusant de baisser les bras, les « célèbres cinq » ont alors décidé d’en appeler au Conseil privé de Londres, en Angleterre, qui était à l’époque la plus haute cour d’appel du Canada.

On connaît la suite de l’histoire.

Aujourd’hui, nous honorons les cinq braves femmes qui ont écrit cette page d’histoire et ce, en rendant hommage à cinq femmes qui écrivent leur propre histoire : Marie Louise Fish, Lucille Harper, Kerline Joseph, Anne Michaud et Barbara Mowat.

Chacune de vous est, à sa façon et au sein de sa communauté, une digne héritière de l’audace des Cinq femmes célèbres de l’affaire « personne ». Comme elles, vous avez refusé d’accepter le statu quo. Vous avez dénoncé les préjugés. Vous avez lutté contre l’injustice. Et vous avez cru en un monde meilleur.

En décernant ces prix, nous célébrons non seulement vos réalisations, mais également votre attitude face à la vie. Une attitude qui nous rappelle à tous que nous avons la capacité de relever de grands défis, de surmonter de grands obstacles. Une attitude qui permet de s’engager pour une cause plus grande que soi. L’attitude d’une personne qui sait que cette merveilleuse collectivité qu’est le Canada ne pourra jamais accomplir son destin si la moitié de sa population est mise à l’écart.

Nul parmi nous ici ne connaît les luttes personnelles que chacun et chacune de vous a dû mener. Les obstacles que vous avez dû surmonter. Nous ne pouvons qu’admirer votre courage et votre ténacité, votre détermination et votre bienveillance.

Après tout, personne ne vous a poussées à agir. Personne ne vous y a forcées. Vous n’avez pas non plus mené vos combats avec l’assurance que vous réussiriez, mais plutôt parce que votre cause était juste. Vous étiez éprises du même sens de la justice qui a jadis animé les « célèbres cinq ».

Malheureusement, 81 ans après avoir obtenu le statut de « personnes » à part entière, les femmes ne sont pas encore considérées comme des partenaires à part entière. En dépit des progrès réalisés, le travail que vous accomplissez démontre bien qu’il reste encore une longue route à parcourir et beaucoup de luttes à engager.

Ces récompenses que nous vous octroyons nous rappellent que le pays meilleur que nous souhaitons façonner est un objectif et non pas un acquis. Il n’y a de plan prévu pour sa réalisation. Pour y parvenir, il nous faut continuer à travailler, à lutter et à faire des sacrifices. Chaque génération doit mener un nouveau combat pour la justice et viser à instaurer une société plus juste.

Plusieurs années après la victoire des « célèbres cinq », l’une d’elles, Nellie McClung écrivait ceci : « Au Canada, nous sommes en train de développer une façon de vivre, et j’en sais quelque chose… puisque j’y ai apporté ma contribution. »

Vous savez tous quelle est la façon de vivre   que nous cherchons à développer dans notre pays, car vous y avez également joué un rôle. Et grâce à vous, nous vivons dans un pays qui est plus équitable, meilleur, et plus juste.

Au nom de Sharon et de nos filles, et de tous les Canadiens et les Canadiennes, je vous remercie.