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ARCHIVÉE: BLOGUE : De l'Afrique du Sud au Maroc

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12 décembre 2006

par Son Excellence Michaëlle Jean

 En quittant Cape Town en Afrique du Sud pour Casablanca au Maroc, de l’extrême sud vers le Maghreb, comment ne pouvions nous pas penser à tous ces univers que nous allions survoler sur ce continent aux mille contrastes, où cohabitent des centaines de cultures issues de civilisations millénaires : l’Afrique dans tous ses états, ses blessures, ses déchirures, mais aussi avec ses lieux d’espoir où la vie reprend, s’organise et triomphe.

Le Maroc aussi connaît une certaine renaissance. Les dispositions et les gestes posés par le jeune roi, Sa Majesté Mohamed VI, réjouissent à bien des égards les Marocaines et les Marocains. Il a rétabli les ponts avec la société civile et il se rend volontiers auprès des communautés pour écouter et se rapprocher de la population. J’ai pris le temps de rencontrer des Marocaines très engagées, socialement et politiquement, militantes pour les droits et libertés, elles ont toutes vécu les années de plomb sous le régime précédent qui réprimait durement toute dissidence. Elles sont féministes et musulmanes mais opposées aux mouvements intégristes. Ces chefs de file, ces pionnières, m’ont fait part des avancées démocratiques au Maroc, en particulier en matière de condition féminine.Elles ont insisté sur la nécessité de laisser savoir que les femmes musulmanes ne sont pas soumises et qu’elles sont partie prenante de la réflexion et de la lutte pour la justice sociale, en faveur de l’égalité et de l’émancipation des femmes dans tous les secteurs de la vie citoyenne. Elles sont courageuses, dynamiques, éloquentes et d’une remarquable lucidité. Elles m’ont expliqué avec enthousiasme comment la réforme exemplaire du code de la famille entreprise par Sa Majesté le roi Mohamed VI a ouvert la voie à des perspectives nouvelles et réjouissantes pour les femmes quant au respect de leurs droits. Toutes saluent cette alliance providentielle face aux intégristes. Ces femmes m’ont aussi dit qu’elles entretiennent depuis longtemps des liens avec des réseaux et des organisations féministes au Canada, notamment au Québec.

 Cette rencontre m’a préparée au dialogue avec S. M. le roi Mohamed VI qui m’a reçue avec chaleur et sincérité. Nous avons discuté de sa vision pour le Maroc, des relations entre nos deux pays, des nouveaux axes de coopération possibles.

 Une heureuse coïncidence a fait qu'un de nos destroyers canadiens, le NCSM Iroquois, faisait escale à Casablanca. J'ai donc pu effectuer ma toute première inspection d'un de nos contingents déployés à l'étranger. En mission depuis 11 mois dans le cadre d'importantes opérations navales de l'OTAN, l'Iroquois a pris le leadership d'importantes activités d'observation, de patrouille et d'intervention, qui l'ont amené, notamment, des mers du nord, au large de la Norvège, jusqu'au Cap-Vert, tout le long de la côte ouest africaine. De la surveillance de la circulation maritime à l'arraisonnement de navires transportant des matières illicites (drogues, armes, matières dangereuses) les hommes et les femmes à bord travaillent d'arrache-pied, des mois durant, et dans des conditions souvent particulièrement périlleuses. De Casablanca, l'équipe (en très grande majorité des forces navales mais aussi des forces terrestres et aériennes de tous les coins du Canada) rentrait au pays, le temps de passer Noël en famille avant de repartir deux semaines plus tard pour une autre longue mission qui les conduira loin de chez eux pendant des mois. À quai au Maroc, ils en ont profité pour apporter un coup de main à une organisation caritative qui vient en aide aux enfants défavorisés. Ils ont trié et distribué des tonnes de vêtements reçus en don. J'ai appris que leur participation à des activités de solidarité avec la société civile lors d'escales dans des pays en développement est une pratique utile, généreuse et fortement appréciée.

Mais au Maroc, comme dans les quatre autres pays visités durant ce périple africain, qu’on parle d’investissements, d’échanges commerciaux ou de prospérité économique, le profil humain est toujours là. On place au premier plan l’importance d’entreprendre des actions durables, respectueuses des lieux comme des populations, et arrimées à des initiatives locales. Les projets touchant à la culture comme espace de rapprochement, mais aussi comme espace de développement des communautés, de leur savoir faire et de leur patrimoine sont toujours à l’agenda. Tout s’est toujours passé dans un franc-parler et un esprit de réciprocité très engageant, même sur des questions sensibles.